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Éolien offshore : les industriels s'organisent suite à l'annonce de l'appel d'offre

En 2020, le Grenelle vise une puissance totale installée de 6.000 MW d’énergie éolienne offshore et marine, soit environ 1 200 éoliennes pour 3,5 % de la consommation française d’électricité. Les industriels sont désormais sur les starting-blocks.

Energie  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

L'éolien offshore va-t-il enfin prendre le large ? Pierre-Franck Chevet, directeur de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), n'en doute pas : ''La France a une force de frappe industrielle suffisante pour l'éolien offshore'''. En témoignent les industriels français, venus en délégation lors d'une rencontre d'Enerpress, le 8 février à Paris, exposer leurs savoir faire en matière d'éolien offshore, dont l'émergence est en cours à l'issue du lancement d'une série d'appels d'offre.

Six turbines M5000 de 5MW chacune ont déjà été installées par Areva dans le parc éolien offshore Alpha Ventus, construit en Mer du Nord. Elles sont actuellement en phase de test. Ce projet pilote permettra d'obtenir un retour d'expérience en vue de développer d'autres parcs éoliens offshore. Le groupe a pour stratégie de ''se positionner sur des marchés en forte croissance'' expose Sebastien Hita Perona, représentant d'Areva Wind, qui annonce ''l'installation d'actifs industriels sur le marché français et l'extension de la gamme de produits''.

La société Technip, société d'ingénierie dont le chiffre d'affaires est de six milliards d'euros, intervient d'ordinaire sur les plate-forme pétrolières offshore. Experte des travaux maritimes, elle n'a pas vocation à fabriquer des éoliennes mais à installer tout ce qui va avec : des fondations, une sous-station, des câblages… ''Des savoir-faire très intenses en capitaux qui requièrent l'expérience de ce type de mégaprojets complexes'', souligne Stéphane His, vice-président chargé des énergies renouvelables chez Technip.

Maître mot : la visibilité à long terme, nécessaire à la consolidation d'une filière industrielle qui exige de gros investissements. Pour Philippe Cochet, vice-président d'Alstom Wind et Hydro, quatre facteurs sont requis pour lancer la filière, que la France a une ''réelle capacité'' à développer.

La première est d'ordre technologique  : franchir le saut pour fabriquer des machines offshore de type Siemens et Vestas, machines direct drive, sans multiplicateur, avec de grands diamètres de pales, d'une puissance nominale de 6 MW. Plus grandes seront les éoliennes, plus elles seront espacées et ménageront une plus grande navigabilité pour le trafic maritime, la pêche en particulier. Depuis qu'elle a racheté la firme éolienne espagnole Ecotecnia en 2007, Alstom lance des prototypes allant jusqu'à 6 mégawatts (MW), prévus pour fin 2011.

La deuxième est d'ordre financier : ''l'éolien offshore est une histoire de grosse société''. Une forte intensité capitalistique est requise. Alstom, ''seule société à portefeuille complet dans l'énergie'' et leader mondial dans l'hydroélectricité, selon Philippe Cochet, couvre la gamme complète des énergies, du nucléaire aux renouvelables et peut s'appuyer sur un réseau commercial international.

La troisième condition relève des savoir-faire : être capable de fournir non seulement des turbines, mais aussi une sous-station, avec sortie de câble… bref, être un ensemblier. Et pouvoir compter sur des infrastructures portuaires à la hauteur.

Enfin, évoluer dans un contexte de visibilité et de ''constance'' dans la vision et l'horizon. Sous-entendu : les règles ne doivent pas changer en cours de route, les objectifs à atteindre non plus. Jean-Philippe Pagot corrobore ce point de vue. Pour le directeur éolien offshore de Poweo qui concourt aux appels d'offre Baie de Seine et Baie de Saint-Brieuc, ''l'accompagnement logistique compte, en particulier en ce qui concerne la lisibilité des infrastructures portuaires''.

25 € par ménage et par an

Pierre-Franck Chevet rappelle le contexte financier de ce développement volontariste de la filière éolienne offshore : ''il s'agit de décisions d'investissements que les Français se payent et elles ne sont pas anecdotiques : à travers la contribution au service public de l'électricité (CSPE), ce sont deux milliards d'euros par an qui vont être dégagés, soit 25 € par ménage et par an''.

Quelles seront les retombées de ces investissements pour la société ? Selon Sebastien Hita Perona d'Areva Wind, ils seront créateurs d'emplois. En Allemagne, Areva Wind (ex Multibrid 1) est passé de 300 à 400 employés en un an. Mais il ne suffit pas d'investir, il faut aussi accompagner politiquement, par des appels d'offre lisibles et cohérents, et par la maîtrise de l'énergie pour atténuer les coûts et les rendre plus acceptables.

En Europe, les systèmes de soutien aux filières renouvelables et à la maîtrise de l'énergie sont divers. L'Angleterre a lancé les certificats verts, qui attribuent des quotas de production aux firmes de l'énergie. En France, ce sont les tarifs de rachat, dont le succès rapide s'est récemment retourné contre la filière photovoltaïque. Reste aussi à améliorer les systèmes par appel d'offres, afin de poser des conditionnalités sur les retours d'investissement en termes d'emplois créés, de tissu économique, et d'émissions de CO2.

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