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Eolien offshore : la définition des zones propices s'achève

Après plusieurs mois de concertation, les ''zones propices'' à l'éolien offshore sont sur le point d'être officiellement proposées au ministère. Certaines voix s'élèvent déjà du côté des professionnels, inquiets pour les projets en cours.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Eolien offshore : la définition des zones propices s'achève
   
1.000, c'est à peu de chose près le nombre d'éoliennes offshore que la France va devoir installer en 10 ans pour respecter ces engagements ''grenelliens''. Dans la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement dite loi Grenelle 1, le pays s'est en effet engagé à installé 6.000 MW d'éolien en mer d'ici à 2020 pour diversifier sa production énergétique et en réduire l'intensité carbone.

Dans cette perspective, le gouvernement a modifié la réglementation et les procédures applicables à l'éolien en mer : exclusion du dispositif des Zones de Développement de l'Eolien (ZDE) et suppression des procédures liée à l'urbanisme (permis de construire).
Mais une nouvelle procédure de décision a été mise en place. Au printemps 2009, l'Etat a ainsi demandé aux préfets des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur de mettre en place pour chaque façade maritime française une instance de concertation et de planification rassemblant l'ensemble des parties prenantes et des usagers de la mer.
Objectif ? Définir des zones propices ou non à l'installation de parcs éoliens offshore. Il s'agit de ''zones rouges à forts enjeux'' où l'éolien serait à priori totalement exclu, des ''zones oranges à enjeux modérés'' où l'éolien pourrait être toléré et des ''zones vertes à enjeux faibles'' qui ne poseraient aucune contrainte majeure à l'implantation d'éoliennes offshore. Pour définir ces zones, les critères principaux restent la profondeur et la vitesse du vent. Mais d'autres critères comme la présence ou non de zones naturelles protégées, de ressources de pêche, de voies maritimes commerciales ou encore d'activité d'extraction marines ont permis d'affiner les cartes.

Après plusieurs mois de concertation, l'ensemble des zones est sur le point d'être transmis au ministère de l'écologie. Les dernières devraient être définitivement validées d'ici quelques jours. Sur la façade méditerranéenne par exemple, les travaux ont conclu que les zones d'implantations les plus importantes et les plus propices sont situées au large des côtes languedociennes. 300 MW pourraient y être installés. En Bretagne, une zone de 190 km² va être proposée au large de Saint-Brieuc tandis que le secteur situé au large de la pointe du Grouin (Saint-Malo) n'a pas été retenu. En Aquitaine, les réflexions ont abouti à une zone de 100 km2 au large d'Hourtin.

La région Poitou-Charentes exempte de zones propices

Aucune zone n'a en revanche été retenue au large de la région Poitou-Charentes, ce qui inquiète les professionnels de l'éolien. La branche éolienne du Syndicat des Energies Renouvelables (France Energie Eolienne) remarque que les critères de classification des zones diffèrent entre chaque façade maritime. Jean-Mathieu Kolb, directeur de l'offshore à la Compagnie du Vent confirme que les méthodologies employées n'ont pas été les mêmes d'une façade à une autre. Selon Sylvain Benoist, assistant chef de projet éolien offshore chez Enertag, la présence de zones Natura 2000 oiseaux (Zone de Protection Spéciale pour les oiseaux) a été défini comme critère d'exclusion pour la façade Poitou-Charentes alors que sur d'autres façades maritimes ce n'est pas le cas. ''Ce critère revient à exclure d'office 800.000 ha, alors que la région a affirmé cet été vouloir porter à 30% la part des renouvelables dans son bouquet énergétique d'ici 2020'', explique-t-il. ''Ne fermons pas les portes à des projets'', insiste-t-il.

Mais pour la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), ce critère est justifié au regard des incertitudes concernant les impacts environnementaux des parcs éoliens en mer : ''en matière d'impacts négatifs, le doute doit toujours profiter aux oiseaux selon la jurisprudence européenne. Tant que nous n'avons pas de preuve que les éoliennes sont sans danger pour les oiseaux, le principe de précaution doit bel et bien s'appliquer'', estime la DREAL selon le compte-rendu de la dernière réunion.
Pour Xavier Desurmont, chargé de mission littoral à la préfecture d'Aquitaine, il ne s'agit pas d'interdire l'éolien offshore au large de la région : ''les promoteurs pourront s'ils le souhaitent proposer un projet de parc éolien en dehors des zones propices. Il faudra cependant bien argumenter et prendre en compte les enjeux majeurs [identifiés dans cette cartographie]''.

Toutefois, ces cartes constitueront la base de l'appel d'offres de 3.000 MW que l'Etat compte lancer d'ici début octobre. Comme le précise le ministère, ''les promoteurs de parcs éoliens seront invités à privilégier ces zones pour lancer leurs projets''. Et ils ont tout intérêt à passer par cette voie : en effet, selon les professionnels, le tarif d'achat de l'électricité éolienne fixé à 13 centimes d'euros par kWh n'est pas rentable actuellement en France. Or dans le cadre de l'appel d'offres, les promoteurs présenteront chacun leur projet assorti d'un tarif d'achat qu'ils auront eux-même fixé. Même si le choix final des projets reviendra à l'État pour qui l'aspect financier sera sans doute important, les promoteurs espèrent bien bénéficier de meilleurs tarifs.

L'incertitude pour les projets en cours

L'incertitude demeure toutefois pour les projets en cours et déjà bien avancés à l'instar du parc prévu au large de Veulettes-sur-mer en Seine-Maritime, seul parc sélectionné par l'appel d'offres de l'Etat lancé en 2004 ou celui des Deux-Côtes dont le débat public vient de se clore. Si la Compagnie du Vent, promoteur du parc des Deux-Côtes, se dit confiant, Enertag, initiateur du projet au large de la côte d'Albâtre, constate que pour l'instant son projet est situé en dehors de la zone propice définit pour la façade manche, une preuve de plus selon lui de l'incohérence des réflexions en cours. ''L'Etat ne s'appuie même pas sur ce qui est déjà fait'', regrette-t-il. En attendant le résultat du recours déposé par un particulier à l'encontre de son projet, la société réfléchit déjà au devenir de son parc : ''notre parc pourrait servir de projet pilote et de test administratif'', plaide Sylvain Benoist.

Certains élus commencent également à réagir. En apprenant que le projet de parc éolien en cours de réflexion au large de Fecamp pourrait ne pas se situer dans les zones propices identifiées par l'Etat, Estelle Grelier, Présidente de la Communauté de communes de Fécamp et Députée européenne, et Patrick Jeanne, Maire de Fécamp et Vice-Président du Département de Seine-Maritime, viennent d'adresser un courrier au ministère pour faire part de leur ''étonnement'' et de leur ''inquiétude''. ''Cette information, si elle était confirmée, constituerait un véritable coup de poignard pour notre territoire'', écrivent les élus fécampois en soulignant que ''le projet éolien offshore des Hautes-Falaises a, depuis 3 ans, fait l'objet d'un important travail de préparation et de concertation, notamment avec la communauté des pêcheurs. Celle-ci a été étroitement associée au choix de son emplacement et lui a apporté son soutien appuyé''. ''Il s'agit d'un projet d'intérêt général qui devrait donner lieu à la création d'un nombre important de nouveaux emplois'', argumentent-ils.

Réactions6 réactions à cet article

 
Curieuse manière de travailler chez Enertrag

Je trouve vraiment curieux qu'Enertrag n'exclut pas systématiquement ses projets de des zones Natura 2000. L’espace français est amputé de servitudes, mais il reste tout de même de vastes zones libres de contraintes. Je ne comprends donc vraiment pas pourquoi vouloir s'installer en zone Natura 2000.
De la part d'Enertrag, c'est aussi un coup de poignard aux bureaux d'études sérieux qui respectent une certaine éthique.

ric | 16 septembre 2010 à 10h05
 
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arrêtons de gaspiller l'argent des Français

Il faut arrêter tout ces programmes éoliens . c'est une immense erreur écologique ,économique et politique pour la France . Il y a beaucoup mieux a faire en matière de production renouvelable et économie d'énergie . arrêtons de gaspiller l'argent des Français . Au Danemark on peut éventuellement comprendre car ils sont presque en totalité au thermique ...ça leur fait un peu d'air mais pour la France c'est inutile et même nuisible . ça ne réduira pas le nucléaire et nous aurons, du fait des éoliennes, plus de thermique .....! Il y a anguille sous roche dans cette histoire c'est pas possible autrement .

julien | 16 septembre 2010 à 18h05
 
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eole espace à acclimater et à adapter.

la firm Enertrag envahit les zones protégées ??.l'espace sur la terre ferme en zone disponible existe, le territoire français est vaste;le terroir dispose lui aussi d'emplacements particuliers pour maîtriser les "énergies terrestres propres" à certains site au sol: à étudier en priorité ainsi que la recherche des vents (eolien) sur les courants thermiques(pélarmis) par ex/ ce ne sont pas les idées d'initiatives intelligentes qui font défauts (matière grise)à secouer et bien des idées simples en découleront:faîtes des bulles de savon et méditer dessus........ toutes les nouvelles technologies sont à l'intérieur!!!.Le même principe que la terre qui tourne ,simple comme une bulle de savon, tout est concentrer dedans. Les enfants en maternelles vous le diraient,écoutons les enfants de demain.

lisa | 17 septembre 2010 à 05h40
 
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Re:Curieuse manière de travailler chez Enertrag

Tout à fait d'accord. Enertrag s'est montré aussi très arrogant vis à vis les acteurs locaux. Déclarer que l'installation du parc à 6km du rivage pour favoriser le tourisme (!) est un bon exemple, les vraies raisons sont connues: ça coûte bien plus cher d'installer les éoliennes plus loin en mer. Enertrag se fiche de l'écologie et du paysage, Veulettes est purement un projet lucratif. Des vraies zones libres, industialo-portuaires comme ceux choisies à l'étranger, la France en compte beaucoup. Enertrag a réussi à faire comprendre aux médias que la France a du retard en matière d'éoliennes off-shore, mais le point des lieux d'installation sélectionnées n'est jamais évoqué. Le lieu de Veulettes borde une zone classée ZNIEFF II, monument naturel où des oiseaux migrateurs se posent. C'est quand même très arrogant d'ignorer ce point quand on conçoit un projet.

pj | 19 septembre 2010 à 14h59
 
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Projet éolien en mer des 2 côtes

Le débat public n'a fait qu'amplifier l'hostilité de la population au très mauvais projet de 141 éoliennese em mer, et particulièrement sur la côte picarde.Projet nuisible et destructeur de patsages marins, de ressources et d'économie locale (pêche et tourisme)pour une contrepartie quasi nulle pour le Tréport.
C'est un projet technologiquement dépassé, de fabrication danoise donc sans avenir mais juteux financièrement pour la Cie du Vent Suez, aux dépens de l'abonné EDF.Sa production de 2 Twh/an sera inutile sur la Côte d'Albâtre qui en produit plus de 50 Twh/an!
Comment la Cie du Vent peut-elle être confiante dans un projet qui est combattu de Dieppe à Fort Mahon, en passant par la baie de Somme, Mers les Bains, le Tréport, etc............ ?

SOS à l'horizon | 30 septembre 2010 à 19h31
 
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l'éolien industriel a le plus mauvais rendement surface et espace utilisé / KWH produit . son caractère, relativement faible , irrégulier , difficilement prévisible et trés coûteuse , en fait aussi une technologie trés imparfaite et contestée pour réduire nos emission de CO2 ! ..cette technologie est en tous les cas inadaptée a la France . .... Il est vrai aussi que les promoteurs sont des champions pour minimiser l'impacte et pour diffuser des simulations fausses ..." elle seront comme des allumettes a l'horizon " ...ç' est bon pour le tourisme ..La valeur immobilière ..les crabes ..les poissons ...quand aux cétacés il n'y en pas ....et les oiseaux migrateurs éviteront ....! Ils savent être trés généreux aussi !!! quand aux pêcheurs ils vont toucher 30 % des taxes ...mais ça veut dire quoi ça !!!! ils n'en veulent pas !
mon point de vue c'est qu'a 10 km avec des machines de 170 m de haut soit environ 50 étages ça va être trés imposant sur le tableau . ...aprés on aime ou on aime pas .....moi j'éviterais ...je ne vais pas en bord de mer pour avoir un paysage de pylônes mouvants et clignotants .
bref ...c'est un véritable massacre de l'environnement et de toutes les activités économiques qui dépendent du paysage sur mer !!! de gros dégâts sur l'emploi !!! ..
Le minimum serait de miser sur l'hydrolien et l'éolien flottant pour mettre tout ça trés au large ...entre 20 ou a 30 milles .
nos politiques suivent les méduses ...mais le courant tourne !

hvidsten | 17 septembre 2011 à 18h51
 
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