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Actu-Environnement

La Compagnie du Vent revoit son projet éolien offshore en Manche

La première version ayant été rejetée par le préfet de la Seine-Maritime en raison de la présence de munitions dans cette zone, la Compagnie du Vent a présenté une nouvelle version de son projet de parc éolien en mer des Deux Côtes.

Energie  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Réel danger ou fausse raison, la présence de mines datant des guerres mondiales a été l'explication fournie par la préfecture de Seine-Maritime pour ne pas instruire le dossier du projet éolien offshore prévu au large entre Le Tréport et Saint-Valery-sur-Somme. Déposé par la Compagnie du Vent ce dossier prévoyait l'installation de 156 éoliennes pour une puissance totale de 702 MW. Mais depuis son annonce, il rencontre une vive opposition de la part des marins pêcheurs de la région et des associations d'opposants à l'éolien industriel.

Aujourd'hui la Compagnie du Vent a revu sa copie en présentant fin avril une nouvelle version de son dossier auprès des préfectures de la Somme et de la Seine-Maritime de son projet de parc éolien en mer des Deux Côtes. Le nouveau projet s'éloigne en partie de la zone minée, occupe une superficie moindre, accueille moins d'éoliennes et reste un atout pour l'amélioration des conditions de pêche et le développement économique local, indique dans un communiqué la Compagnie du Vent.
En effet, le nouveau projet des Deux Côtes, qui représente un investissement de 1,4 milliards d'euros, est composé de 141 éoliennes (au lieu de 156) de 5 mégawatts chacune, portant la puissance totale du parc à 705 mégawatts. Il produira environ 2,16 térawattheures chaque année. Même si le parc est toujours distant de plus de 14 kilomètres de la côte, la Compagnie du Vent l'a légèrement déplacé pour avoir une moindre emprise sur la zone minée, cause officielle du refus de la préfecture d'instruire la première demande d'occupation du domaine public maritime en décembre 2006. De plus, le nombre de machines ayant été revu à la baisse, la superficie occupée a également diminué pour arriver à environ 70 kilomètres carrés. En outre, la Compagnie du Vent propose d'installer des récifs artificiels entre les éoliennes afin de favoriser le développement de la ressource halieutique.
De plus, la Compagnie du Vent, par l'intermédiaire de la société Biocar qui lui est adossée, s'apprêtant à construire une usine de biodiesel, elle se dit prête à discuter un accès privilégié au biocarburant pour les pêcheurs afin de réduire leur facture énergétique et leurs émissions de gaz à effet de serre.

Selon la Compagnie du Vent, l'installation du parc des Deux Côtes créera plus de 2 000 emplois pendant trois ans pour la construction, puis environ 250 emplois directs et indirects pour l'exploitation et la maintenance des éoliennes.

Parmi toutes les énergies renouvelables, l'éolien connaît la plus forte croissance. De 4.800 MW en 1995, la production mondiale a été multipliée par 12 en 10 ans pour atteindre 59.000 MW en 2005. Plus de 50 pays dans le monde développent leur capacité installée avec en tête l'Allemagne (19.000 MW), l'Espagne (11.000 MW), les Etats-Unis (9.149 MW), l'Inde (4.430 MW) et le Danemark (3.122 MW). Alors que le gisement éolien français est estimé à 50.000 MW, dont 30.000 MW en offshore, le parc éolien français devrait atteindre près de 2.000 MW au premier trimestre 2007. Si cela reste très peu comparé aux voisins allemands et espagnols, après un démarrage particulièrement lent et difficile, la filière semble enfin décoller.

Pour rappel, lors du sommet européen des 8 et 9 mars derniers, les pays de l'Union ont fixé un objectif contraignant pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre : d'ici 2020, 20 % de l'énergie consommée dans l'Europe des 27 devra être d'origine renouvelable. A ce jour, sa part n'est que de 7 %.

Réactions5 réactions à cet article

 
Revoir le

Toute innovation doit passer par le pédagogique et le social : il suffit pour s'en convaincre de consulter l'histoire personnelle de tous les grands découvreurs ! Tous ont été plus ou moins douloureusement touchés par cette dure réalité.
Notre civilisation est confrontée actuellement à l'un de ses importants défis par le réchauffement climatique, les risques et dommages nucléaires , la raréfaction des ressources fossiles, en corollaire des déséquilibres nord-sud et nantis-défavorisés notamment.
Mais un tel défi, si grave soit-il, ne justifie pas n'importe quoi ! Une population apparemment mal informée ne peut que suspecter la présence de prédateurs financiers et/ou de mégalomanes techniciens incompétents ... prêts à placer des engins qui ne sont pas de dernière génération ...
En découvrant les symboles de mécontentement populaire dans cette belle région de LE TREPORT que nous venons de parcourir pour la première fois, je me demande comment les riverains sont-ils motivés : quel profit tireront-ils de leur propre participation (?) au financement, disposeront-ils d'énergie électrique à meilleur prix, trouveront-ils des emplois d'avenir , y a-t-il des avantages pour les autres activités productives locales, notamment le tourisme et la pêche ? Quelle est la stratégie à terme en la matière ? Ont-ils visité des installations similaires ? Sur le plan de la diffusion des informations (et partage des compétences techniques), quel pourcentage de la population est par exemple capable d'expliquer la différence entre des éoliennes de type synchrone et asynchrone ?
Nous ne disposons que de l'expérience de l'éolienne des Couvinois mais nous pensons qu'il pourrait être judicieux de nous associer pour développer les éoliennes des "LE TREPORTOIS" ?
A+

Jacques MAMBOUR
Prix "Namurois de l'année 2006" pour notre
projet éolien communautaire "GREENELEC 1" à COUVIN
projets éoliens "Coopération euro-maghrébine" ONG au MAROC

greenelec | 07 juin 2007 à 13h16
 
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éoliennes combinées avec hydroliennes

Ne peut-on pas profiter de la présence des poteaux d'éoliennes pour y fixer des hydroliennes et ainsi doubler les possibilités de production d'énergie sans doubler pr autant les frais de génie civil?

THIERRY ingénieur ICAM | 11 juin 2007 à 10h45
 
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la poétique Bulle Eolienne

Amicalement: A quand la fin de la "bulle éolienne", poétique au demeurant mais coûteuse (on ira jusqu'à +7% des factures EdF) mais qui éclate déjà au Danemark avec une magnifique contribution de 18% de leur énergie renouvelable (donc seulement 4% de l'énergie du pays) et achète du courant aux voisins les 3/4 du temps? D'autant plus que c'est du courant au charbon, donc merci pour les solutions qui Augmentent la production de CO2 fossile (chez le voisin, c'est plus adroit).
Et qui fournira le courant les 3/4 de l'année quand tous les pays auront saturé leur réseau électrique avec 20% de la puissance installée revenant à l'éolien? Faites attention à votre ROA dans 10 ans, vendez vos actions éoliennes avant !

Herve | 06 juillet 2007 à 20h46
 
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Re:la poétique Bulle Eolienne

Cordialement:
Je ne comprends pas cette condamnation de l'éolien, avant même d'avoir réalisé une analyse poussée de son potentiel!

Est-ce la manie Française de critiquer pour le plaisir, ou un amour immodéré de son confort actuel?

Quel est le choix intelligent?
- amener TOUS LES JOURS un train de fuel dans une centrale classique de Bretagne, juste pour remonter la tension du réseau à 230VAC (c'est le cas aujourd'hui)
- ou développer le parc éolien de cette région et éviter de bruler du pétole?

surpap | 24 novembre 2007 à 14h11
 
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Re:éoliennes combinées avec hydroliennes

Il est compliqué de combiner éolien et hydolien, car en premier lieu les éoliennes sont plutot mises dans des endroits où les courants sont faibles, alors qu'il faut au minimum des courants de 2m/s pour que l'hydrolien soit viable.
cela pose aussi de gros problemes de structure car les contraintes ne seraient plus les memes.
enfin la ou les technologies hydroliennes (parce qu'il y en a plusieurs) ne sont pas encore matures et il faudra attendre 5 à 10 ans pour voir les premiers parc industriel se developper.

mok | 12 décembre 2007 à 15h07
 
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