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Le parcours du combattant des éoliennes en Ile-de-France

L'implantation des éoliennes se heurte en France à un problème d'acceptabilité sociale. Le phénomène est exacerbé en Ile-de-France, où huit nouvelles éoliennes devraient toutefois entrer en service cet automne.

Energie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

L'Ile-de-France n'accueille pour l'instant que quatre éoliennes sur l'ensemble de son territoire : celle implantée sur le centre commercial de Carré Sénart (Seine-et-Marne), d'une puissance de 132 kilowatts (kW), et trois éoliennes d'une puissance totale de 7 mégawatts (MW) appartenant au parc de Pussay (Essonne), qui en compte seize mais qui se trouve à cheval sur les régions Centre et Ile-de-France.

Ces statistiques devraient évoluer dès cet automne avec la mise en service du parc de Mondreville-Gironville (Seine-et-Marne) qui comptera douze éoliennes. Etant lui-aussi à cheval sur l'Ile-de-France et la région Centre, le parc francilien va s'accroître de huit éoliennes, d'une puissance totale de 16 MW.

D'autres projets sont en cours, comme celui d'Arville (Seine-et-Marne), composé de six éoliennes d'une puissance de 12 MW, qui a été autorisé par arrêté préfectoral en janvier 2013. Les premiers travaux de construction du parc devraient démarrer cet automne, indique la direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Ile-de-France (Driee). Le parc d'Allainville-aux-Bois (Yvelines), quant à lui, a été autorisé en novembre 2014. Constitué de cinq éoliennes, il représentera une puissance totale installée de 16,5 MW. Mais, frappé d'un recours contentieux, sa date de mise en service reste pour l'instant inconnue.

"Acceptabilité sociale perfectible"

Malgré ses projets, la région Ile-de-France est très en retrait en matière de production d'énergie éolienne par rapport à ses voisines, notamment la région Centre, la Picardie ou Champagne-Ardennes. Et les parcs qui voient le jour sont implantés aux confins de son territoire à l'extrémité sud de la Seine-et-Marne, de l'Essonne et des Yvelines. Comment l'expliquer ?

Il s'agit tout d'abord d'une région très densément peuplée, ce qui multiplie les contraintes d'implantation liées à la distance minimale de 500 mètres autour des zones bâties, aux zones de défense ou encore aux servitudes de protection des monuments historiques.

Mais surtout, comme le souligne avec un euphémisme Alexis Raffa du service Nature, paysages et ressources de la Driee, "l'acceptabilité sociale de ces projets est perfectible". Les projets mettent sept ans à sortir de terre, précise-t-il, tous les dossiers franciliens, sauf un, faisant l'objet de contentieux et d'appels. Le schéma régional éolien (SRE), qui définit les parties du territoire régional favorables au développement de l'énergie éolienne, a lui-même été annulé en novembre dernier par le tribunal administratif de Paris à la demande de huit associations. L'Etat a fait appel de cette décision.

Alain Vallet, qui dirige la Driee, souligne à ce sujet le paradoxe du public qui se positionne majoritairement pour une décarbonation de l'énergie mais qui refuse dans le même temps les projets d'installations de production d'énergie renouvelable (Enr) dans son voisinage.

Plusieurs mesures favorables

Les représentants de l'Etat notent toutefois avec satisfaction la disposition du projet de loi de transition énergétique qui prévoit l'extension de l'expérimentation d'une autorisation unique pour les éoliennes à l'ensemble du territoire, donc à l'Ile-de-France, pour 2015. Cette simplification permettra de regrouper dans un permis unique l'autorisation au titre des installations classées (ICPE), le permis de construire et les autorisations au titre du code de l'énergie ainsi que, le cas échéant, l'autorisation de défrichement et la dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées.

"Cette procédure d'autorisation unique va simplifier la tâche des préfets et des exploitants", estime Alexis Raffa, même si sa mise en œuvre n'apparaît pas évidente pour les services de l'Etat qui devront nécessairement s'adapter. "En tout état de cause, l'objectif en matière de durée d'instruction est de un an avec cette nouvelle procédure", précise Alain Vallet. Ce dernier insiste toutefois sur la nécessité pour les exploitants de présenter un dossier complet sur tous les volets couverts par l'autorisation unique avant que l'instruction puisse réellement commencer.

Ajoutée à l'allongement du délai de caducité des autorisations à dix ans, au nouvel arrêté tarifaire de juin 2014, et sans doute à la réduction du délai de recours des tiers, la procédure d'autorisation unique "est de nature à redynamiser la filière éolienne terrestre qui, depuis 2011, tourne à la moitié de ses objectifs annuels au niveau national et accuse un très fort retard de développement en région Ile-de-France", juge la Driee.

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