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EPR de Flamanville : le chantier retardé pour non conformité ?

L'ASN demande à EDF de remédier à la non-conformité d'équipements de manutention sur le chantier de l'EPR de Flamanville avant toute utilisation de ces derniers. Le chantier pourrait encore prendre du retard.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
EPR de Flamanville : le chantier retardé pour non conformité ?

Les équipements de levage et de manutention de gros composants de la centrale EPR de Flamanville (Manche) seraient non conformes, selon un communiqué de l'Autorité de sûreté nucléaire, du 17 décembre. Celle-ci a donc demandé à EDF de mettre en règle ces équipements avant toute utilisation. L'absence de chutes de charges lourdes n'est en effet pas garantie.

L'équipement incriminé est constitué d'un pont polaire (fabriqué par la société Apco) installé définitivement en partie haute du bâtiment réacteur, et de deux chariots provisoires, ajoutés sur les poutres du pont Apco, dénommés TLD A et B (fabriqués par la société Mammoet). Ces derniers seront utilisés pour les opérations de manutention des gros composants puis seront démontés avant la mise en service du réacteur.

Dans sa lettre à EDF, du 13 décembre, l'ASN souligne notamment "l'absence avéré de dispositif d'arrêt d'urgence permettant si nécessaire d'arrêter simultanément le pont polaire et les TLD A et B". Autre défaut constaté : l'absence de limiteur global de la charge soulevée, en cas d'utilisation simultanée des deux des chariots présents – la somme des charges utiles des chariots utilisables simultanément pouvant être supérieure à la charge que peuvent supporter les poutres du pont.

Le rapport provisoire de la vérification (daté du 25 novembre) réalisée par la société Socotec pointe également 43 non conformités dont plusieurs concernent les organes de commande de la machine, selon l'AFP.

Ce nouveau contretemps technique, pourrait encore creuser le retard pris par le chantier : initialement prévue en 2012, l'ouverture de la centrale a déjà été repoussée à 2016. Et ce décalage grandissant pourrait devenir problématique pour l'équilibre électrique de la France.

Dans son bilan prévisionnel, RTE prévoyait en effet que "la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2016 devrait être compensée par le couplage au réseau de l'EPR de Flamanville (Manche) à la fin de cette même année".

La facture, estimée au départ à 3,3 milliards d'euros puis revue à la hausse à 8 milliards d'euros, pourrait également encore s'envoler.

Ce problème pourrait être rencontré dans d'autres centrales : "des matériels de manutention similaires sont utilisés dans les centrales nucléaires en fonctionnement, pour des opérations de maintenance exceptionnelles comme les remplacements de générateurs de vapeur", rappelle l'ASN. Elle a donc demandé à EDF un contrôle général de ces appareils et de remédier aux non conformités avant toute manutention de gros équipements.

Réactions9 réactions à cet article

 

Si effectivement, comme je le pense aussi, la fermeture de Fessenheim est étroitement liée au démarrage (chaotique) de l'EPR de Flamanville, on a vraimement du souci à se faire (sur tous les fronts) quant à la fermeture de la centrale alsacienne...C'est pas gagné ...

Et pendant ce temps-là dans le Bugey, on se bat pour exiger la fermeture programmée de la centrale à 30 km de Lyon, centrale qui dysfonctionne à tour de bras (avec plus de 15 incidents , conséquents pour certains, depuis le début de cette année) et l'arrêt des travaux de l'ICEDA (installation destinée à recevoir les déchets nucléaires issus du démantélement des vieux réacteurs français...).

Et cette installation, dont le chantier est suspendu pour le moment, bloque le démantélement de Brennelis et consort.
Tout est évidemment lié .

EdF veut aller vite, très vite, et de plus en plus, fait sciemment n'importe quoi, au détriment de la sécurité élémentaire...mettant en danger sans vergogne les populations ...et les travailleurs du nucléaire.

jp | 19 décembre 2013 à 07h34
 
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Le déroulement du chantier de l'EPR est absolument consternant. Aussi bien du point de vue technique que social (se rappeler des problèmes signalés par l'inspection du travail pour les travailleurs étrangers "déplacés"). Non seulement le travail est mal fait et il faut régulièrement le recommencer mais finalement l'électricité produite nous coutera beaucoup plus cher. On peut se rassurer en remarquant que l'ASN veille et intervient à chaque fois. Pendant ce temps là en Finlande un chantier jumeau rencontre des difficultés similaires et accumule les retards et surcouts.
Tout cela n'empêche pas que nous ayons réussi a vendre à l'étranger en Chine et Angleterre cet équipement. En Chine les chantiers avancent bien, sachant ce qui se passe en France est-ce rassurant?
@jp Beaucoup veulent fermer des centrales, ne pas (plus) avoir de stockage de déchet prés de chez eux mais sans jamais se poser la question "que faire aprés si on accepte vraiment cette demande?"
Parce qu'il faudra bien ENFIN se décider sur le sort definitif des déchets et celui des centrales. Une chose est certaine il y aura des choix qui ne pourront pas satisfaire tout le monde, ne serait-ce que parce qu'il faudra bien mettre "quelque part" les déchets. Imaginer que l'on puisse démanteler une centrale et qu'il n'en reste plus rien n'est pas crédible: personne ne veut des déchets nucléaires donc on laisse les chose en place, c'est la seule solution aujourd'hui.....

ami9327 | 19 décembre 2013 à 11h05
 
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Ce qui peut être interpellant c'est le fait que ce système de levage est présent dans beaucoup d'installation sans qu'il y ait eu de problème. Peut-on donc réellement parlé de non conformité ?

Après ces incidents et retards confirment une seule chose ... : EDF ne sait plus construire des centrales. Il y a eu une perte importante de savoir faire. Il faut tout réapprendre, c'est pourquoi le chantier est si chaotique. C'est pourquoi cette première construction devait se dérouler en France, car le soutien politique est quasi inébranlable (ou le lobby très très efficient si vous préférez).

Je suis content d'une chose, que l'ouverture d'une centrale soit couplé à la fermeture d'une autre. Il n'y a pas d'augmentation du nombre de réacteur, c'est déjà un (petit) point positif.

Et cela permet d'expliquer encore une fois que non, l'énergie nucléaire n'est pas plus économique que d'autres.

Terra | 19 décembre 2013 à 11h41
 
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Qui a dit que les ENR n'étaient pas rentables ?

lio | 19 décembre 2013 à 11h44
 
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D'accord avec toutes ces dernières interventions si ce n'est sur la nécessité de stocker (ou entreposer pour le cas d'ICEDA à Bugey) les déchets issus du démantélement des vieux réacteurs (je ne parle pas ici de Bure, pour lequel ICEDA n'est en fait que la première étape).

Pour répondre à ami9327, nous pensons à SDN Bugey, au contraire qu'il est urgent de ne rien faire !
et donc, de ne pas démanteler les vieilles centrales ...

Le fait qu'ICEDA soit chez nous n'est effectivement pas un argument suffisant en soi !

Mais sur le fond, en démantelant les réacteurs, on expose les travailleurs et les populations environnantes, on va créer énormément d'occasions de pollutions radioactives lors notamment des transports routiers (on annonce plus de 10 convois mensuels à travers la France à la mise en service d'ICEDA et ce pendant des années, convois qui vont s'ajouter à tous ceux existant), lors du conditonnement sur place , du découpage etc...

Pour faire très court, la solution, me semble-t-il, n'est évidemment en fait que dans l'arrêt à court terme de la construction de nouveaux réacteurs et la surveillance active des sites en arrêt (quoiqu'en pensent les nucléocrates d'EDF qui nous affirment qu'il y a urgence à démonter pendant que l'on possède encore la mémoire vivante de ces installations ...on frémit donc à la seule 'ideé de penser qu'un jour on ne saura donc pas comment s'y prendre pour démanteler une centrale puisque les plans apparemment ne suffiront plus...).

jp | 19 décembre 2013 à 12h16
 
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Donc si je comprends bien, la solution au démantèlement c'est..arrêter l'exploitation et ne pas démanteler? Pratique.

Ne serait-il pas plus simple de justement ne plus construire si on ne connait pas la solution au problème? Ce n'est pas satisfaisant de se contenter d'une fermeture d'une centrale pour en ouvrir une autre.

Rudy | 19 décembre 2013 à 14h15
 
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en fait, j'ai comme l'impression qu'on dit un peu la même chose ...

On arrive toujours aux limites de ce genre d'échanges par mail, où il est compliqué de développer largement une idée , en étant sûr d'être bien compris, sans être pour autant fastidieux ! !

On veut tous la sortie du nucléaire (à plus ou moins longue échéance, c'est souvent là que le bât blesse...)

Mais sinon, oui, arrêtons les constructions de nouveaux réacteurs et fermons déjà les vieux réacteurs ...on est bien d'accord !

à Bugey, nous proposons autour du 11 mars, de lancer des dizaines d'actions déclinées un peu partout en France, sous forme par exemple d'occupation de rond points, habillés en blanc et masqués avec de grandes banderoles, si les groupes suivent localement,

avec, comme slogan
(à définir : du genre )

NON, LE NUCLEAIRE N'EST PAS SÛR ,
MÊME EN FRANCE,
SURTOUT PAS A...
BUGEY
......................
ou AU TRICASTIN
ou A CRUAS

ou A FESSENHEIM

bref partout !!!

chaque groupe local peut s'emparer de cette initiative et se l'approprier pour en faire une action médiatique au moins régionalement, en cette triste date anniversaire.

Tout est bon pour montrer à la population et aux médias qu'il existe encore une réelle et farouche opposition au nucléaire dans ce beau pays!
Ici, dans le nord de Lyon, nous pratiquons ce genre d'action une fois par mois, depuis plus de deux ans et les médias locaux suivent ..

jp | 19 décembre 2013 à 15h22
 
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Pour moi la solution du démantèlement des centrales nucléaire est simple.
Le combustible et les parties sensible doivent être retirées et sécurisée.
Tout le reste doit rester sur place.
Quitte à tout démolir mais le laisser sur place, en sécurité.
On peut considérer la zone comme morte. Un no-man's land. L'accès doit être sécurisé bien sur.
Et peut être que dans quelques centaines d'années on saura quoi en faire.
Mais on ne peut pas décontaminer une centrale et transporter tous les déchets en long en large et en travers de la France.
Laisser sur place, en sécurité.
C'est plus sécurisant, c'est moins couteux, et c'est la seule chose qu'on soit capable de faire.

Ce qui imagine un retour à la terre avec des petits moutons se mettent le doigts dans l’œil, à moins de recouvrir l'ensemble d'un sarcophage et d'une belle butte d'argile :(.

Terra | 19 décembre 2013 à 15h44
 
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Ce qui est consternant c'est la stupidité de tous ces commentaires faits par des gens qui n'y connaissent rien de rien, mais n'hésitent pas à s'exprimer.
Et ils sont conditionnés dans leurs propos par certains médias, eux-même "victimes" du lobbying intense des antinucléaires habillés en Vert.
Regardez Pandora's promise (si vous comprenez l'anglais) vous serez édifiés.
C'est la démocratie direz-vous... D'accord. Alors vivement les prochaines législatives, ou même peut-être qu'une bonne panne d'électricité chez les Allemands (adulés par nos amis Verts) déclenchera un revirement d'opinion salutaire ? Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis.

stud38 | 11 juin 2014 à 09h25
 
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