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EnR : les équipementiers s'organisent pour répondre à la demande

Depuis quelques années, les secteurs de l'éolien et du solaire photovoltaïque doivent répondre à une hausse constante de la demande. Un boom qui nécessite une adaptation de ces marchés émergents afin que l'offre puisse satisfaire la demande. Détails.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
EnR : les équipementiers s'organisent pour répondre à la demande
© iMAGINE
   
Aux quatre coins du monde, les projets de développement des énergies renouvelables se multiplient. Ici, des centrales photovoltaïques, là des parcs d'éoliennes… Selon l'Observatoire des énergies renouvelables, l'éolien a connu un développement annuel atteignant 28,6 % entre 1996 et 2006. Sur la même période, la production solaire a augmenté de 22 % par an. L'explosion de la demande d'énergies renouvelables dans le monde, débutée en 2004, se confirme donc aujourd'hui. Problème : face à cette hausse de la demande, les marchés peinent à répondre. Capacités de production insuffisantes, pénurie de matières premières, main d'œuvre qualifiée insuffisante ont freiné ou freinent encore le développement de ces secteurs qui peinent à honorer toutes les commandes.
Et la tendance d'une demande à la hausse devrait se poursuivre dans les années à venir. L'Union européenne table par exemple sur une part de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation globale d'ici 2020. De nombreux pays ont également engagé des politiques volontaristes en matière d'énergies renouvelables.
Pour répondre à cette demande à la hausse, les différents secteurs s'organisent. Il s'agit aujourd'hui de passer de marchés jeunes, émergents à des marchés matures où coûts, capacités de productions et technologies doivent sans cesse s'améliorer.

Le secteur de l'éolien augmente ses capacités de production

Si près de 4 % de la consommation électrique européenne est d'origine éolienne aujourd'hui, le rythme de développement soutenu de la filière devrait mener à une augmentation de cette part dans les années à venir. Selon la plateforme technologique européenne consacrée à l'énergie éolienne TPWind, l'éolien pourrait fournir plus de 25 % de l'électricité de l'Union européenne à l'horizon 2030.
Mais pour atteindre cet objectif ambitieux, il faut avant tout que le marché s'organise. Car aujourd'hui, il peine à répondre à la demande : depuis un an environ, le marché de l'éolien a connu une forte croissance. Comme tout secteur jeune en explosion, cela a mené à un étranglement du marché. La demande est beaucoup plus forte que la production aujourd'hui, explique Isabelle Valentiny, directrice de communication de l'EWEA.
Le secteur doit faire face à une pénurie. Conséquences ? Les délais de production et de livraison s'allongent et le prix des éoliennes augmente.
Pour pouvoir répondre à la demande, les industriels s'organisent. Ouvertures d'entreprises et hausse des capacités de production sont devenus une nécessité pour les professionnels du secteur. En Europe, mais aussi en Chine ou aux Etats-Unis, les industriels renforcent leurs capacités de production et assurent pouvoir répondre d'ici peu à la demande : nous pensons que d'ici deux ans, le retard sera rattrapé. Si quasiment l'ensemble de la chaîne de production est concernée aujourd'hui, les différents fournisseurs s'organisent, et ce tout au long de la chaîne de production. Aujourd'hui, chaque firme augmente ses capacités, note Isabelle Valentiny.

Le solaire : d'un marché de la pénurie à une « économie d'abondance »

Le solaire photovoltaïque aurait quant à lui laissé ces mauvais jours derrière lui. Selon Richard Loyen, délégué général de l'association professionnelle de l'énergie solaire Enerplan, le marché est en train de changer profondément. Le secteur a connu une pénurie de l'offre jusqu'à courant 2008. Il va passer dans une économie d'abondance où le marché sera suralimenté.
Le développement du solaire photovoltaïque depuis la fin des années 90 et son explosion quelques années plus tard ont entraîné une pénurie de silicium purifié, qui constitue le semi-conducteur de la quasi-totalité des cellules solaires. Cette pénurie a un temps freiné la production de cellules solaires et augmenté le coût des installations de près de 10%.
Le secteur a du faire face à un changement gigantesque d'échelle de l'industrie et du marché, explique Richard Loyen, avant de poursuivre : mais les investissements industriels initiés depuis deux ans vont inverser la tendance et entraîner une suralimentation du marché. Avec elle, une forte baisse des coûts de production et une compétitivité accrue du solaire sur le marché des énergies.
La pénurie de silicium purifié a conduit les industriels à rechercher de nouvelles voies d'innovation dans le solaire. Avec des enjeux clairs : utiliser toujours moins de silicium, créer des cellules plus performantes mais aussi plus durables dans le temps. Les nanotechnologies ont la part belle dans ces nouvelles recherches. Aujourd'hui on assiste à une seine concurrence entre cellules en silicium mono ou poly-cristallin et cellules à couche mince, ces dernières constituant 20 % de la production mondiale aujourd'hui. Cette part devrait augmenter encore dans les années à venir. De nombreuses technologies sont également en phase de recherche aujourd'hui. Le solaire n'a pas dit son dernier mot !

Réactions9 réactions à cet article

 
Très Bien ! mais...

De bonnes initiatives et de bonnes perspectives pour booster ces secteurs EnR contributeurs au DD !
La France doit encore faire qq efforts ou en redoubler pour faire évoluer les mentalités.
Bon Courage ! Bonne continuation !
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 24 septembre 2008 à 10h36
 
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Je comprends pas

Pourquoi vouloir tant favoriser le secteur de l'éolien en sachant que la fourniture de puissance ne sera pas continue mais dépendra du vent. Normalement pour compenser cette perte il faut bien fournir de l'énergie autre part et le plus souvent ça vient du gaz.

Où est le DD alors?

Jon | 25 septembre 2008 à 08h49
 
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Oui, très bien, mais

on aura alors des "pics de production " d'électricité propre qu'il faudra, non pas stocker car cela coûte cher, mais consommer en temps réel.
Il suffit pour cela d'adapter les tarifs du fournisseur d'une part, ou que le particulier s'organise (production domestique).

rené-pierre | 25 septembre 2008 à 11h45
 
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Re:Je comprends pas

la France bénéficie d'une situation quasi idéale.
Elle est couverte par 3 climats (méditerranéen, océanique et continental) et donc par 3 régimes de vent.
Sa situation particulière lui confère une production globale d'énergie éolienne non pas continue (ce qui serait le cas idéal) mais s'en approchant, notamment par une plus grande répartition des zones couvertes sur l'étendue du territoire (pas forcément beaucoup plus d'éolienne mais mieux répartie) ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent, notamment par les réticences des certains prefets et autres, dues en partie aux opposants de l'éolien, où qu'il soit (alors qu'il est tout à fait normal de s'y opposer quand cela à un impact important sur des corridors de migrations ou autre).

Donc favoriser le secteur de l'éolien n'est pas à l'heure actuelle une erreur. Il s'agit surtout que ce développement soit correctement encadré et favoriser selon le besoin réel d'aide (tarif d'achat dégressif comme c'est le cas actuellement par exemple)

Tombour

Tombour | 25 septembre 2008 à 16h38
 
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Pourquoi des obligations d'achat ?

Si j'avais bien compris, l'obligation d'achat de la production éolienne et photovoltaïque avait pour objet d'encourager le lancement de ces productions. A en croire cet article le but à atteindre est maintenant largement dépassé. Ne serait-il pas temps de laisser agir les lois du marché ?

André | 26 septembre 2008 à 09h09
 
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Re:Pourquoi des obligations d'achat ?

Si tu as bien compris, "Il s'agit aujourd'hui de passer de marchés jeunes, émergents à des marchés matures...".
Les filières se structurent, elles sont présentes mais manque de maturité, comme quoi le tarif d'achat a porté ses fruits, encore un petit effort.
D'ailleurs il est prévu de revoir les tarifs régulièrement (par la DGEMP), pour les accorder au besoin réel.
Cela pour arriver progressivement à une loi de marché classique (avec toutes les dérives que cela peut comporter...).

Tombour | 26 septembre 2008 à 09h20
 
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Re:Pourquoi des obligations d'achat ?

Avant de laisser les lois du marché il faudrait peut être arrêter de subventionner le nucléaire et les fossiles à hauteur de 300 milliards d'euros par an, non ?

Chicago | 27 septembre 2008 à 00h57
 
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Re:Re:Pourquoi des obligations d'achat ?

juste pour mon information, comment arrivez vous au chiffre de 300 MMEuros / an ?

elprecqloncp | 29 septembre 2008 à 15h16
 
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Re:Re:Re:Pourquoi des obligations d'achat ?

Résultat des estimations de l'ONU ( Reforming Energy Subsidies: Opportunities to Contribute to the Climate Change Agenda ), les énergies renouvelables (dont barrage hydroélectrique, c'est à dire plus de 20% de la fourniture d'électricité mondiale) c'est 10 milliards par an.

Chicago | 29 septembre 2008 à 18h10
 
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