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Covoiturage : le nombre de passagers par véhicule doit progresser pour réduire l'impact environnemental

Actuellement, le covoiturage augmente le trafic routier. Pour inverser la tendance, il faudrait que le nombre de passagers par véhicule augmente. Le secteur pourrait fortement croître dans les années à venir.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Pour l'instant, le covoiturage longue distance a tendance à augmenter le trafic routier. Pour inverser cette tendance, il faudrait que le nombre de places vendues par véhicule augmente. Aujourd'hui, le covoiturage représente environ 1,6% des déplacements longue distance, c'est-à-dire des déplacements de plus de 80 km à vol d'oiseau (conformément à la nomenclature des enquêtes nationales sur les transports). Cela correspond à 10% des trajets effectués en train. Dans les années à venir, le covoiturage pourrait progresser de 60%.

Telles sont les principales conclusions de l'étude "Covoiturage longue distance : état des lieux et potentiel de croissance" duCommissariat général au développement durable (CGDD) publiée le 3 juin. Le document des services du ministère de l'Environnement comble le manque d'information statistique sur cette pratique qui a rapidement gagné en popularité. Il propose le premier état des lieux quantitatif, analyse les déterminants des flux de covoiturage ainsi que le profil des usagers, et estime enfin le potentiel de croissance. Un bilan socio-économique du covoiturage est aussi réalisé.

3,8 milliards de kilomètres

Sur le plan environnemental, "une conséquence directe [des chiffres de l'étude] est que le covoiturage a tendance à augmenter la circulation plutôt qu'à la réduire", explique le CGDD, ajoutant que cette augmentation "marginale" est de l'ordre 0,4 milliard de véhicules-km, sur un total de 158,4 milliards en 2015. En terme de coûts environnementaux, cette augmentation du trafic est évaluée à 12 millions d'euros.

Selon l'étude, chaque trajet effectué en covoiturage ajoute 0,34 voiture au trafic, puisque certains conducteurs auraient renoncé à leur trajet en voiture, ce dernier étant effectivement réalisé grâce à la réduction de coût associée au covoiturage. L'étude estime que 25% des conducteurs auraient préféré se déplacer en train et 8% ne se seraient pas déplacés. A l'opposé, il faut retrancher du trafic les covoitureurs qui auraient réalisé le trajet seuls s'ils n'avaient pas trouvé de solution de covoiturage dans le véhicule d'un autre conducteur. Il faut ici retirer du trafic 0,16 voiture par covoitureur. En effet, seuls 16% des covoitureurs auraient pris la voiture et 12% ne se seraient pas déplacés. L'essentiel des covoitureurs auraient pris le train si le covoiturage n'existait pas. "Il faut donc plus de places  vendues par véhicule pour que le covoiturage s'accompagne d'une réduction de la circulation", explique l'étude.

Aujourd'hui, il y a en moyenne 1,4 passager payant (en plus du conducteur et d'éventuels passagers voyageant gratuitement) par trajet. Environ 8 millions de trajets sont réalisés par an. Si l'on tient compte des offres de service insatisfaites, le taux de remplissage des véhicules est de 52%. Ce taux remonte à 70 % (1,9 personnes par véhicule), hors offres invendues. Sans grande surprise, ce taux varie en fonction des jours de la semaine et des saisons. Un focus sur la période avril-août montre qu'en avril, il est de 40% pour un départ en semaine (du lundi au jeudi) et de 55% pour un départ le week-end (vendredi inclus). En août, le taux est quasiment identique selon les jours de la semaine. Il s'établit à près de 65%. Par ailleurs, le nombre de trajets proposés est plus élevé en août : près de 300 par jour en semaine (contre 100 en avril) et plus de 450 le week-end (contre 250 en avril).

A terme, 2,8% des trajets longue distance

Le profil des covoitureurs et des conducteurs est assez mal connu. Ils sont globalement jeunes, avec un âge médian légèrement inférieur pour les covoitureurs et légèrement supérieur à 30 ans pour les conducteurs. Les étudiants représentent 34% des covoitureurs. Par ailleurs, les motifs de déplacement des covoitureurs se démarquent des pratiques habituelles des Français. Quelque 70% de leurs déplacements longue distance sont motivés par des visites de proche, contre 35% pour les Français dans l'ensemble. Le tourisme et les déplacements professionnels sont marginaux (10% chacun).

Le covoiturage a-t-il un potentiel de croissance ? Oui, répondent les auteurs qui estiment que le potentiel est compris entre 2,4 et 4,7 milliards de kilomètres parcourus par an en tant que covoitureur, soit une augmentation de 66%. Il pourrait alors représenter 2,8% des trajets longue distance à une échéance qui n'est pas précisée.

Le premier facteur de progression est la diffusion de la pratique au delà des personnes auprès des personnes de plus de 30 ans. "La seule classe d'âge offrant une opportunité de croissance est celle des 51-65 ans", estime cependant l'étude qui envisage une augmentation de 1,2 milliard de kilomètres parcourus par an. La diversification des trajets proposés est un autre facteur de progression. Elle pourrait conduire, elle aussi, à 1,2 milliard de kilomètres parcourus supplémentaires par an. Enfin, la hausse prévisible des prix du train est aussi étudiée. Toutefois, l'impact est négligeable puisque, selon les hypothèses retenues par l'étude, "on obtiendrait une croissance +0,03 % par an ou encore de 0,5 % entre 2015 et 2030".

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
Et le covoiturage domicile-travail ?
Utilisé régulièrement par plus de 500.000 salariés.
Comment évolue-t-il ?
Voir l'amendement
http://www.senat.fr/amendements/2015-2016/662/Amdt_377.html
sur le projet de loi El Khomri

Fred | 14 juin 2016 à 11h34
 
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Bonjour,

Le CGDD a évalué le potentiel du covoiturage domicile travail dans une précédente étude / https://www.actu-environnement.com/ae/news/covoiturage-domicile-travail-potentiel-solo-cgdd-22056.php4

Cordialement,

Philippe Collet Philippe Collet
14 juin 2016 à 11h42
 
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