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Les secteurs de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables ne connaissent-ils pas la crise ?

Selon une étude de l'Ademe, les secteurs liés à la maîtrise de l'énergie et les EnR ont crû de 28% depuis 2006 pour atteindre 50 Mds € et 260.000 emplois en 2008. D'ici 2012, ce chiffre pourrait atteindre plus de 91 milliards et 492.000 emplois.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Les secteurs de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables ne connaissent-ils pas la crise ?
© Shocky
   
Selon la dernière étude de l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sur les marchés et les emplois liés aux secteurs de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables (EnR) publiée le 30 novembre, ces secteurs ont, malgré la crise, représenté 50,1 milliards d'euros et 260.000 emplois en 2008.

Si ces chiffres peuvent paraître enthousiasmants, il reste à noter que l'étude ratisse très large : les secteurs concernant les équipements liés à l'efficacité énergétique et les travaux de rénovation dans les logements existants, les transports collectifs, les véhicules de classe A et B, les équipements en vue de produire des énergies renouvelables et les ventes d'énergies renouvelables font partie du champ étudié. La rénovation dans le tertiaire, l'efficacité énergétique dans l'industrie, les diagnostics de performance énergétique sont de leur côté une nouvelle fois absents de cette étude lancée la première fois en 2008. Cet état des lieux vient compléter un rapport du Service d'observation et statistiques (SOeS, ex-Institut français de l'environnement - IFEN) publié en juillet 2009 qui chiffrait les emplois environnementaux (assainissement, déchets, air, bruit…) à 400.000 emplois, dont 44.000 pour les EnR en 2007 intégrées pour la première fois dans ce périmètre d'étude.

Des marchés qui résistent à la crise en 2008 et… 2009

Selon le rapport de l'Ademe, l'activité des secteurs liés à l'efficacité énergétique et aux EnR a ainsi connu une hausse de 28% sur la période 2006-2008. Le marché de ces secteurs a dépassé la barre des 50 milliards d'euros en 2008 contre 33 milliards d'euros en 2007 et ''restent dynamiques et porteurs d'emplois'' face à la crise économique. Le nombre d'emplois directs liés à ces activités, exportations comprises, a représenté 260.000 équivalents temps plein l'an dernier (contre 220.000 en 2007), ''soit un niveau comparable à celui de l'industrie chimique'', en croissance de 27% par rapport à 2006 et de 13% par rapport à 2007.

En 2008, ce serait surtout l'amélioration de l'efficacité énergétique dans les transports qui reste le marché le plus important avec 22,5Mds € dont 14 Mds € pour les ventes de véhicules particuliers de classes A et B). Vient en deuxième position l'efficacité énergétique dans le secteur résidentiel (11 Mds €), puis la production d'énergies renouvelables (8,5 Mds €) et enfin les ventes d'équipements de production d'énergies renouvelables (8,1Mds€). Bémol en revanche sur le secteur de l'amélioration de l'efficacité énergétique dans l'habitat sur lequel l'Ademe observe un ralentissement de la croissance (+4,5% aux prix constants entre 2007 et 2008 contre +13% entre 2006 et 2007).

Alors que l'amélioration de l'efficacité énergétique dans le résidentiel a totalisé le plus grand nombre d'emplois directs avec 110.000 équivalents temps pleins dont 90.000 pour le secteur de l'intervention sur le bâti (isolation et remplacement des ouvertures), les secteurs de l'équipement et de la vente d'énergies renouvelables se placent en deuxième position avec 70.000 emplois en 2008. La fabrication des équipements et la réalisation d'infrastructures de transport collectif transports ferroviaires et tramways…) a de son côté généré 50.000 emplois.

Pour l'année 2009, l'Ademe reste optimiste et table sur un marché des secteurs de l'efficacité énergétique et des EnR qui devrait atteindre 57 milliards. Les prévisions 2009 prévoient, malgré la crise économique, ''une croissance de 13% des marchés grâce, en particulier, au développement du solaire photovoltaïque porté par des tarifs de rachat attractifs, à la mise en œuvre des mesures du Grenelle dans le bâtiment (dont l'éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ ) destiné à soutenir les particuliers dans le financement des travaux de rénovation,) ainsi qu'aux ventes de véhicules de classes A et B, relancées par la prime à la casse associée au bonus écologique''. Le secteur pourrait atteindre environ 300.000 emplois équivalents temps plein en 2009 soit une augmentation de 90.000 emplois depuis 2006.

''Une évolution cohérente avec les estimations précédentes des emplois concernés par le Grenelle Environnement'', souligne l'Ademe. ''Ce constat résulte de la spécificité de ces marchés, qui bénéficient à la fois de la faveur des ménages et des investisseurs et du soutien de dispositifs publics importants, renforcés dans le cadre du plan de relance de l'économie'', ajoute l'Agence. Rappelons en effet que selon une étude du Boston Consulting Group (BCG) publiée en juin dernier, le Grenelle de l'Environnement pourrait générer 600.000 emplois verts d'ici 2020 (dont 300.000 emplois environ dans le secteur du bâtiment), et 450 milliards d'euros d'activités économiques. Des chiffres qui n'avaient toutefois pas déjà manqué d'initier un débat entre experts sur la question.

Le taux de croissance liée à l'amélioration thermique des logements en deçà des prévisions

Dans son étude, l'Ademe dresse un bilan à mi-parcours de l'échéance Grenelle 2012. Avec une croissance annuelle moyenne de 22% du chiffre d'affaires à prix constants 2008 sur le marché intérieur, les énergies renouvelables (ventes et équipements) évoluent en cohérence avec l'objectif 2012, précise l'Agence qui prévoit un taux de croissance moyen ''nécessaire'' sur la période 2009-2012 de 21%. L'Ademe note cependant un léger retard dans la croissance de la production physique d'énergie renouvelable : +7,7% en moyenne annuelle sur la période 2006-2009 alors que le taux nécessaire sur la période 2006-2012 est de 8,4%.

Un retard est surtout rapporté en ce qui concerne le chantier lié à l'amélioration de l'efficacité énergétique dans le secteur résidentiel. Sur la période 2006-2009, le taux de @croissance des réalisations dans la rénovation thermique du logement existant a seulement progressé de 10% par an en moyenne (14% en 2009) et reste inférieur au taux de croissance nécessaire de 21% par an d'ici 2012 pour que l'objectif du Grenelle de l'environnement, qui cible 400.000 rénovations lourdes par an en 2013, soit respecté.
 Conséquence : le taux de progression des emplois est légèrement inférieur à celui correspondant à l'objectif 2012 (+15% en moyenne annuelle sur 2006-2009, +19% sur 2009-2012), ''du fait principalement du retard pris dans les interventions sur le bâti (secteur résidentiel), qui sont plus intensives en emplois''.

L'Ademe estime toutefois que ''la réorientation progressive des mécanismes d'aide vers les systèmes les plus efficients et la mise en place du Fonds chaleur'' mais aussi ''le succès de l'éco-PTZ de même que celui des programmes de formation de main d'œuvre devraient remédier à ces retards''. Rappelons que le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a indiqué que ''les 200.000 Eco-PTZ prévus d'ici à fin 2010 seront réalisés''.

A l'horizon 2012, les marchés liés à l'efficacité énergétique et aux EnR devraient atteindre 91,7 milliards d'euros dominés par l'efficacité énergétique (61,7 milliards d'euros) pour représenter plus de 492.300 emplois en 2012. Le nombre d'emplois liés à l'amélioration énergétique dans le résidentiel atteindrait ainsi 207.440 emplois en 2012. Tandis que le secteur des énergies renouvelables représenterait plus de 134.000 emplois dont 43.000 seraient consacrés à la production d'énergie marchande et près de 91.000 à la production, la distribution et l'installation des équipements.

Cette étude de l'Ademe doit contribuer à l'observatoire national des métiers de la croissance verte mis en place en 2010 dans le cadre du plan de mobilisation des filières et des territoires pour le développement de ces emplois. Lancé par la secrétaire d'État au développement durable Valérie Létard en septembre, ce plan vise à répondre notamment aux besoins en formations des professionnels qui font encore défaut, deux ans après le lancement du Grenelle.

Réactions1 réaction à cet article

 
macabre décou...verte !

Il est vrai que deux ans après le lancement du Grenelle,un organisme aussi stratégique que le pôle emploi,ne dispose toujours pas d'un code R.O.M.E affilié.Tous les chemins y compris celui de Grenelle ne mènent à R.O.M.E...macabre découverte!

squelette élégant | 02 décembre 2009 à 18h03
 
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