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L'Inserm apporte de nouveaux éléments sur la nocivité des solvants pour les femmes enceintes

Une étude publiée dans la revue Occupational and Environnemental Medicine réalisée par des chercheurs de l'Inserm met en évidence un risque 2,5 fois plus élevé de malformation pour les femmes enceintes exposées aux solvants sur leur lieu de travail.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
L'Inserm apporte de nouveaux éléments sur la nocivité des solvants pour les femmes enceintes
© Bianca de Blok
   
Dans le cadre d'un projet de recherche sur les perturbateurs endocriniens et les anomalies de la grossesse, des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) viennent de publier de nouvelles données sur l'impact sanitaire des solvants. Plusieurs études précédentes suggéraient que l'exposition aux solvants était particulièrement dangereuse chez la femme enceinte et impliquée dans l'apparition de malformations congénitales et de fausses couches. Pour la première fois une étude sur ce sujet a été menée de manière prospective. Autrement dit, l'exposition aux solvants et ses conséquences ont été évaluées dès le début de la grossesse. Les craintes ont été confirmées.

Un risque de malformations 2,5 fois plus élevé pour les femmes exposées

3.421 femmes ont ainsi été suivies tout au long de leur grossesse en Bretagne entre 2002 et 2005 dont 3.005 qui avaient une activité professionnelle. Dès le début, 30% des femmes actives ont déclaré avoir une exposition régulière à au moins un produit contenant des solvants sur leur lieu de travail. Ce pourcentage d'exposition a été confirmé par une analyse de leurs métiers. Ainsi, les métiers les plus exposés sont ceux du secteur de la santé (infirmières, aides soignantes), de l'entretien (femmes de ménage), les employées de laboratoire et les métiers de la coiffure/esthétique.

Après plusieurs années d'analyse, les chercheurs ont publié leur étude dans la revue Occupational and Environnemental Medicine. Les résultats démontrent une relation entre la fréquence de l'exposition professionnelle aux solvants au début de la grossesse et l'apparition de malformations. Pour les femmes les plus exposées aux solvants, le risque de donner naissance à un enfant présentant une malformation congénitale est 2,5 fois plus élevé par rapport à des femmes non exposées. Les malformations concernées sont principalement les fentes orales (becs de lièvre), les malformations du rein et des voies urinaires et les malformations génitales du garçon.

Appel à la vigilance pour la médecine professionnelle

Pour les chercheurs de l'Inserm, il est désormais essentiel d'identifier précisément les caractéristiques des solvants mis en cause dans ces anomalies du développement intra-utérin. Des analyses complémentaires sont en cours avec notamment des dosages de biomarqueurs de solvants à partir des urines prélevées chez les femmes enceintes au début de grossesse.

Les auteurs conseillent également les médecins du travail à réaliser une évaluation du risque de développement anormal de l'embryon en début de grossesse pour les femmes exposées aux solvants. Dans certaines situations, un changement de poste pourra être nécessaire le plus tôt possible, estiment les chercheurs.
Rappelons que les solvants sont des produits chimiques utilisés dans de nombreux secteurs d'activité professionnelle. Ils sont ainsi présents dans les peintures, les vernis, les produits d'entretien mais aussi dans les produits cosmétiques. Principalement absorbés par les voies respiratoires ou par la peau, les solvants ont la propriété de passer la barrière placentaire et peuvent de ce fait nuire au foetus.

Les propriétés reprotoxiques de certains solvants sont déjà connues. C'est le cas notamment des éthers de glycol dérivés de l'éthylène glycol. Plusieurs de ces substances ont été interdites dans les préparations à usage domestique, les cosmétiques et spécialités médicamenteuses, en raison de leur toxicité sur la reproduction. D'une façon générale, les solvants dérivés de l'éthylène glycol ont été progressivement remplacés par des dérivés du propylène glycol considérés comme moins toxiques. Néanmoins, des lacunes persistent dans la connaissance des effets sur la santé de nombre d'entre eux… déjà sur le marché.

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