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Les sécheresses menacent le puits de carbone de la forêt amazonienne

Selon une étude parue dans la revue Science, la sécheresse réduit la capacité de stockage de CO2 de la forêt amazonienne. Pire, les épisodes de chaleur inverseraient la capacité de captation, transformant le puits de carbone en source d'émission.

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Les sécheresses menacent le puits de carbone de la forêt amazonienne
© Cirad, Lilian Blanc
   
Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, l'Amazonie couvre le Nord-Ouest de l'Amérique du Sud, majoritairement au Brésil et jusqu'en Bolivie, au Pérou, en Equateur, Colombie, Venezuela, Guyana, Surinam et Guyane Française. Chaque année, le poumon vert de la planète ''recycle'' 66 milliards de tonnes de CO2, c'est-à-dire près de trois fois les émissions des carburants fossiles brûlés dans le monde.

Dans une étude publiée le 6 mars dans la revue ''Science''* coordonnée par Oliver Phillips de l'université de Leeds (Angleterre), les 68 scientifiques du réseau international de recherche RAINFOR**, auquel participent le Cirad, l'INRA et l'université Paul Sabatier, ont mesuré l'impact de la sécheresse de 2005 sur le rôle de puits de carbone de la forêt amazonienne.

A partir de données de croissance de plus de 100.000 arbres de la forêt amazonienne, enregistrées depuis 30 ans, les chercheurs ont constaté que la sécheresse de 2005, liée à des températures très élevées dans l'Atlantique nord, a provoqué une inversion brutale des absorptions de carbone réalisées pendant des décennies.

Alors que l'Amazonie est déjà gravement frappée par la déforestation, cette sécheresse a provoqué une accélération de la mortalité des arbres qui tend à diminuer le flux de fixation de carbone et à augmenter la libération de carbone, expliquent les chercheurs. Ce qui pourrait faire basculer la forêt amazonienne d'un rôle de ''puits de carbone'' vers un rôle de ''source'' de carbone pour l'atmosphère, soulignent-ils.

Selon leur analyse, cette sécheresse en Amazonie aurait ainsi diminué de 5 milliards de tonnes la séquestration de CO2 par la forêt. Si ce puits de carbone est amoindri, voire fonctionne à l'envers, le niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère augmentera encore plus, prévient Oliver Phillips, et accélérera le réchauffement climatique.

Rappelons par ailleurs, que selon une étude de l'organisation environnementale WWF publiée en décembre 2007, l'exploitation du bois, le développement du bétail et l'aggravation de la sécheresse devraient progresser dans les prochaines années et détruire 55% de la forêt amazonienne d'ici 2030. La déforestation de l'Amazonie pourrait relâcher entre 55,5 milliards et 96,9 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'ici 2030, soit l'équivalent de deux années d'émission de CO2 dans le monde, avait indiqué le WWF. En cas de diminution de 10% des précipitations dans la forêt amazonienne, 4% de forêts supplémentaires pourraient être détruites, avait ajouté l'organisation.

L'importance de la forêt amazonienne sur le climat de la planète ne peut être minimisée. Elle est non seulement essentielle pour le rafraîchissement des températures mondiales, mais également une source importante d'eau douce qui peut être suffisante pour influencer certains des grands courants océaniques et constitue une réserve massive de carbone, avait souligné Daniel Nepstad, auteur du rapport.


* Référence :''Drought Sensitivity of the Amazon Rainforest'', SCIENCE, 6 march 2009, vol 323, 1344-1347.

** Le réseau de surveillance internationale des forêts amazoniennes RAINFOR auquel participent pour la France, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), l'institut scientifique de recherche agronomique (INRA) et l'Université Paul Sabatier, regroupe 68 scientifiques issus de 14 pays différents.

Réactions1 réaction à cet article

 
je partage ce point de vue

merci pour cette etude
il est vrai que la secheresse s impose a forte priori et que nous en souffrons serieusement
comment combattre efficacement ce fleau excuser du terme parce qu ici en AFRIQUE son avancée est considerable
merci pour cette etude

Anonyme | 14 mars 2009 à 11h01
 
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