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Présidence lituanienne : un bilan globalement négatif pour l'environnement

Si la présidence lituanienne a permis des avancées pour la protection de la biodiversité ou l'évaluation des impacts environnementaux, il n'en est pas de même pour les politiques concernant notamment le climat ou la gouvernance.

Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Avec une évaluation négative pour six thématiques environnementales sur dix évaluées, le bilan de la présidence lituanienne s'avère globalement décevant, selon le bureau européen de l'environnement (BEE).

Des rendez-vous manqués concernant le climat

La présidence lituanienne aurait ainsi manqué des avancées décisives pour la lutte contre le changement climatique. L'accord conclu avec le Parlement européen sur la restriction d'usage des gaz fluorés manquerait d'ambitions, selon le BEE.

"Plutôt que de chercher le soutien des Etats membres pour aboutir aux propositions ales plus progressistes, la présidence a permis le blocage d'une minorité, déplore le BEE. "Le compromis n'exploite pas complètement le potentiel de réduction des émissions du règlement".

Autres points sensibles : la question de l'intégration du biocarburant et la révision des critères de comptabilisation d'émissions de GES, en prenant en compte les changements d'affectation des sols directs et indirects. Le compromis proposé par la présidence lituanienne souhaitait imposer une limite de 7%  d'incorporation d'agrocarburants de première génération en 2020 et affaiblissait la prise en compte des impacts du changement d'affectation des sols.

"L'augmentation de la part des biocarburants de première génération de 5 à 7 % équivaut à la quantité de nourriture nécessaire pour près de 69 millions de personnes à un moment où nous essayons de lutter contre la faim", souligne le BEE.

Ce compromis a finalement été rejeté en Conseil des ministres de l'énergie, le 12 décembre 2013.

Enfin, le BEE rappelle l'imbroglio du report des objectifs de réduction des émissions de CO2 des véhicules, sous la pression de l'Allemagne.

Concernant les engagements de l'UE sur les objectifs climatiques post-2030, le Livre blanc de la Commission a été reporté à janvier 2014.

Une gouvernance environnementale en berne

Le BEE présente également un bilan sévère des efforts de la présidence lituanienne pour encourager une meilleure gouvernance environnementale. "Le programme de déréglementation semble avoir pris de la vitesse sous la présidence lituanienne", estime t-il.

Malgré une conférence organisée sur la mer Baltique début octobre, la présidence lituanienne n'a également pas permis de progresser sur le secteur maritime, notamment concernant la proposition de directive MSP-ICM."Il existe un risque sérieux que la directive finisse par saper les pièces maîtresses de la législation en vigueur, telles que la directive cadre sur la stratégie marine et les oiseaux et la directive Habitats", met en garde le BEE.

 
Une présidence grecque axée sur l'économie La Grèce a pris le 1er janvier 2014 la suite de la Lituanie à la présidence du Conseil de l'Union européenne.

Si le premier ministre Antonis Samaras a assuré lors d'une conférence de presse que "2014 sera l'année où la Grèce sortira de la crise mais aussi une meilleure année pour l'ensemble de l'Europe", les priorités annoncées restent concentrées sur une économie traditionnelle : promotion des politiques et des actions pour parvenir à une croissance, lutte contre le chômage, promotion de la cohésion économique et sociale, réformes structurelles, approfondissement de l'intégration et de l'achèvement de l'Union économique et monétaire, élargissement de l'Union, etc.

La Grèce compte également porter une attention particulière aux politiques maritimes. Là encore, l'approche reste centrée sur des questions économiques mais l'environnement y est toutefois évoqué. "Le projet de conclusions sur la politique maritime intégré, (…) inclut des références à toutes les questions pertinentes, à savoir l'énergie bleue, l'aquaculture, la cartographie du fond marin, l'exploitation des ressources minérales marines, la biotechnologie bleue et les questions environnementales".
 
Elle laisse également à la Grèce le soin de trouver un compromis à propos du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.

Selon le BEE, la présidence lituanienne n'aurait pas encouragé le maintien de standards environnementaux de haut niveau et mis la priorité sur une "Europe ouverte".

Concernant la chimie et notamment les perturbateurs endocriniens, "la présidence lituanienne a manqué une occasion importante en n'inscrivant pas ce sujet à l'ordre du jour du Conseil et notamment la question de la timide approche de la Commission pour ce qui est de la protection contre les substances extrêmement préoccupantes et les perturbateurs endocriniens", note le BEE.

Pour lui, les quelque 18 milliards d'euros de budget du programme de recherche "Horizon 2020" auraient dû intégrer les effets sanitaires et environnementaux des nanotechnologies.

Concernant la poursuite de la stratégie de développement durable "Europe 2020", ce dernier estime que la présidence "aurait pu davantage encourager le Conseil à se positionner en faveur d'une reprise économique respectueuse de l'environnement (…) génératrice d'emplois verts".

Des actions en faveur de la biodiversité

Une influence positive de la présidence lituanienne est toutefois à noter pour deux sujets : l'évaluation des impacts environnementaux et la directive EIE ainsi que la biodiversité.

Accès aux ressources génétiques, prévention de la propagation d'espèces envahissantes, financement de la conservation de la biodiversité, celle-ci aurait contribuer à l'évolution positive de certains textes.

La thématique des économies d'énergie restera marquée par le débat autour de l'exploitation du gaz de schiste et la lente constitution de la Directive sur la fiscalité énergétique.

Réactions3 réactions à cet article

 

Le BEE se fourvoie dangereusement en accréditant le CASI, qui est une notion totalement infondée employée par les calculateurs de bilans environnementaux bidons. Si le BEE était objectif quant aux biocarburants européens, il considérerait la réalité: moins de 3% des terres arables en UE sont utilisées et elles le sont dans des cultures objet de rotations. Ce qui n'est pas le cas des biocarburants importés (éthanol de canne -Brésil- ou diesel d'huile de palme -Indonésie) qui sont issus de cultures pérennes sans rotations.

Albatros | 07 janvier 2014 à 11h58
 
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Par an l'Europe importe 170M de tonnes d'huile de Palmes issue de déforestation et d'expropriations de paysans et villageois en Indonésie et bientôt (projet d'Herakles) en Afrique !!
Une HONTE !!! On massacre la planète pour vos voitures !
Et chaque fois que vous prenez du carburant à une pompe VOUS êtes forcés à être complice de cela !!
SCANDALEUX !!
Donc, roulons électrique (issu d'ENR c'est encore mieux !) et boycottons les pétroliers et l'huile de Palme !
L'Europe des NULS !

Roro | 07 janvier 2014 à 12h32
 
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Ce n'est pas au nombre de points d'exclamation que l'on mesure la sagesse d'un propos. Je rejoins néanmoins Roro quand il stigmatise les biocarburants importés. Par contre, Roro et surtout le BEE doivent convenir que notre monde est complexe (les bons d'un côté et les méchants de l'autre, c'est chez Walt Disney).
L'électrique n'est pas, loin de là, à parer de toutes les "vertus", même "issu d'ENR".

Albatros | 07 janvier 2014 à 13h18
 
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