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L'Europe acte la remise en culture de jachères et repousse la réforme des pesticides

Afin d'assurer la sécurité alimentaire de l'Europe face à la guerre en Ukraine, les ministres de l'Agriculture sont tombés d'accord pour cultiver les jachères, tandis que la présentation du règlement sur les pesticides est sortie de l'ordre du jour.

Agroécologie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
L'Europe acte la remise en culture de jachères et repousse la réforme des pesticides

Ce que craignaient les contempteurs de l'agriculture intensive s'est réalisé. Les ministres de l'Agriculture européens, réunis à Bruxelles, lundi 21 mars, ont acté plusieurs mesures qui remettent en cause des avancées de l'UE en matière de verdissement de sa politique agricole, au nom de la sécurité alimentaire face aux conséquences de la guerre en Ukraine.

Les ministres ont donné leur accord à plusieurs propositions de la Commission destinées à « renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaire de l'UE », parmi lesquelles une dérogation temporaire pour pouvoir utiliser les jachères. Et ce, conformément aux conclusions du dernier Conseil européen. Réuni à Versailles, les 10 et 11 mars derniers, celui-ci avait acté la nécessité d'améliorer « notre sécurité alimentaire en réduisant notre dépendance aux importations des principaux produits et intrants agricoles, en particulier en augmentant la production de protéines végétales au sein de l'UE ».

Production de protéagineux sur les jachères

 
Il y aura des dérogations aux obligations de verdissement, et ce, à l'initiative de la présidence française  
Janusz Wojciechowski, commissaire à l'Agriculture
 
Lors de présentation du plan de résilience du gouvernement français, le 16 mars dernier, le ministre de l'Agriculture avait rappelé avoir porté au niveau européen l'idée de valoriser les jachères et précisé que cette proposition rencontrait un accueil favorable. « Les mesures concrètes sont en cours de préparation. Il y aura des dérogations aux obligations de verdissement, et ce, à l'initiative de la présidence française », a confirmé le commissaire chargé de l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, à l'issue du Conseil Agriculture. Le détail de ces mesures sera connu à travers une communication de la Commission, qui doit être adoptée mercredi 23 mars. « Nous allons autoriser uniquement la production de protéagineux à ce stade », a toutefois précisé le commissaire.

La politique agricole commune (PAC) impose de consacrer 4 % des terres à des surfaces non productives. Ce sont ces surfaces que les instances européennes souhaitent valoriser. « En réalité, les terres disponibles pour produire plus sont bien inférieures à ces 4 % et représentent au final une "goutte d'eau" par rapport aux surfaces russo-ukrainiennes qui pourraient venir à manquer. (…) Sauf à détruire le peu de haies restantes et à retourner les prairies, le réservoir de terre est en réalité assez limité », explique Mathias Ginet dans une note publiée par le laboratoire d'idées Terra Nova.

La discussion sur les pesticides reportée

Dans le même temps, la présentation du projet de règlement sur les pesticides, qui devait avoir lieu ce 23 mars également, n'est plus à l'ordre du jour. « Il n'y pas de discussion prévue sur les produits phytosanitaires pour la prochaine réunion », a sobrement confirmé le commissaire Janusz Wojciechowski.

Plusieurs dizaines d'ONG ont adressé, le 21 mars, un courrier à la Commission européenne pour lui faire part de leur inquiétude sur un possible affaiblissement du projet de règlement. Ce texte, qui doit prendre le relai de la directive du 21 octobre 2009, est en révision depuis deux ans. La Commission avait ouvert une période de contribution sur ce projet, en mai 2020, puis une consultation publique, en janvier 2021. Elle affichait cette révision comme un outil essentiel pour atteindre les objectifs définis dans sa stratégie pour la biodiversité et sa stratégie de la ferme à la fourchette, en particulier celui de réduire de 50 % l'utilisation des pesticides chimiques d'ici à 2030.

« Un projet ayant fuité en février 2022 témoigne d'un manque d'ambition, mais fixe malgré tout certains objectifs au niveau européen qui soulèvent l'ire de certains pays de l'UE et de l'agrochimie », rapporte l'association Générations futures, qui figure parmi les signataires du courrier. L'inquiétude des ONG a été renforcée par une note signée, le 16 mars, par douze États membres, qui font part au Conseil de l'UE de leurs préoccupations concernant ce projet, en particulier quant au risque de perte de production. À travers leur courrier, les ONG demandent à l'exécutif européen de respecter ses engagements et de s'éloigner du modèle agricole actuel et de sa dépendance aux intrants. « Profitant de la crise dramatique que connait l'Ukraine, les lobbies de l'agrochimie mettent une pression sans égale pour affaiblir les textes européens visant à réduire l'utilisation des intrants chimiques, tout particulièrement les pesticides », dénonce Générations futures.

Le calcul visant à repousser le verdissement de la politique agricole pour augmenter la production pourrait se révéler totalement erroné. « La recherche à court terme d'un choc de production par l'augmentation des rendements (…) risque de se heurter à la hausse du prix des intrants et de générer des externalités négatives en matière environnementale (émissions de gaz à effet de serre, épuisement des sols…). Le tout sans générer des gains véritablement significatifs sur les rendements, qui sont déjà très élevés », analyse Mathias Ginet, pour Terra Nova.

Et de conclure : « Au final, l'intensification de la production pourrait transférer la dépendance aux grains ukrainiens à une dépendance encore plus marquée au gaz et au pétrole. »

Réactions17 réactions à cet article

 

Décidément, les ministres de l'agriculture sont indécrottables. Toujours plus, toujours plus! Et allons-y avec la monoculture intensive pour nourrir de pauvres bêtes en batterie! Et achetons un maximum d'intrants et de chimie (ah, tiens! beaucoup proviennent d'Ukraine? ) Et continuons à gaspiller 7 tonnes de céréales pour obtenir 1 tonne de viande sur pied! Continuons à vouloir "nourrir la planète", et la prochaine étape ce sera la famine. Question : les dividendes des actionnaires de groupes agro-alimentaires sont-ils comestibles?

petite bête | 23 mars 2022 à 09h28
 
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Heureusement que Mathias Ginet est là pour défendre la décroissance et non la production agricole mais la production d'aménités, les petites bêtes, et toutes les petites bêtes y compris les sales bêtes, les belles fleurs y compris les envahissantes, la cuscute, les coquelicots ah un beau champ de coquelicots, etc. Un vrai défenseur des famines comme celles provoquées par Staline et Trofim Lyssenko de vrais modèles pour la Russie de Poutine ! Oui aux jachères, non à l'irrigation, non aux engrais pesticides divers et variés oui au jeune !

zhaooo2000 | 23 mars 2022 à 09h51
 
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Il est grand temps de casser le "charme" de la philosophie de la décroissance des écolos qui extrapolent le rendement de leur balcon pour "démontrer" l'inutilité des intrants. Produire est vital.
Merci à zhaooo2000 pour sa réaction pertinente. Je me sens moins seul.
Courage à tous !

Albatros | 23 mars 2022 à 14h03
 
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Je ne connais pas Mathias Ginet, Mais si produire est bel et bien vital, détruire ce qui permet de produire ne l'est pas, surtout si on détruit le vivant et nous au bout. Quant à caricaturer les écolos, c'est comme un miroir que se tendent leurs détracteurs. L'agriculture intensive a pris les paysans pour des imbéciles, la génération qui suivra pourrait bien prendre les agriculteurs intensifs pour des assassins, et leur demander des comptes. Dans "exploitant agricole", on a oublié "agricole" pour ne garder que "exploitant" et ce système a fait disparaître les quatre cinquièmes des agriculteurs, ceux qui restent vivant bien mal. Et ça continue. Par contre l'agro-business, lui, se porte toujours bien, et ses actionnaires aussi.

petite bête | 23 mars 2022 à 15h46
 
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J'ai juste une question, petite bête : on est de plus en plus nombreux en France, c'est un fait - on fait comment pour faire manger tout le monde, si on produit moins?
Je précise qu'en parallèle, l'actualité nous montre qu'il serait souhaitable qu'on soit au maximum autonomes, alimentairement parlant, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Je précise et je comprends aussi que tout schéma de développement alimentaire comporte ses avantages et ses inconvénients.
(j'occulte l'aspect exportateur de produits, qui est pourtant une "chance" pour nous)

Selon vous, par où faut-il commencer et pour arriver où?

nimb | 24 mars 2022 à 09h27
 
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Il ne faut pas s’inquiéter de ce qu'écrit petite bête, c'est juste un adepte de la déconstruction sociale. Il commerce par la lutte contre la suffisance des besoins alimentaires de tous les hommes y compris de ceux qui croient que manger peut-être un bonheur. Puis, il ne croit ni dans la science y compris dans les sciences agronomiques et agricoles ni dans les techniques et encore moins dans la richesse qui engendre le progrès particulièrement intellectuel! Comment discuter physique quantique, avec ceux qui en sont réduits, pour se faire comprendre, à détruite un train complet de céréales en ouvrant sur les voies les vannes des wagons (1200t) ? Comment expliquer que Liebig (19éme siècle),a montré qu'il faut nourrir la terre et que les cultivateurs en nourrissant la terre nourrissent et non assassinent le monde ! Petite bête est peut-être un adepte de Poutine qui veut garder son blé quitte a affamer les autres ?

zhaooo2000 | 24 mars 2022 à 11h08
 
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Quel dommage !
Plutôt que de produire toujours plus en détruisant les sols et en maltraitant les animaux, il serait intéressant de se poser la question du gaspillage. Avec l'agriculture intensive, plus on produit, plus on gaspille ! Un tiers de ce qui est produit est gaspillé. Si on commençait par s'attaquer à ce problème ?

Coco | 24 mars 2022 à 12h51
 
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Coco, plus on produit, plus les mal nourris mangent ! Quittez donc vos lubies et pensez aux affamés et aux famines annoncées par la guerre en Ukraine! En Inde, on se bat pour un UN grain de riz ! Pensez aux famines : au Biafra, Au Yemen, Somalie, hécatombes de gamins, ... Quant au gaspillage, encore un truc de bobos urbains incultes incapables de réfléchir sans manger de l'huile de palme devant les écrans de tv. Quant à détruire les sols, on en rigole encore ! Les bons rendements appellent la matière organique et les bons rendements (Liebig)!

zhaooo2000 | 24 mars 2022 à 14h57
 
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Coco :
pensez donc aux grands dirigeants et aux actionnaires des grands groupes de l'agro-industrie : eux sont toujours affamés de nouveaux dividendes et en veulent perpétuellement plus !
Alors, ils agitent la peur de la famine. Et, de toute évidence, ça marche toujours bien, ça, de jouer sur la peur de ne plus pouvoir manger à a faim : on revoit les images des guerres connues en Europe, des famines au Sahel, etc. (l'ultralibéralisme sait parfaitement digérer, manipuler ces images et culpabiliser M. et Mme Toutlemonde - l'exemple des "hécatombes de gamins" est très révélatrice à ce sujet). Et nos politiques, tétanisés par la crainte d'émeutes populaires, leur ouvrent grand les vannes afin qu'ils puissent faire tout ce qu'ils exigent.
Ainsi, les gros tracteurs de 300 chevaux n'iront pas bloquer les périphériques mais restent à retourner les jachères, annihilant le peu de biodiversité qui s'y était ré-installé, et asperger de pesticides les cultures et le consommateur à l'illusion que sa survie est assurée. La paix sociale, ça n'a pas de prix !
Enfin, sous réserve d'occulter ceux liés aux atteintes à la santé par l'agro-chimie, à la pollution de l'environnement, aux émissions massives de GES - auxquelles l'agriculture intensive est un gros contributeur -, à la dégradation de la biodiversité et à la destruction du potentiel agronomique des sols (il n'y a plus guère que zhaooo2000 pour en rire).
Temps bénis pour les profiteurs de guerre. Sale temps pour l'avenir.

Pégase | 30 mars 2022 à 12h27
 
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C'est donc le communisme que promeut notre cheval ailé ? Il faut "mettre à bas le système", c'est ça ?
Comment en arriver à considérer tout agriculteur qui produit comme un suppôt du capitalisme, comme un "profiteur de guerre" ? Pourquoi pas une "vipère lubrique" ?
Pégase, reprenez vous, s'il vous plaît. Un tout petit peu de décence.
Et courage aux agriculteurs qui produisent en France malgré les abominations proférées à leur encontre par des idéologues de salon !

Albatros | 30 mars 2022 à 16h16
 
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"C'est donc le communisme que promeut notre cheval ailé" : ou quand l'oiseau pélagique prend ses phobies pour des réalités ! Et aussi l'invasion des reptiliens ou le grand remplacement, tant qu'on y est à écrire n'importe quoi, du moment que ça vous donne l'illusion d'être pertinent ?! Et toujours ce sempiternel amalgame défraichi siglé FNSEA de tous les agriculteurs, comme s'il n'y n'existait qu'une seule et même agriculture, celle bien évidemment qui ne sait produire qu'en shootant ses productions aux intrants de synthèse... Infox, quand tu nous tiens !
Entre parenthèses, ça n'a pas l'air de beaucoup effaroucher nombre d'entreprises du CAC 40 - dont des mastodontes de l'agro-chimie - d'aller délocaliser et/ou investir massivement dans des pays à système communiste autoritaire (Chine, Russie, Biélorussie, ...). Le néo-libéralisme, tant qu'il peut offrir de juteux rendements à ses actionnaires, ne s'embarrasse ni de couleurs politiques ni de régimes dictatoriaux et encore moins de principes moraux (quelle horreur !).
Mais chut !, ça, ça ne rentre pas dans le storytelling d'Albatros et consorts.

Pégase | 30 mars 2022 à 18h47
 
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En tant qu'agriculteur, je ne suis plus dépendant de ce système qui voulait à tout prix m'endetter pour pouvoir me "tenir" ensuite. Mais je conçois bien que les vraies victimes, ce sont bien les agriculteurs lorsqu'ils sont englués dans ce système, et que accepter de le voir tel qu'il est demande leur part une véritable révolution intellectuelle. Il est beaucoup plus facile de rejeter la faute sur les autres, et non sur le système dont on dépend pour toute démarche, toute subvention, toute aide. Mais nier que l'agriculteur "conventionnel" (intensif) est la proie de banquiers et d'actionnaires, c'est refuser de voir le réel, toute idéologie totalitaire mis e à part. Que je sache, la FNSEA tient la quasi-totalité des chambres d'agriculture. Considéreriez-vous qu'un parti qui tiendrait plus de 90% du pouvoir pourrait être qualifié de "pluraliste" ou simplement démocratique? C'est bien pourtant un score de pays totalitaire, ce qui retourne comme un gant l'accusation à l'encontre de Pégase.

petite bête | 30 mars 2022 à 19h34
 
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Cheval ailé, dit G 2 L O Q, est l'anar de service anti tout sauf lui; il daine depuis quelques années le délire psychotique des pauvres écolos bobos urbains intelligents contre les riches agriculteurs raisonnables nuls! C'est clair qu'il n'a rien à faire d'autre que d'épuiser ses détracteurs contre "On", "la société", "le système", "la FNSEA", "les pesticides", "les intrants", "les actionnaires", "l'agro-industrie", ... Qu'il se demande donc pourquoi l'urbain est encore capable de créer de la faim, des exodes, ... Pourquoi des pseudo professeurs émérites prônent l'agriculture urbaine et estiment que l'agriculture bio peut nourrir le monde ! Qu'il aille cultiver les gravats de Маріуполь (Marioupol), qu'il en parle en Afrique du Nord dont les peuples ne mangent que grâce à l'agriculture industrielle étrangère parce que sans engrais les sols se sont stérilisés !

zhaooo2000 | 31 mars 2022 à 10h29
 
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Mmmh, quel post rafraîchissant et élégant, zhaooo2000 ! Un parfait collier de perles moulées aux bons gros clichés anti-écolos et d'opposition stérile urbains (idiots, forcément !) / ruraux (qui cultivent le bon sens, naturellement !). De toute évidence, il ne faut pas trop s'interroger sur vos itinéraires de culture (pourtant largement subventionnés par le contribuable, ce qui devrait un accorder un certain droit de regard, n'en déplaise) ni sur vos intox.
Pour avoir commis ce crime, dois-je m'immoler avec de l'alcool issu de betteraves biberonnées aux néonicotinoïdes ?
Mais tout n'est pas perdu, allez : vous avez quand même de bonnes références en matière de chanson française (J'veux du cuir, d'Alain SOUCHON, si je ne m'abuse) !

Pégase | 31 mars 2022 à 12h09
 
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Tout mon soutien à zhaooo2000.
Et vive la contradiction aux donneurs de leçons des "parfaits" qui refusent toute contradiction à leurs idées arrêtées.
"La Terre qui ne ment jamais" de Pétain est véritablement de retour avec de tels propos misanthropes.
Vivent les agriculteurs qui cultivent et produisent tout en respectant notre patrimoine commun et la richesse que constituent nos sols...

Albatros | 31 mars 2022 à 15h28
 
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Au delà des énièmes "je t'aime, moi non plus" de nos dupont et dupond favoris, je note tout de même une intéressante réflexion.
Non seulement la France produit une partie de sa "bouffe", mais en plus elle l'exporte..... ce que d'autres pays européens ne peuvent forcément se targuer.
Et si la France ne produisait plus que selon les méthodes bios? (donc théoriquement moins intensive... je dis bien théoriquement), est-ce que ce schéma exportateur existerait toujours et dans les mêmes proportions? Est-ce qu'on pourrait toujours donner à manger aux voisins européens ou nord-africains par exemple? (il devient de plus en plus difficile de cultiver autour de la Méditérranée, et pas pour des raisons d'engrais, malheureusement)

nimb | 31 mars 2022 à 20h40
 
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Il y a d'un côté des faits, de l'autre des anathèmes. On ne peut contester les faits, par exemple que 63,1 % des fruits et légumes non bios contiennent des résidus de pesticides, que les expositions répétées aux "produits phytosanitaires" provoquent des maladies reconnues, que la terre l'air et l'eau sont pollués par les pratiques de l'agriculture intensive. Mais on peut toujours contester l'analyse qui est faite quant aux raisons de cet empoisonnement, à savoir l'appétit financier de ceux qui vivent de l'agriculture intensive et qui ne sont pas agriculteurs, et ne se focaliser que là-dessus en accusant toute remise en cause du système comme étant dirigée contre les agriculteurs eux-mêmes. C'est toujours pareil : quand on montre la lune du doigt, l'imbécile regarde le doigt.
Je suis un agriculteur heureux, et ce n'est pas, mais alors vraiment pas grâce au système dans lequel on voulait me plonger, que ce soient les banques, le syndicat ou la chambre d'agriculture. Quant à mon rendement, tout le monde est venu voir l'année dernière mon maïs non irrigué, non "traité", et pourtant tellement plus haut que tout ce qu'on pouvait voir dans les terres pâles, sèches et à bout de souffle alentour.

petite bête | 01 avril 2022 à 09h20
 
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