Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Substances cachées dans les pesticides : des parlementaires demandent des comptes à l'Efsa

Une centaine de parlementaires français et européens demandent à l'Efsa de prendre en compte toutes les substances présentes dans les produits pesticides pour évaluer les risques. La justice pourrait être saisie en l'absence de retour satisfaisant.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Cent dix neuf députés et sénateurs français et européens interpellent, dans un courrier, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur la présence de produits toxiques non déclarés et non évalués dans les produits phytosanitaires mis sur le marché.

Cette démarche fait suite à la publication d'une étude, fin octobre 2020, montrant la présence de produits toxiques (résidus de pétrole, hydrocarbures polycycliques aromatiques, métaux lourds) non déclarés sur les étiquettes dans 14 pesticides. En décembre dernier, neuf associations ont porté plainte contre X pour fraude à l'étiquetage. Avec leur soutien, les parlementaires interpellent désormais l'Efsa, chargée de l'évaluation des risques, sur le système d'évaluation actuel. Ils demandent également le retrait du marché des pesticides mis en cause en France et en Europe. L'Efsa dispose d'un délai de deux mois pour répondre à ce courrier. À défaut de réponse satisfaisante, les associations et élus se réservent le droit de porter l'affaire devant la justice européenne.

Une mauvaise application de la réglementation ?

Précisément, les élus alertent l'Efsa « sur les défauts d'application du règlement européen n° CE 1107/2009 [et] sur le défaut d'exécution de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne [CJUE] du 1er octobre 2019 ».

Le règlement européen stipule que, pour les substances qui entrent dans la composition de produits phytopharmaceutiques, un intérêt manifeste pour la production végétale et l'absence d'effet nocif sur la santé humaine ou animale ou d'effet inacceptable sur l'environnement doivent avoir été démontrés.

L'arrêt de la CJUE de 2019 précise que « les procédures conduisant à l'autorisation d'un produit phytopharmaceutique doivent impérativement comprendre une appréciation non seulement des effets propres des substances actives contenues dans ce produit, mais aussi des effets cumulés de ces substances et de leurs effets cumulés avec d'autres composants dudit produit ». Par ailleurs, il considère comme une fraude la non déclaration de substances actives entrant dans la composition de pesticides.

Or, selon les élus, « l'Efsa considère qu'elle ne doit étudier et vérifier que l'impact de la substance déclarée active seule et écarte donc les publications sur les effets cumulés avec d'autres substances qui peuvent être aussi actives, mais non déclarées, comme l'arsenic ». Elle considère que cette évaluation revient aux États membres, chargés de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits.

La divergence d'évaluation du glyphosate entre le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et l'Efsa viendrait de là. Le Circ, qui considère le glyphosate comme cancérigène probable, s'appuie sur l'ensemble des études publiées sur cette substance active, y compris celles portant sur des formulations complètes et les interactions avec d'autres formulants. Tandis que l'Efsa écarte les études sur les formules complètes. « Le défaut de prise en compte par l'Efsa des formulations complètes et de l'effet cumulé des substances et composants entre eux conduit donc l'Efsa à écarter le danger que présentent les produits pesticides, et à ne pas évaluer l'effet cocktail interne de ces produits pas tous déclarés », estiment les signataires.

Pour une évaluation complète

Les élus sollicitent donc la mise en place de procédures spécifiques prenant en compte les effets cocktails à l'intérieur d'un produit dans les procédures d'évaluation des pesticides, « et ce dès la procédure d'autorisation ou de renouvellement d'une substance active déclarée ».

Ils souhaitent que la procédure prenne en compte, lors des évaluations de renouvellement d'approbation de substances actives déclarées, l'ensemble des publications scientifiques, notamment des avis du Circ et les études de toxicité de formulations commerciales complètes.

Enfin, ils demandent à l'Efsa d'assurer la publication des données brutes, articles et références sur lesquels elle se base dans ses évaluations.

Réactions3 réactions à cet article

 

Résidus de pétrole, HAP (qui sont eux aussi des résidus)... avant de s'emballer, il faudrait peut être connaître les teneurs de ces composés dans les solutions de pesticides. SI on se retrouve avec moins de 1% de HAP et 98% de pesticide, j'ai du mal, personnellement, à croire que la toxicité du seul composé majoritaire soit considérablement moindre que l'effet cocktail avec les HAP. Au moins cette demande a l'avantage de demander une "modelisation" des effets cocktails. Ceci dit, pas besoin d'un flacon de Roundup pour tester la nocivité des HAP. Il suffit de se faire griller quatre saucisses sur un barbecue et la dose ingérée de HAP sera nettement plus conséquente.

nimb | 26 février 2021 à 21h58
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ nimb : c'est bien pour cela que bien des cancérologues déconseillent vivement le barbecue au charbon de bois ! Mais là, au moins, on est dans la démarche volontaire, même si tous les convives sont amenés à ingérer "à l'insu de leur plein gré" (pour paraphraser feu les Guignols de l'info) des substances toxiques issus d'une combustion de très mauvaise qualité.
Alors qu'avec la chimie agricole de synthèse (dont la profession agricole française "conventionnelle" est l'une des plus forte consommatrice au monde), qui a la fâcheuse tendance à contaminer outre les aliments l'air, les sols, l'eau et la biodiversité, tout un chacun s'y trouve exposé souvent à bas bruit mais en continu depuis des décennies. Cette exposition à la fois sournoise et dévastatrice au niveau des effets toxicologiques doit donc être désormais nettement mieux évaluée, contrôlée, fortement réduite et, dans les plus brefs délais désormais, supprimée.
En mettant la pression sur l'Efsa, ces élus européens sont parfaitement fondés dans leur démarche et font ainsi œuvre utile pour le bien public. Il convient donc à mes yeux de le souligner.

Pégase | 01 mars 2021 à 21h54
 
Signaler un contenu inapproprié
 

C'est à croire que pour l'EFSA, "l'effet cocktail" ne s'entend qu'autour d'un buffet de petits fours en compagnie de personnes remarquablement intéressantes et autant que possible actifs lobbyistes. N.B : je viens de découvrir que l'Université de Strasbourg propose une formation de lobbyiste en 220 heures. Qui dit mieux ?

Tonton Albert | 24 mars 2021 à 16h14
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

BTX : analyseur XRD et XRF de paillasse pour matières sur poudre Olympus France