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Marcoule : trois enquêtes ouvertes pour déterminer les causes de l' "accident industriel"

L'accident mortel survenu sur le centre de traitement de déchets radioactifs de Marcoule (Gard) a ravivé, s'il en était besoin, les débats sur le nucléaire. Le gouvernement temporise en parlant d'accident industriel.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Marcoule : trois enquêtes ouvertes pour déterminer les causes de l' "accident industriel"
© Google Map
   

C'est un accident industriel sur un site nucléaire, a indiqué Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de son déplacement sur le site nucléaire de Marcoule (Gard), où une explosion a fait un mort et quatre blessés lundi, en milieu de journée. Aucune fuite radiologique, aucun risque pour la population riveraine, plus de peur que de mal, selon la ministre de l'Ecologie.

Trois enquêtes sont en cours, menées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les gendarmes et l'inspection du travail, pour déterminer les causes de l'accident. Si l'installation de traitement de déchets faiblement radioactifs faisait l'objet d'une surveillance accrue depuis 2008, l'explosion de lundi ne devrait pas a priori avoir de liens avec ces défaillances, selon l'ASN.
La Socodei, exploitant du site et filiale d'EDF, indique que c'est la première fois qu'un drame de cette ampleur se produit sur le site.
Cet accident a cependant relancé le débat sur le nucléaire, six mois après la catastrophe de Fukushima (11 mars 2011). Opposition, associations, élus ont un mot à la bouche : transparence.
Réactions également à l'international. Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunie depuis lundi à Vienne, a demandé des informations à la France concernant l'accident, ''conformément à la procédure classique''.
 La Commission européenne a indiqué de son côté qu'elle suivra de près la situation en collaboration avec les autorités nationales.

Le centre de traitement de déchets faiblement radioactifs Centraco

Centraco traite des déchets nucléaires faiblement radioactifs en provenance des installations nucléaires d'EDF et d'Areva. Installée depuis les années 90 sur le site de Marcoule, elle emploie environ 250 personnes. Les déchets radioactifs solides ou liquides y sont incinérés. Les matériaux radioactifs métalliques y sont fondus dans un four de type sidérurgique.

C'est dans ce four que serait survenue l'explosion. Il contenait quatre tonnes de métaux dont la radioactivité était de 67.000 becquerels, selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Incidents : une attention particulière de l'ASN depuis 2008

Le site faisait l'objet d'une surveillance accrue depuis 2008. ''Devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté au sein de l'installation Centraco, l'ASN a été amenée en 2008 à demander des engagements forts à l'exploitant. L'ASN a constaté, de par ses inspections et l'analyse d'une succession d'évènements au sein de l'installation, une insuffisance du contrôle des activités d'exploitation et de coordination, une connaissance insuffisante du référentiel de sûreté par les agents d'exploitation et un manque de culture de sûreté au sein de l'installation'', indiquait l'ASN dans son rapport sur la sûreté nucléaire 2008. Onze incidents dont un de niveau 1 ont été constatés en 2008. Ainsi, il avait été demandé à l'exploitant de mettre en place un ''plan d'actions d'envergure''.

''Lors d'une nouvelle réunion entre l'ASN et le directeur général de Centraco qui s'est tenue en fin d'année 2010, l'ASN a noté une réelle appropriation par l'exploitant de son plan d'action d'amélioration de la sûreté et un engagement au niveau de la direction pour le mettre en œuvre'', notait l'agence dans son rapport 2010.

Réactions4 réactions à cet article

 

Je trouve l'expression "plus de peur que de mal" particulièrement mal venu alors que cet accident a causé une mort.

Romain | 14 septembre 2011 à 15h35
 
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Et je suis bien d'accord... Ça montre bien qu'elle pense plus à "l'image" de la filière nucléaire qu'aux êtres humains qui y laissent régulièrement la peau.

Hannah | 15 septembre 2011 à 10h02
 
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Moi j'ai du mal à comprendre comment un four contenant des déchets radioactifs (même faiblement) peut exploser sans risque de fuites.
A moins que ce four ne soit dans un confinement particulier mais dans ce cas, cela voudrait dire que les personnes touchées étaient également dans le confinement...

Transparence ?

Et 11 incidents en 2008, la filière nucléaire française est-elle aussi sûre qu'on voudrait nous le faire croire ?

Tombour | 15 septembre 2011 à 10h12
 
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Effectivement, c'est un accident industriel qui ne s'est pas traduit par une "catastophe nucléaire" mais qui au bout du compte à couté la vie à une personne qui n'était pas là pour la perdre "" SA VIE "" mais pour "" LA GAGNER "" .
Pour moi, Cette vie perdue au travail démontre que la Sté Centraco n'a pas fait son travail en matière de sécurité (process, formation, etc..)et je doute qu'elle ne le fasse en matière nucléaire.
La vie d' un être humain n'a pas de PRIX .

michel07 | 19 septembre 2011 à 23h28
 
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