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Les exportations de bois français vers la Chine avivent les tensions

Les exportations de bois brut français vers la Chine sont en pleine croissance. Un communiqué de l'association Robin des Bois pointe la responsabilité de l'ONF qui apporte un démenti catégorique.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Les professionnels du bois alertent les pouvoirs publics depuis plusieurs mois maintenant sur les conséquences économiques et sociales des exportations massives de bois brut français vers l'Asie. "C'est un million de mètres cubes de grumes financées par le Fonds forestier national qui ont été expédiées en 2013 vers la Chine (…) Alors même que les scieurs et industriels français manquent de matière", alertait la Fédération nationale du bois (FNB) en juillet dernier.

"450.000 emplois menacés"

"Une grume procure à la filière bois française 15 euros de valeur ajoutée en comparaison à une poutre en lamellée collée française qui en génère 600. Un manque à gagner qui menace les 450.000 emplois directs et indirects que compose la filière bois", précise l'organisation professionnelle, qui a organisé le 7 octobre une journée d'action devant l'Assemblée nationale.

Un combat partagé par l'association Robin des Bois qui, dans un communiqué publié ce 25 novembre et intitulé "A la Sainte-Catherine, tout bois part en Chine", dénonce "le pillage des hêtres, des chênes, des frênes par les acheteurs chinois".

"La Chine encadre très sévèrement la coupe du bois sur son territoire pour des raisons environnementales et de sécurité", explique Jacky Bonnemains. Elle importe massivement des bois bruts qu'elle ne taxe qu'à 8%, ajoute le président de Robin des bois, tandis qu'elle se protège de l'importation des produits transformés en taxant les meubles à 100%. Résultats ? Elle inonde en retour le marché français de produits transformés sur son sol. Vendu 100 €/m3 aux démarcheurs chinois, le chêne français revient "là où il a mis un siècle au moins à pousser" sous forme de lattes de parquet, de meubles ou de couvercles de WC à un prix pouvant atteindre 2.000 €/m3, s'indigne M. Bonnemains.

Comme les professionnels du bois, l'ONG dénonce les conséquences économiques désastreuses de ces exportations. "Les scieries et leurs emplois tombent les unes après les autres comme les feuilles mortes en automne", déplore l'association. Mais elle met également en avant les conséquences environnementales. "Les coupes à blanc se multiplient en France et les arbres remarquables s'effacent peu à peu du paysage", dénonce l'ONG. L'exploitation "intensive et précipitée" des bois, qu'elle explique également par la production des granulés de bois pour le chauffage, provoque "une paupérisation biologique", affirme l'association.

"Office chinois des forêts"

Existe-t-il des solutions pour résoudre cette crise ? Dans une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture, la FNB réclamait une meilleure application de la réglementation phytosanitaire, l'interdiction du traitement des grumes en forêt et le respect du cahier des charges PEFC, qui permettraient selon la fédération de mieux réguler les exportations. Elle réclamait également "l'instauration d'une politique de quotas en France et en Europe, par pays et par essence".

Plus radicale, Robin des Bois préconise l'interdiction de l'exportation des bois bruts sans transformation, à l'exemple des décisions prises par certains pays africains. Mais l'ONG met également en cause l'Office national des forêts (ONF) rebaptisé "Office chinois des forêts". Une mise en cause peu appréciée par la direction de l'établissement public qui, en pleine crise et sous la pression de la Cour des comptes, tente actuellement de rééquilibrer son budget par un accroissement de ses recettes.

"Nous commercialisons nos bois de deux façons : soit au travers de contrats à destination de transformateurs nationaux ou frontaliers, soit lors de ventes publiques, se défend Pascal Viné, directeur général de l'ONF. Nous n'exportons aucun bois vers la Chine". Alimenter la filière bois fait partie des missions que l'Etat a confiées à l'ONF. C'est l'un des piliers de la gestion durable des forêts publiques, précise l'établissement dans un communiqué.

Reste que la crise de la filière française de la transformation du bois ne semble toujours pas résolue.

Réactions12 réactions à cet article

 

Gag! Car l'ONF est devenu un organisme commercial en raison des difficultés financières de sa tutelle...

SPITOU | 26 novembre 2014 à 10h47
 
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Récemment j'ai vu dans une grande chaine de magasins de bricolages des lattes de parquet vendues a trés bas prix qui provenaient de CHINE et qui étaient garanties faites avec du BOIS FRANCAIS!!!!
C'est choquant et scandaleux! A tout les points de vues: économiques, écologique, développement durable. (Dire qu'il y a des français qui en auront acheté! Je suis tenté d'écrire que c'est "scier la branche sur laquelle on est assis")
La responsabilité des IMPORTATEURS est clairement engagée: proposer à la vente des produits en sachant PERTINEMMENT qu'ils détruisent des emplois chez nous est scandaleux. L'écart de prix doit rester tel que le consommateur puisse encore raisonnablement opter pour un produit fait chez nous. Ce qui n'est pas le cas. Ensuite on s'étonne de voir disparaitre des EMPLOIS PRODUCTIFS...

ami9327 | 26 novembre 2014 à 11h00
 
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Taxe carbone, un produit qui a parcouru des milliers de kilomètres ne peut pas être moins cher que le même qui est produit localement

lio | 26 novembre 2014 à 11h33
 
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L’ONF n’exporte pas en Chine, soit. Mais ses acheteurs ? y compris des adhérents de la FNB ?
Une enquête statistique sur les certificats sanitaires devrait permettre d’identifier les flux de nos forêts vers la Chine et les types d’opérateurs impliqués. Chiche ?

Mais au fond, ces exportations de bois français, est-ce si grave docteur ?
Freiner les exportations aurait-il un effet sur la compétitivité de nos industriels et sur l’emploi ? J’en doute. A priori, les contrats conclus avec l’ONF devraient déjà leur garantir une base d’approvisionnement suffisante. Leurs difficultés sont ailleurs.
Freiner les exportations aurait-il un effet sur nos importations de produits en bois ? J’en doute encore plus . Autant que ce bois - transporté de toute manière sur de longues distances - vienne de forêts gérées correctement comme c’est en gros le cas en France. Exploiter ce bois y génère un peu de revenus et d’emploi. Pourquoi s’en priver ? Le laisser vieillir puis dépérir serait peut être bon pour la biodiversité, mais pas pour la filière forêt-bois.

tigrou | 26 novembre 2014 à 19h31
 
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Dans le Tarn, c'est même les épicéas et les Douglas qui partent par containers entiers, chargement payé rubis sur l'ongle aux pme du coin. Les porte-containers sont prêts à tout pour ne pas repartir à vide. Et les petits scieurs ferment les uns après les autres. Mais Bercy est content, ça équilibre (un tout petit peu) la balance commerciale déficitaire. Ça finira quand même par faire mal...

pielbri | 27 novembre 2014 à 08h47
 
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Monsieur Viné assure qu'aucun bois français ne part vers la Chine... Je tiens à sa disposition des photos et des vidéos de chargement de conteneurs marqués "China Shipping" pris en forêt de Saint-Gobain (02), et je peux aussi lui trouver au bas mot une cinquantaine de témoins... Mentirait-on à l'ONF? En tous cas, c'est une catastrophe écologique que nous prépare l'Office.
ONF : Office Nuisible à la Forêt

william | 27 novembre 2014 à 09h17
 
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Qu'il est facile de taper sur l'ONF et de crier à la catastrophe écologique (ça, les discours aussi enflammés qu'incohérents, les ONGe savent les faire et les vendre, on ne peut pas le nier)... Tout comme il est facile pour la FNB de rendre les propriétaires, publics ou privés responsables de la situation. Tout ça, c'est de l'agitation et de la stratégie du bouc émissaire.
Il manque une analyse objective de la situation. Par exemple, cette flambée d'exportation depuis deux ans ne concerne que les chênes. Pour les autres essences (notamment résineuses mais aussi le hêtre), les volumes grume exportés s'effondrent. Est-ce aussi à mettre en relation avec la diminution tout à fait spectaculaire des capacités de sciage en feuillus en France depuis 30 ans ?
Malheureusement la solution ne semble pas être une simpliste interdiction des exportations de bois non transformés. Il y a un problème de fond sur la politique forestière dans ce pays et ce n'est pas récent. Mais tant que la filière bois ressemblera à Clochemerle et que le Ministère arbitrera systématiquement les questions budgétaires et politiques en faveur de l'agriculture et ne consacrera que des micromiettes et du marketing à la forêt, on aura du mal à inverser les tendances (si tant est que quelqu'un souhaite réellement les inverser...).
PS: pour ceux qui ont manifestement raté les épisodes précédents, l'ONF est un établissement public à caractère industriel et commercial depuis sa création en 1966.

capitaine.margaret | 27 novembre 2014 à 10h57
 
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Bravo à Jacky Bonnemains, le seul à mener des luttes concrètes et utiles parmi la foule d'escrologistes (copyright Laurent Berthod, salut à lui, que je respecte même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, loin de là) hyper actifs des conférences et grenelles de tout poils.
Je vous rassure: je ne suis pas toujours d'accord avec M. Bonnemains.

Albatros | 27 novembre 2014 à 16h03
 
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Aux USA il est interdit d'exporter des matières premières. Soit des matières brut.
Pour être exporté un produit doit être transformé au moins une fois. La chine suis cette politique via des taxes à l'importation/exportation.

CQFD.

Terra | 27 novembre 2014 à 19h59
 
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Heureusement qu'y ya la réserve betise inegalable RBI qui va sauver la foret on dit que même les frenes y vont crever Hélas ESCROLOGIE peut choquer les âmes sensibles mais ils nous ont mis ici le pays en voie de dépopulation du moins la perte des indigenes eux y sont pleins de pognon pour s'offrirdes hameaux entier .Ils protegent les crapauds les libellules et surtout leur fond de commerce c'est le LOUP
QUI C4EST QUI POMPE DU FRIC SUR NOS EXPORTATIONS DE BOIS DESASTREUSES VERS LES PAYS ASIATIQUES ???Pourquoi n'avons nous pas une industrie de transformation du bois a la hauteur ? Une derniere question la dette de l 'ONF devient monstrueuse si c'était une société non portée par la dette publique ILS SERAIENT EN FAILLITE ils restent pourtant des gens compétents travailleurs dévoués à la forêt hélas chez eux quelques touristes en 4x 4gachent cette image.Il faut bien constater que les communes incapables de gérer l'eau potables risquent de ne pas mieux faire si elles gèrent elles même les forets . La vente des bois domaniaux ou communaux c'est le moyen age !!Les ZEKOLOS y défendent mieux l' amazonie que la France qui les nourrit hélas très bien c'est plus gratifiant non ?

LEMPLATRE DES MONTAGNES | 28 novembre 2014 à 06h19
 
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l'ONF vend du bois à des acheteurs français. Ce sont ceux-ci qui revendent ce bois (en partie souvent) à la chine. Il ne faut pas se tromper de cible : l'ONF est sous tutelle de l'Etat. Soit celui-ci demande à l'ONF d'équilibrer ses comptes sans aides de l'Etat, soit il demande à l'ONF de livrer du bois gratuitement dans les scieries française (mais je doute que Bruxelles et les contribuables soient d'accord). On est dans un système capitaliste, donc tout le monde peut acheter du bois en France et l'ONF doit vendre au plus offrant. Sinon, il faut changer le sytème, mais on ne peut pas demander à une entreprise (l'ONF) d'assumer seule la schizophrénie ambiante.

cricri | 30 novembre 2014 à 19h03
 
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Maintenant on y est! Une usine de fabrication de parquets stratifiés avec 180 employés fermera ses portes plongeant la petit ville dans la recession!
N'est-ce pas MALHEUREUX que les commerçants et importateurs provoquent systématiquement la DESTRUCTION des EMPLOIS chez nous, dans l'indifférence des pouvoirs publics? Tous les emplois que nous avons perdu dans l'industrie l'ont été par ce mécanisme redoutable.

ami9327 | 09 décembre 2014 à 17h07
 
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