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Eco-produits : la balance commerciale française maintient un excédent précaire

Avec un excédent de 391 millions d'euros en 2011, la balance commerciale française des éco-produits se maintient dans le vert. Un résultat fragile qui dépend en grande partie des cours des matières recyclables, principales exportations françaises.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Mardi 9 octobre 2012, le département des statistiques de la douane française a publié une étude faisant état d'une reprise des échanges de produits verts entre la France et ses partenaires commerciaux. Les échanges d'éco-produits, qu'il s'agisse de produits dédiés à la protection de l'environnement ou à la gestion des ressources, ont été "en forte augmentation entre 2003 et 2008", avant de "[subir] le contrecoup de la récession mondiale de 2009", rappelle les services douaniers, ajoutant qu'ils "regagnent en 2010 le terrain perdu".

Intitulée Reprise fragile des échanges d'éco-produits, la note met à jour une première étude présentée en mars 2010.

2010, année charnière ?

Si 2010 marque globalement un retour à la normale, confirmé par la progression enregistrée en 2011 (+11% à l'exportation, +14% à l'importation), les données détaillées sont plus nuancées. En effet, "[la] hausse moyenne [de 2011] masque un retournement de tendance à la baisse à partir du deuxième trimestre 2011", notent les services du ministère de l'Economie, précisant qu'"à l'exportation, le recul, modéré, touche principalement les produits liés à la récupération [alors que] le repli est plus marqué à l'importation et concerne les achats de cellules photovoltaïques".

   
Evolution des échanges et des soldes d'éco-produits (en milliards d'euros) © Douanes
 
   

Bilan, la balance commerciale française des éco-produits génère un solde positif de 391 millions d'euros en 2011, alors qu'en 2009 elle menaçait de devenir déficitaire. Néanmoins, cet excédent est loin d'atteindre le sommet de 2006, date à laquelle il était chiffré à 2,1 milliards d'euros après avoir doublé en 3 ans. "En effet, l'amélioration du surplus de la récupération [de matières recyclables] ne compensant pas les déficits croissants des énergies renouvelables", explique l'étude, pointant les deux principaux postes des échanges commerciaux français dans le domaine des éco-produits.

"En 2011, la France rétrograde au quatrième rang des exportateurs européens d'éco-produits (8% des ventes d'éco-produits de l'UE), loin derrière l'Allemagne (27%), mais proche des Pays-Bas (13%) et du Royaume-Uni (10%)", souligne la note ajoutant qu'"elle est le cinquième importateur européen (9%) après l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Belgique".

Exportations de matières recyclables

Concernant les exportations françaises, les services des douanes indiquent que "la France tire ses principaux points forts de la récupération [des matières recyclables] et du traitement des déchets (59% des exportations d'éco-produits), ainsi que de l'assainissement et du traitement de l'eau (26%), où elle compte plusieurs leaders mondiaux".

Une spécialisation dans l'exportation de matières recyclables et des technologies de traitement et de gestion de l'eau qui "s'avère favorable, comme l'indique la vive croissance des exportations dans ces deux domaines", estime l'étude. Les données présentées illustrent en particulier la place prise par l'exportation des matières issues de la récupération qui passent de 41% du total en 2000 à 57%. Si le poste traitement et gestion de l'eau reste important, il baisse en proportion sur la même période, passant de 34% à 26%.

Cependant, cette dépendance des exportations françaises aux matières recyclables explique aussi en grande partie la précarité de la situation, comme le rappelle la douane française. Après "la parenthèse de 2009", la reprise à partir de 2010 des exportations de matières issues de la récupération est "en lien avec la forte hausse du cours des matières premières industrielles", en particulier pour les métaux ferreux et le cuivre. A contrario, une baisse des cours fragiliserait la situation.

Faiblesse des EnR françaises

Sans grande surprise, la note pointe le déclin et la faiblesse des exportations des produits liés aux énergies renouvelables qui représentent 11% du total en 2011.

Premier constat, la France est en retard par rapport à ses voisins européens. "A l'exportation, l'Espagne et les Pays-Bas sont spécialisés dans les énergies renouvelables, qui comptent pour la moitié de leurs ventes (principalement photovoltaïque et éolien pour le premier et photovoltaïque pour le second)", pointe l'étude. Par ailleurs, en volume l'Allemagne est le premier exportateur européen dans le secteur des énergies renouvelables et la note souligne qu'elle présente un profil d'exportation équilibré entre la récupération (37% des ses exportations d'éco-produits), le traitement de l'eau (25%) et les énergies renouvelables (25%).

Second problème soulevé, les exportations du secteur des énergies renouvelables déclinent. "Si les exportations d'énergies renouvelables sont dynamiques jusqu'en 2009, grâce aux ventes de biocarburants et de cellules photovoltaïques, elles stagnent en 2010 et s'orientent à la baisse en 2011", déplorent les services douaniers, rappelant "[le] contexte de forte concurrence chinoise et de surcapacité mondiale de production".

2011, coup d'arrêt des importations EnR

La perte de vitesse des producteurs français de photovoltaïque s'est accompagnée d'une hausse conjointe des importations. "Depuis dix ans, les importations d'énergies renouvelables enregistrent les hausses les plus significatives (+29 % en moyenne par an)", indique la note, ajoutant qu'"elles représentent ainsi 41% des achats d'éco-produits en 2011, soit le premier poste à l'importation". Des importations "stimulées [depuis 2007] par un dispositif national d'incitations financières à l'installation de panneaux solaires".

Cependant, les services douaniers indiquent qu'"à compter de fin 2010, la modification du dispositif de soutien à la filière photovoltaïque (baisse des tarifs d'achat de l'énergie solaire, diminution des crédits d'impôt), conduit à partir du deuxième semestre 2011 à un recul des achats". Ce recul vaut aussi bien pour les importations depuis la Chine (qui représentent 34% des cellules importées) que pour celles provenant d'Allemagne (22% des importations). Cette baisse qui concerne les volumes importés depuis ces deux pays est accentuée par "une baisse tendancielle des prix (de l'ordre de -15 % en moyenne par an depuis 2003), suscitée par le contexte fortement concurrentiel".

Réactions3 réactions à cet article

 

Est ce une bonne nouvelle que les matériaux recyclables contribuent à l'amélioration de la balance des paiements? J'en doute... est ce que ça ne signifierait pas plutôt que nous n'avons plus les industries pour les recycler???

Valoufore | 11 octobre 2012 à 15h30
 
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me-suis également posé la question. Alors que paraît-il nous devenons les champions de l'utilisation des I-pad/phone, donc consommateurs effrénés avec renouvellement forcé, comment se fait-il que nous n'investissons pas dans le recyclage alors que tout ce qui concerne les EnR et autres sont importées . Je sais que beaucoup de procédés sont énergétivores mais pourquoi pas investir dans la matière grise pour recycler alors que des pays ont investi dans le stockage des terres rares par exemple et que les pays classés émergents il y a moins d'une décennie eux recyclaient pour être maintenant producteurs

ubu22 | 11 octobre 2012 à 17h52
 
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Championne des exportations de déchets, voilà ce que l'UE est devenue, avec cette magnifique définition technocratique "éco-produits". Doit-on en être fiers?
Pourquoi ne pas compter dans cette balance tout ce qui a été fabriqué en Chine ou ailleurs avec ces matières premières secondaires (autre magnifique définition) et réimporté en UE du fait qu'on n'est même plus fichus de fabriquer quoi que ce soit en UE, même avec nos propres déchets?

Albatros | 12 octobre 2012 à 11h53
 
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