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Les souris mâles, exposées au phtalate DEHP, font moins la cour aux femelles

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Les biologistes de l'Unité Neurosciences à l'Institut de Biologie Paris Seine (CNRS/UPMC/Inserm) démontrent dans une étude que l'exposition chronique de souris mâles adultes, à de faibles doses de di(2-éthylhexyle) phtalate (DEHP), perturbe leur "communication sexuelle" avec les souris femelles et leur "font moins la cour". Leur étude, financée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), a été publiée le 1er septembre dans Environmental Health Perspectives.

Le DEHP, utilisé comme plastifiant notamment dans les bouteilles en plastique, fait partie des phtalates reconnus en février dernier comme perturbateurs endocriniens pour l'homme, au titre du règlement européen Reach.

Les souris mâles adultes, exposées chroniquement par voie orale au DEHP, "émettent moins de vocalisations ultrasonores à destination des femelles sexuellement réceptives, et sont donc jugés moins attractifs par ces dernières", expliquent les chercheurs. "Cette altération de la phase précopulatoire du comportement sexuel retarde l'initiation de l'accouplement".

Les biologistes ont mené leur étude en collaboration avec les chercheurs du laboratoire Physiologie de la reproduction et des comportements (Inra/CNRS/Université François Rabelais de Tours/Institut français du cheval et de l'équitation). Ils concluent que l'exposition au DEHP exerce un effet anti-androgénique au sein du circuit cérébral responsable du comportement sexuel. "Ce travail montre, pour la première fois, le rôle critique du récepteur des androgènes neural dans l'émission des vocalisations de cour" à l'exposition au DEHP qui "pourrait être préjudiciable pour la communication sexuelle et l'accouplement chez plusieurs espèces".

Des études expérimentales ont déjà décrit des effets des expositions prénatale et postnatale à cette molécule sur le développement et le fonctionnement de l'appareil reproducteur mâle chez les rongeurs. Des études épidémiologiques "ont également rapporté une association entre les niveaux de métabolites du DEHP et la réduction de la distance ano-génitale chez les garçons", rappellent les chercheurs.

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