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Ferme urbaine : lorsque l'agriculture en ville crée du lien social

Produire des fruits et légumes en plein cœur de ville, c'est la base du concept des fermes urbaines. Elles se développent partout en France. Certaines ont un but commercial, d'autres une vocation sociale, comme c'est le cas du Tipi à Avignon. Reportage.

Reportage vidéo  |  Agroécologie  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

« Le Tipi » est une ferme urbaine qui vient tout juste de sortir de terre à Avignon dans un quartier prioritaire. 5 000 mètres carrés attribués par la mairie alors qu'il y avait auparavant un collège et un parking. Autant dire que le sol n'était pas vraiment propice pour un projet agricole. Mais les porteurs du projet de l'association « Les Jeunes pousses » ont bien des ressources. Paul-Arthur Klein et Inès Revuelta, cofondateurs de l'association, ont suivi la même formation, un master en Environnement. Après quoi, l'un est parti chercher de l'expérience dans une association d'agriculture urbaine à Paris et l'autre dans une fédération d'agriculteurs bio. Ils se retrouvent à Avignon et créent une association pour introduire de l'agriculture en ville. Ils commencent par une champignonnière dans une cave en plein centre-ville. Une technique hors-sol dans des sacs suspendus avec un mélange de paille et de marc de café. C'était un avant-goût d'un projet plus important, celui de créer une micro-ferme.

Un projet, lauréat du Prix Jeunes pour l'Environnement, organisé par Entreprises pour l'Environnement (EpE), en partenariat avec LCI et Actu-Environnement, qui a pu prendre forme lorsque les habitants d'Avignon ont validé l'idée d'une ferme urbaine dans le cadre du budget participatif de la ville en 2019. Ce projet de l'association s'intégrait parfaitement dans les intentions de la collectivité. Elle avait en effet répondu à un appel à projet de l'Agence national pour la rénovation urbaine (ANRU) baptisé « Les quartiers fertiles », visant à favoriser la végétalisation dans les quartiers prioritaires, avec des projets portés par les habitants, comme les jardins en pied d'immeuble. « Du coup, notre projet devient central, on va pouvoir accompagner ce mouvement-là dans tout le quartier puisqu'on est en lien direct avec les gens, et il y a plein de compétences de jardinage à transférer et acquérir », explique Inès Revuelta.

En attendant que cette micro-ferme accompagne ou donne naissance à d'autres projets, celle-ci à un but pédagogique. Elle propose d'initier aux pratiques agricoles basées sur la permaculture. Voir le reportage. Des techniques qui permettent notamment de produire sur des sols très pauvres comme c'était le cas ici. Tous les publics sont attendus, habitants, écoles, entreprises…

Il ne s'agit pas ici d'une ferme urbaine dans le but de produire une quantité suffisamment importante pour nourrir tout le quartier et ainsi rentabiliser l'exploitation. Il s'agit avant tout de créer du lien social, construire un lieu qui soit accueillant pour le plus grand nombre. Imaginer des projets collectifs autour du potager mais pas seulement : il y aussi un café associatif, un atelier céramique et une scène pour organiser des évènements culturels…

Mais tout ça a un coût, comme l'explique Paul-Arthur Klein dans le reportage vidéo. Un coût d'investissement et de fonctionnement pris en charge en grande partie par la ville d'Avignon puis le Grand Avignon, l'Ademe et des partenaires privés comme les fondations de Nicolas Hulot, de Nature et Découverte ou encore la Fondation de France. Mais pour pérenniser d'avantage le modèle économique, les weekends seront rythmés par des évènements culturels et festifs, la restauration et la buvette permettront d'alimenter les caisses. Aussi, un certain nombre d'ateliers seront proposés notamment aux entreprises, des activités de team building orientées sur le jardinage ou encore l'écoconstruction ou la réduction des déchets. En vitesse de croisière, l'association espère créer 4 à 5 emplois…

Réactions2 réactions à cet article

 

Retour à la Terre qui sera salvateur pour les citadins !

laurent | 22 septembre 2020 à 09h18
 
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Intéressant, notamment en milieu urbain (je ne connaissais pas le concept paille + drèche). La question qui se pose est l'usage qui en sera fait sur le long terme. La tendance actuelle est à la consommation de tout, y compris de concepts. Au bout de 2-3 ans, le concept consommé est jugé désuet et donc abandonné. Le budget alloué ici me semble important, ce qui le rend fragile aux recherches d'économies (un maire évite de faire payer des impôts à ses contribuables, sinon, on ne re-vote pas pour lui). Ce genre de jardin urbain est aussi , par nature, fragile par rapport à l'urbanisation. Là aussi, au nom de la densification, il peut voler en éclat face à un projet immobilier (dans lequel on s'empressera d'inclure quelques logements sociaux pour faire passer la pilule). Aussi, il sera intéressant de voir dans 5-10 ans où en sont ces projets.

nimb | 23 septembre 2020 à 06h47
 
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