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La fermeture de Fessenheim se précise

Sans donner de date précise, le gouvernement confirme que la centrale de Fessenheim fermera d'ici 2022 et a détaillé le plan de reconversion économique du territoire. Une station de transfert d'énergie par pompage est annoncée au volet énergie de ce plan.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Le secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Sébastien Lecornu, a présenté, jeudi 4 octobre, le plan de reconversion économique du territoire de Fessenheim (Haut-Rhin). Ce plan doit permettre de revitaliser l'économie du bassin d'emplois, après la fermeture de la centrale nucléaire. Celle-ci fermera "durant ce mandat, d'ici 2022", a annoncé le matin-même François de Rugy, au micro de franceinfo. Le ministre d'Etat à la transition écologique et solidaire a par ailleurs précisé que la fermeture de Fessenheim ne serait plus conditionnée au démarrage de l'EPR de Flamanville, comme le gouvernement le prévoyait jusque-là : "Aujourd'hui, on est obligés de ne pas faire les deux opérations en même temps, car nous n'avons pas de date. EDF n'est pas capable de donner une date [sur l'ouverture de Flamanville] et l'ASN [Autorité de sûreté nucléaire] non plus". Il a refusé de donner une date précise. Cependant, le dossier de presse distribué à l'issue du troisième comité de pilotage pour l'avenir du territoire de Fessenheim situe la fermeture de la centrale entre fin 2018 et fin 2019, de même que la mise en service de l'EPR de Flamanville…

Une SEM franco-allemande portera le projet de territoire

Le plan de reconversion de Fessenheim, élaboré en concertation avec les collectivités locales (commune, communauté des communes, département, région), des représentants d'EDF et des acteurs économiques, devrait être signé début 2019.  Selon l'Institut national de la statistique (Insee) Alsace, près de 2.000 emplois directs, indirects ou induits dépendent de la centrale nucléaire.

"L'Etat va maintenir les ressources fiscales liées à la production nucléaire pour la commune de Fessenheim et la communauté des communes au-delà de la fermeture. Un soutien de 30 millions d'euros sur dix ans garantira la capacité d'investissement dans le projet de territoire", a annoncé Sébastien Lecornu, à l'issue du comité de pilotage. Plus précisément, les ressources fiscales seront maintenues au moins jusqu'en 2023 et, après cette date, le dispositif de compensation sera dégressif jusqu'à s'éteindre au bout de dix ans.

Une société d'économie mixte (SEM) franco-allemande sera créée en janvier 2019 pour porter le projet de territoire, "avec un pacte d'actionnaires rassemblant tous les acteurs du projet : Etat, collectivités locales, EDF, Caisse de dépôts et des représentants allemands". Un fonds d'amorçage de 10 millions d'euros sera débloqué dès l'année prochaine pour accompagner les acteurs économiques.

Une zone d'activités de 30 hectares sera créée dès 2020. Une prime allant jusqu'à 15.000 € sera versée par l'Etat pour chaque emploi créé. Les 330 salariés des entreprises sous-traitantes feront l'objet d'un accompagnement particulier de reclassement. De son côté, EDF devrait créer un centre de démantèlement, représentant 100 millions d'investissements et 200 emplois.

Une concession hydroélectrique relancée

Sur le plan énergétique, le gouvernement annonce la relance de la concession hydroélectrique Lac Noir-Lac Blanc pour installer une station de transfert d'énergie par pompage (Step). "Cela passe par une dénonciation du contrat EDF, avec dédommagement des collectivités locales et la relance d'un appel à projet", précise le dossier de presse.

Les élus souhaitent par ailleurs faire de ce territoire un "démonstrateur de l'innovation en lien avec la transition énergétique", notamment dans les smartgrids. "Un label sera créé pour valoriser les projets de transition énergétique spécifiques à ce territoire, ce qui permettra de les identifier et tracer dans le cadre des appels à projets nationaux", indique le ministère. Ces projets seront prioritaires pour obtenir les financements du troisième programme des investissements d'avenir (PIA3).

Le gouvernement avait déjà annoncé le lancement d'un appel d'offres spécifique pour développer 300 MW de photovoltaïque dans le département du Haut-Rhin. "Cet appel d'offres a été notifié à la Commission européenne et des échanges sont en cours en vue d'un lancement effectif d'ici la fin 2018 (…). A travers cet appel d'offres, le gouvernement investit près 240 millions d'eurosen garantissant le prix d'achat de l'électricité produite".

Réactions6 réactions à cet article

 

Il y a "longtemps" que cette première centrale aurait dû fermer.
Et ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de grave accident que ce n'est pas vrai.

Son sous-sol n'est pas fiable déjà.

Sagecol | 05 octobre 2018 à 11h08
 
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"EDF n'est pas capable de donner une date [sur l'ouverture de Flamanville] " : s'il n'y avait que sur la question de la date d'ouverture qu'il y avait incapacité ! Et les pro nucléaires veulent encore nous faire croire que le nucléaire est toujours une technologie d'avenir, notamment en demandant d'en lancer 6 autres ? Il est urgent qu'ils sortent de leurs tour d'ivoire et reprennent contact avec la réalité du XXIème siècle.
Concernant la fermeture de Fessenheim, en admettant qu'elle ait lieu en l'an de grâce 2022, l'Etat (donc le contribuable français pour qui ne suivrait pas le feuilleton du miracle nucléaire) en prend pour combien de millénaires de financement de la déconstruction du site puis de l'extinction des diverses matières irradiées ?

Pégase | 05 octobre 2018 à 13h46
 
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100 millions, 10 millions, 30 millions...
Bref

Ces coûts, liés au démantèlement, comme ceux de la R&D publique en amont (surtout à la fin du siècle dernier), ne seront certainement pas intégrés dans le coût de l'électricité nucléaire. Comme quoi c'est assez facile d'avoir l'électricité la moins chère du monde :-P

Tombour | 09 octobre 2018 à 11h52
 
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L'arrêt de Fessenheim est un message extrêmement néfaste : il signifie qu'on fait dépendre la politique énergétique du pays des exigences de groupes dogmatiques (tout sauf le nucléaire, y compris le gaz) et de l'étranger (syndrome NIMBY, une grosse part de la production de Fessenheim part en Allemagne les jours sans vent), avant même de se poser la question des usages de cette électricité : aberration économique s'il en est. Et à l'heure où le GIEC sort (enfin ! que de temps perdu...) un rapport extrêmement alarmant sur le changement climatique, annoncer que d'abord et avant tout il faut arrêter les machines qui ont le meilleur bilan carbone (en Allemagne, la production éolienne est complétée de plus d'un facteur 2 par le charbon-lignite-gaz) et garantissent un réseau stable est un total non-sens.

dmg | 09 octobre 2018 à 12h47
 
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Merci DMG pour cette analyse.
C'est vrai qu'il est tellement plus rassurant que la politique énergétique du pays dépende de groupes industriels et financiers tels qu'AREVA, EDF et historiquement Schneider (merci VGE également).
Et merci surtout de ne pas vous servir du GIEC pour promouvoir le nucléaire. L'urgence climatique n'enlève rien aux problèmes et aux urgences associées au nucléaire. Utilisons nos centrales oui, les prolonger sans certitude sur l'impact sécurité ou en développer sans avoir résolu le problème du traitement des déchets (depuis la mise en service du 1er réacteur, on compte sur la prochaine génération pour résoudre le problème mais les générations se suivent et les déchets s'entassent), non merci !

Sobriété, efficacité, ENR, ça vous parle (le N ce n'est pas nucléaire :-D ??) ?

Tombour | 09 octobre 2018 à 14h47
 
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Sortir du nucléaire, oui mais nous devons le faire en bon ordre, étant donnée la problématique des matières radioactives. Il me semble qu'il faut orienter les investissements vers le devenir de ces matières à très long terme. Et ne pas exclure une avancée technologique qui permettrait de recycler proprement certaines des matières stockées.
Ce sujet très difficile ne se résoudra pas en accusant les fonctionnaires qui ont fait ce "choix" il y a quelques décennies, même si on peut considérer maintenant qu'il fut néfaste.
Fermons donc, mais dans la sécurité et la sérénité, et sans exclure une issue positive à (très) long terme.

Albatros | 09 octobre 2018 à 20h16
 
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