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Fermeture des centrales à charbon : quel avenir pour ces sites de production ?

Emmanuel Macron a confirmé la fermeture, d'ici la fin du quinquennat, des cinq unités de production d'électricité à partir de charbon. Une mission interministérielle est chargée de préparer cette échéance. Fermeture totale ou reconversion ?

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Fermeture des centrales à charbon : quel avenir pour ces sites de production ?

"D'ici à la fin du quinquennat, j'aurai fermé toutes les centrales à charbon", a déclaré le Président de la République dimanche soir lors de son entretien sur France 2. Il confirme ainsi l'annonce de son ministre d'Etat Nicolas Hulot de fermer toutes les centrales de production d'électricité à base de charbon d'ici 2022. Et, par la même occasion, le choix de repousser la baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% d'ici 2025.

 
[Les centrales à charbon françaises ont fait l'objet] de travaux d'adaptation leur permettant de respecter les limites d'émission en vigueur depuis le 1er janvier 2016.  
RTE
 
Le lancement, il y a quelques semaines, d'une mission interministérielle pour préparer la fermeture de ces sites de production d'électricité souligne la volonté du gouvernement. Ces sites devraient faire l'objet de contrats de transition écologique, dont les premiers ont été annoncés pour 2018.

Cinq unités concernées

Le précédent gouvernement avait déjà acté l'objectif de "se préparer à un arrêt de la production d'électricité à partir de charbon à l'horizon de la [programmation pluriannuelle de l'énergie] PPE (2023)". Il s'agit donc d'une accélération du calendrier plutôt que d'une révolution. Cependant, la PPE laissait une porte ouverte au charbon en indiquant qu'"aucune nouvelle installation de production d'électricité à partir de charbon non équipée de système de captage, stockage ou valorisation du dioxyde de carbone (CO2) ne sera autorisée en métropole continentale". Il n'en serait plus question aujourd'hui.

Mais quel avenir pour le parc actuel ? Celui-ci a été considérablement réduit ces dernières années avec la fermeture, entre 2013 et 2015, des unités de 250 MW mises en service dans les années 70 et ne répondant pas aux normes d'émissions européennes entrées en vigueur. Désormais, le parc de centrales à charbon compte cinq unités de 600 MW, réparties sur quatre sites (Le Havre, Cordemais, Saint Avold-Carling, Gardanne), pour une capacité de production de 3 GW. Celles-ci ont fait l'objet "de travaux d'adaptation leur permettant de respecter les limites d'émission en vigueur depuis le 1er janvier 2016", soulignait RTE dans son dernier bilan prévisionnel, ajoutant : "Les centrales charbon sont actuellement plus compétitives que les cycles combinés au gaz (du fait des cours actuels des combustibles et du prix du CO2 ), alors qu'elles émettent plus de CO2 par MWh produit. Ainsi, elles ont fonctionné en moyenne environ 3.600 heures équivalentes pleine puissance en 2015." D'après le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, ces centrales sont indispensables au maintien de l'équilibre électrique jusqu'à l'horizon 2020-2021. Une fermeture anticipée n'est donc pas envisageable.

Fermeture totale ou reconversion ?

En revanche, une reconversion de ces sites est possible d'ici 2022. EDF, qui a réalisé un programme de rénovation de 480 M€ sur ses trois unités de production à charbon (Le Havre et Cordemais), envisage notamment une reconversion au "charbon vert", du moins sur son site de Loire-Atlantique qui compte deux unités de 600 MW. L'exploitant mène depuis plusieurs mois des travaux de démonstration pour développer la co-combustion de biomasse torréfiée à partir de déchets verts produits localement. A Gardanne (Bouches-du-Rhône), Uniper a déjà converti l'une de ses deux unités à charbon en centrale biomasse, non sans rencontrer des difficultés...

Mais pour Damien Siess, directeur stratégie et prospective de l'Union française de l'électricité, ces solutions de reconversion vont être étudiées au cas par cas : "Ca aurait peu de sens de convertir l'intégralité des centrales à charbon actuelles en biomasse, on serait en surcapacité. Il y a quelques sites où cela pourrait présenter un intérêt, du fait de la configuration locale (approvisionnement, production, emplois…). Mais cela ne représentera qu'une fraction de puissance, et donc des emplois concernés."

Dans une récente étude, l'UFE estimait à 1.200 le nombre d'emplois mobilisés directement ou indirectement pour l'exploitation, la maintenance et l'approvisionnement des centrales à charbon.

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