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La fermeture de la centrale de Fessenheim a valeur de test

Le deuxième réacteur de la centrale alsacienne est arrêté ce mardi 30 juin. Le démantèlement, qui prendra de nombreuses années, et la reconversion du territoire serviront d'expérience pour la fermeture des douze autres réacteurs programmée d'ici 2035.

Energie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
La fermeture de la centrale de Fessenheim a valeur de test

Télescopage des événements. C'est au lendemain d'une vague verte inédite aux municipales et le jour de la réception par Emmanuel Macron des propositions de la Convention citoyenne pour le climat qu'il est définitivement mis fin à l'exploitation de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Un arrêt qui ouvre une nouvelle période dans l'histoire du nucléaire français avec le premier démantèlement programmé de réacteurs à eau pressurisée de grande puissance (900 MW).

Pas de surprise de dernière minute sur le calendrier, bien que la centrale aurait dû cesser de fonctionner en 2016 si la promesse de la campagne présidentielle de François Hollande avait été tenue. Le premier réacteur de la centrale, mise en service en 1978, avait été stoppé le 22 février dernier. Le second est mis à l'arrêt dans la nuit du 29 au 30 juin, mettant ainsi définitivement fin à son exploitation.

« Cet arrêt était inéluctable, la centrale n'étant pas éternelle. Situé en zone sismique et inondable, en contrebas du grand canal d'Alsace, le site est particulièrement vulnérable à des aléas non prévisibles. La prolongation de son fonctionnement n'aurait pu se faire sans risques, les cuves des réacteurs, affectées de défauts, n'étant ni remplaçables ni réparables », explique le Réseau Sortir du nucléaire (RSN), qui se réjouit de cette fermeture après 50 ans de mobilisation. Mais l'arrêt des deux réacteurs ne signifie pas que tous les problè

mes soient réglés pour autant. Les pouvoirs publics et les différentes parties prenantes sont confrontés à la prise en compte de cette fermeture dans la politique énergétique nationale, au démantèlement des installations et à la reconversion économique et sociale du territoire.

Pas d'impact sur l'alimentation en électricité

Au niveau de la sécurité d'approvisionnement, la fermeture n'aura pas d'impact sur l'alimentation en électricité des Français, a indiqué en février le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE), et ce, malgré le retard dans la mise en service de l'EPR de Flamanville. « Cette fermeture est compensée par la mise en service de la centrale CCG de Landivisiau, le développement des énergies renouvelables et la mise en service de deux interconnexions avec la Grande-Bretagne et l'Italie », détaille RTE. Au niveau régional, ce dernier explique avoir « anticipé cette fermeture et avait adapté le réseau électrique local afin de sécuriser l'alimentation en électricité de la région (…). La région Grand Est dispose de suffisamment de moyens de production pour répondre à ses besoins en électricité. Elle produit plus de deux fois ce qu'elle ne consomme », ajoute le gestionnaire de réseaux.

La crise sanitaire a toutefois occasionné le report d'un certain nombre d'opérations de maintenance et d'arrêts de réacteurs qui peuvent fragiliser l'approvisionnement en énergie l'hiver prochain. « Mais cette tension se serait présentée dans tous les cas, même si Fessenheim était restée en fonctionnement. Le problème que cette crise met en exergue n'est pas la fermeture de Fessenheim, mais bien notre système de production et de consommation d'électricité », estime RSN.

La fermeture de la centrale a, en revanche, un coût direct pour l'État. Celui-ci s'est engagé, selon un protocole signé en septembre 2019, à indemniser EDF à hauteur de 400 millions d'euros en lien direct avec la fermeture, puis à hauteur de 4 milliards d'euros pour compenser le manque à gagner pour l'exploitant. Pour cette deuxième partie, le ministère de la Transition écologique parle d'une part variable qui dépendra des prix de l'électricité sur une période allant de 2022 à 2041. Six associations ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre ce protocole considérant qu'il s'agissait là d'une aide d'État. « EDF se voit donc dédommagée pour une électricité qu'elle n'aurait pas pu produire, alors que cette fermeture lui a permis de ne pas réaliser les coûteux travaux qui auraient été requis », dénonce RSN.

Une restauration du site à horizon 2040

La fermeture du second réacteur de Fessenheim ouvre la voie à la phase de démantèlement de la centrale. Mais il s'agit d'une tâche au long cours qui comprendra trois phases qui ne s'achèveront que vers 2040 : une phase préparatoire d'environ cinq ans, la phase de démolition, puis, enfin, celle de restauration du site. Au moment de l'arrêt du premier réacteur, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait pointé le manque d'empressement de la direction d'EDF à préparer la phase de démantèlement. "Le combustible nucléaire usé devra encore refroidir plusieurs années sur le site, qui restera vulnérable aux séismes et inondations et dépourvu de diesels d'ultime secours", alerte RSN.

À terme, sur le périmètre de la centrale, ne devrait subsister qu'un technocentre pour le recyclage des matériaux métalliques à très faible activité (TFA). Élisabeth Borne avait confirmé la création de cette installation au moment de la fermeture du premier réacteur. Dans leur réponse au débat public sur le cinquième plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), la ministre de la Transition écologique et le président de l'ASN ont donné leur feu vert pour une valorisation de ces déchets métalliques radioactifs. Des déchets qui pourraient provenir du démantèlement de Fessenheim mais aussi d'autres installations. Ce qui laisse à penser qu'EDF pourrait aussi installer ce technocentre sur un autre site. Ce que le Gouvernement ne souhaite pas.

Usine de fabrication de pellets

Au-delà de ce technocentre, le Gouvernement met en place un programme de reconversion économique et sociale du territoire touché par la fermeture de la centrale. Celle-ci employait près de 700 salariés EDF, auxquels s'ajoutaient 280 salariés d'entreprises partenaires et jusqu'à 1 500 intervenants supplémentaires, selon les chiffres avancés pour l'année 2019 par l'opérateur historique.

 
EDF se voit dédommagée pour une électricité qu'elle n'aurait pas pu produire, alors que cette fermeture lui a permis de ne pas réaliser les coûteux travaux qui auraient été requis.  
Réseau Sortir du nucléaire
 
Le Gouvernement met en place un programme en quatre axes dans le cadre du projet d'avenir du territoire signé en février 2019 avec les élus locaux et le gouvernement allemand. « Ce projet de reconversion s'inscrit (…) dans une perspective franco-allemande et fait partie de la liste des projets prioritaires du Traité d'Aix-la-Chapelle de janvier 2019 », rappelle en effet le ministère de la Transition écologique.

Le développement économique du territoire repose principalement sur l'aménagement de trois espaces fonciers sur lesquels le Gouvernement cherche à accueillir les entreprises. Tout d'abord, la zone ÉcoRhéna de 90 hectares ; mais celle-ci abrite des zones forestières et des espèces protégées. La société Européenne de biomasse a d'ores et déjà annoncé l'implantation d'une usine de fabrication de pellets avec 350 à 700 emplois non délocalisables à la clé. La zone industrialo-portuaire de Colmar Neuf-Brisach permet de mettre à disposition environ 100 hectares supplémentaires. Enfin, la zone de Koechlin devrait être proposée dans la deuxième liste des sites « clés en main » que la secrétaire d'État, Agnès Pannier-Runacher, doit présenter cet été. « La création d'une société d'économie mixte franco-allemande a été validée par ses actionnaires (…) pour démarrer la commercialisation de ces nouveaux terrains dès 2021 », indique le ministère de la Transition écologique.

Ce dernier rappelle également les autres initiatives qui ont été lancées dans le cadre de projet de reconversion : lancement d'un appel d'offres de 300 mégawatts d'énergie photovoltaïque dont la troisième vague de lauréats sera annoncée en septembre, processus d'indemnisation de la concession Lac-Noir-Lac-Blanc, et installation d'une station de transfert d'énergie par pompage (Step), accompagnement de projets de méthanisation, ou encore lancement prochain de la liaison ferroviaire Colmar-Fribourg.

Pas de fermeture complète de nouvelles centrales

La reconversion de ce site a valeur de test pour le Gouvernement. En effet, pour atteindre l'objectif de baisser à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici 2035, il doit encore fermer douze réacteurs nucléaires de 900 MW. La liste reste encore à définir mais le ministère de la Transition écologique confirme qu'il n'y aura pas de fermeture de sites complets mais seulement des arrêts de réacteurs à moitié ou au tiers de la capacité des centrales concernées.

« Bugey, Tricastin, et tant d'autres centrales en France méritent aussi d'être fermées ! La France se doit d'engager une transition énergétique digne de ce nom et d'en finir avec le nucléaire, plutôt que de maintenir en fonctionnement des centrales vieillissantes et dangereuses et envisager la construction de nouveaux réacteurs », s'enflamme RSN.

Réactions24 réactions à cet article

 

Au ministère de la "Transition écologique", on parle donc de "création de société d'économie mixte", d' "actionnaires", de "commercialisation de nouveaux terrains" ou encore d'une gigantesque usine à pellets (qui rasera tout arbre à 300 km la ronde) : ah, que voilà de l'écologie interprétée par de hauts fonctionnaires formés à tout sauf à cette matière essentielle à notre avenir !
Mais quand laissera-t-on enfin les responsabilités aux personnes compétentes et non à celles et ceux qui sont seulement diplômés de grandes écoles sans âme ni conscience ?
Voyons néanmoins comment ces têtes si pleines vont s'y prendre pour démanteler correctement (techniquement et budgétairement) ces deux réacteurs à eau pressurisée. Pour mémoire, alors que le réacteur à eau lourde de la centrale de Brennilis, d'une technologie bien moins complexe, est arrêté depuis 1985, son démantèlement avec "retour à l'herbe" n'est toujours pas achevé, loin s'en faut ! EDF ne le prévoit d'ailleurs pas avant 2039 (soit 54 ans minimum !), cela pour un coût non évalué et avec quelques menues pollutions au plutonium à la clef. Nos grands ingénieurs des grands corps d'Etat sont certes très forts en scénarii, projections, chiffrages prévisionnels alléchants (las ! : la Cour des comptes a estimé que le démantèlement de Brennilis coûtera au moins 20 fois plus qu'annoncé en 1960 !) et com' institutionnelle, mais pour le concret, là, en revanche...
Notre nation n'a pas les moyens d'assouvir ces caprices de nucléocrates.

Pégase | 29 juin 2020 à 22h08
 
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L'énergie nucléaire est une arnaque depuis le début, la production d'énergie pour une génération est tellement chère qu'il faut la payer sur plusieurs générations ... c'est un gouffre financier mais ça profite royalement à Bouygues et Vinci !

laurent | 30 juin 2020 à 09h33
 
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Pour Pégase - pour vivre en Alsace, près de Fessenheim, et lire un peu la PQR, je pense qu'il faut surtout voir l'Etat comme un "faciliteur" de relations et (surtout) un payeur. C'est comme çà que le voient et le considèrent ici, les décideurs institutionnels locaux, peu avares en reproches d'ailleurs sur ce sujet (décision dogmatique, Etat avare, le Grand Est n'aura plus assez d'énergie.... etc... merci d'ailleurs à cet article pour restituer des infos visiblement non "connues" de ces mêmes élus). C'est bien, selon mes connaissances, le couple d'élus "locaux" franco-allemands qui souhaite avoir emprise sur la reconversion du site, pas l'Etat. Reste à savoir dans quelles conditions cette reconversion se fera (ou sera bradée, selon la sensibilité). L'unité de biomasse est une initiative intéressante, en tout cas plus que la venue, controversée en son temps, d'un gros calibre (normand) du recyclage de matériaux. On avait même parlé de l'implantation d'un géant de l'automobile électrique.....

nimb | 30 juin 2020 à 09h43
 
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100% d'accord avec la réaction de Pégase.

Je n'ai pas encore compris pourquoi faut-il démanteler ces gros ensembles radioactifs. On n'en a pas les moyens et on ne sait pas où mettre les déchets radioactifs.
Il vaudrait mieux chercher tout de suite à sanctuariser le lieu de manière positive, voire d'en faire une sorte de musée, plutôt que le sanctuariser par défaut, par manque de temps et d'argent, la pire des solutions.

Régis Faguelin | 30 juin 2020 à 10h20
 
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Fermeture de la centrale de Fessenheim : des arguments environnementaux et de sûreté infondés.
https://afis.org/Fermeture-de-la-centrale-de-Fessenheim-des-arguments-environnementaux-et-de

François | 30 juin 2020 à 11h17
 
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Quelle absurdité de s'obliger à fermer à grande échelle notre seule source d'électricité importante non émettrice de GES à l'heure où l'on veut réduire les émissions. On l'a vu en Allemagne, la conséquence directe est la réouverture des centrales à charbon.
Le CCG de Landivisiau (400MW) non seulement sera émetteur de CO2 (même si c'est moins que le charbon), mais ne suffira pas à compenser les 1800 MW perdus à Fessenheim. Et les autres énergies que l'on appelle renouvelables chez nous parce qu'elles polluent et consomment des ressources lors de leur fabrication en Chine ne suffiront jamais sauf à en couvrir le territoire.
Qu'on le veuille ou non, la réduction des émissions passe par une production d'électricté décarbonée à grande échelle, et pour cela il n'y a (malheureusement, je veux bien vous l'accorder) que le nucléaire, que ce soit en termes de surface, de coût ou de délai.

| 30 juin 2020 à 11h26
 
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Et pour compenser cette fermeture injustifiée, l'Allemagne vient de démarrer une centrale à charbon de 600 MWe et nous une centrale à gaz. Tout est dit : les zécolos se contrefichent du climat, n'importent que leurs dogmes archaïques. Les manifestations de liesse sont juste indécentes. Quant aux arguments des uns et des autres, on ne sort pas du convenu, de la posture, pathétique donc. Les 4 milliards que l'Etat va verser à EdF, c'est effectivement le coût pour la nation de ce caprice d'un autre âge : importations requises en cas de vague de froid sans vent, construction de moyens de remplacement. Lamentable.

dmg | 30 juin 2020 à 11h32
 
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Je ne suis pas d'accord avec votre article. L'arrêt de Fessenheim, st acte politique dont l'initiative appartient à François Hollande et à Martine AUBRY en 1982! le résultat coutera à la France sur les 10 ans pendant lesquels cette installation aurait pu fonctionner en toute sécurité se monte à environ 30 milliards d'Euros nets! Et les éoliennes ou les capteurs solaires par ailleurs quasi tous importés de l'étranger et subventionné par nos impôts ne seront capables de produire en moyenne qu'environ 10 % de la pleine puissance pour laquelle ils ont été achetés et installés, et de plus a pollution atmosphérique produite par leur construction est extradée vers les pays producteurs de ces engins! Le monde écologique tel qu'il est conçu en France est complètement aberrant et repose sur une immense escroquerie et un mensonge organisé dont la presse est malheureusement complice!

Mike | 30 juin 2020 à 11h56
 
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@ françois : mmmh, comme ce site d'AFIS Science sent la désinformation à plein nez ! On connait bien ses positions résolument pro-OGM, pro-glyphosate, climato-sceptiques et généralement anti-écologistes (pour ne citer que celles-ci).

Pégase | 30 juin 2020 à 14h28
 
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@Pegase : sur quelles preuves fondez-vous vos affirmations concernant l'Afis ?

François | 30 juin 2020 à 14h40
 
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En matière de crime écocide, en voilà un très beau et significatif. On détruit une usine de production électrique en pleine forme, performante, sûre, économique produisant une électricité avec 6 g/kWh de CO2 qui sera remplacé en Europe par une production accompagnée de 10 Millions de tonnes de CO2. Et nos verts crient victoire. Allez comprendre. L'Etat fait supprimer 2000 emplois directs et 3000 emplois indirects au moment où il fait pression sur les industriels pour ne pas supprimer d'emplois alors qu'à l'évidence les carnets de commande étant sérieusement amputés, il n'y a pas d'autres solutions. Allez comprendre! Le même Etat veut relocaliser et assurer la souveraineté nationale et là il s'acharne sur un joyau qui permettait à la France d'avoir son indépendance électrique. Allez comprendre ! Le même Etat réunit une conférence citoyenne sur le Climat pour réduire les émissions de CO2. Il va adopter la mesure qui consiste à servir des repas bio dans les cantines ce qui va réduire sûrement et significativement les émissions de CO2!
On cherche des raisons pour tuer Fessenheim et son personnel hautement compétents. La seule qui n'est pas évoquée est celle qui a consisté pour Hollande et Macron à se prostituer auprès des Verts pour récupérer quelques voix. Pauvre démocratie !

Lion | 30 juin 2020 à 15h11
 
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s'il vous plait arrêter de délirer avec le CO2 ! le principal gaz à effet de serre c'est la vapeur d'eau (60%) ! on s'est servit des émissions de CO2 justement pour promouvoir l'énergie nucléaire ...
les gaz à effet de serre ont aussi un effet parasol :
http://pasdeclimatsanseau.unblog.fr/2020/06/25/impact-du-taux-de-vapeur-deau-dans-latmosphere/

laurent | 30 juin 2020 à 15h33
 
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Il faudrait quand même tempérer tous les arguments "théoriques" de mes collègues (visiblement pas alsaciens) en faisant un inventaire du nombre de jours (CONSEQUENTS) de fermeture de cette centrale pour cause de disfonctionnements.... Cette centrale était prévue pour fonctionner 25 ans à son lancement, en 1979.... elle en aura fait 41.... Question : qui, parmi vous, auraient voulu postuler pour venir occuper le poste de "nettoyeur" en cas de gros incident?

nimb | 30 juin 2020 à 15h54
 
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merci Nimb ! tu as entièrement raison, le jour ou il faudra désigner les liquidateurs volontaires les fans du nucléaire seront partis très loin ... regardez le film : https://www.youtube.com/watch?v=60qpWX9LrGQ

laurent | 30 juin 2020 à 16h34
 
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@ françois : des articles de M. Stéphane FOUCARD, journaliste au quotidien Le Monde, sur les OGM et le positionnement farouchement pro-OGM de l'AFIS (qui a provoqué en 2008 le départ de l'un de ses membres, Marcel-Francis KAHN, jugeant que l'association "s'était transformée en véritable lobby pro-OGM") ; sur la question du réchauffement climatique, par exemples.
En outre, à titre personnel, visiter le site Internet de l'association me donne immédiatement le sentiment d'un traitement orienté de l'information technologique, n'en présentant guère que les bienfaits et occultant très largement ses inconvénients. On a trop vu ce que le technologisme béat peut entraîner pour ne pas s'en méfier.

Pégase | 30 juin 2020 à 16h57
 
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@ Lion : s'inquiéter pour la démocratie lorsqu'on est pro-nucléaire, tant cette filière brille par son opacité et ses décisions prises dans l'ombre, est vraiment cocasse !
Et puisque vos citez le président MACRON, voyez comme la question du nucléaire a été d'office sortie du champ d'investigations de la Convention citoyenne sur le climat. La poursuite d'une longue tradition française d'absolu déni de démocratie dès lors qu'il s'agit de cette énergie, en somme.

Pégase | 30 juin 2020 à 17h04
 
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De plus, notre indépendance énergétique n'est que relative puisqu'il nous faut trouver l'Uranium ailleurs que chez nous. Quant au nombre d'emplois supprimés, je me garderai de donner un nombre puisqu'une grosse partie des employés reste dans le giron d'Edf soit déployé sur une autre centrale nucléaire, soit dans une autre division d'EdF. Par contre, oui, les sous-traitants sont directement impactés, c'est vrai... mais tout autant que les sous traitants de l'industrie automobile qui est située 5 kms plus bas, à Mulhouse, et dont personne ne se soucie quand PSA tousse ou pousse trop le racket. Ici, les institutionnels ont dépensé depuis 20 ans toute leur énergie à s'arcbouter pour garder la centrale et ne se sont réveillés qu'il y a 3 ans, quand ils ont compris qu'ils n'auraient pas gain de cause.... 17 ans pour réfléchir à comment faire sans et avec autre chose, c'était pourtant suffisamment long. Je ne suis pas foncièrement anti-nucléaire, et je trouve moi aussi indécent de "fêter" ostensiblement cet évènement. Par contre, à mon sens, la meilleure dépense d'énergie est celle qu'on ne fait pas... il y a beaucoup de trop de choses qui sont électriques et que je trouve non nécessaire, chez le particulier comme dans les villes.

nimb | 30 juin 2020 à 17h12
 
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@Pégase
Quand l'Afis indique que la science confirme que le réchauffement climatique est d'origine anthropique, je n'y vois pas d'inconvénient. Et le débat sur les OGM est intéressant mais il me semble qu'il n'a pas sa place dans les commentaires sur un article concernant le nucléaire...
L'Afis prône le scepticisme, pas la technologie. Le progrès peut passer par la technologie mais ce n'est pas obligatoire.
Au-delà des ressentis concernant l'Afis, que pensez-vous des arguments publiés dans le communiqué de presse ?

François | 30 juin 2020 à 23h04
 
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@ François : que le communiqué passe sous silence, notamment, que la centrale de Fessenheim est située sur une faille sismique, ce que tout le monde sait pourtant, et qu'il s'agit d'un équipement industriel qui a été poussé très au-delà de sa durée de vie prévisionnelle, ce qui pose question (même si on peut par ailleurs en apprécier l'amortissement), les matériaux non remplaçables de la structure vieillissant inévitablement et accroissant ainsi les risques d'accidents. Quant à l'avis de l'ASN qui montre que le site à certes été globalement convenablement géré - et il faut en savoir gré au professionnalisme du personnel -, il convient d'avoir en tête que c'est très exactement ce qu'on est en droit d'attendre de la gestion d'un site industriel aussi sensible.

Pégase | 01 juillet 2020 à 12h44
 
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"Les licences d’exploitation des installations nucléaires de base (INB) ne sont pas délivrées pour une période donnée, comme le sont par exemple les réacteurs américains, dont la licence expire effectivement à 40 ans, sauf renouvellement par les autorités du pays. Nos INB sont exploitées sans limite de durée, mais sous condition d’un réexamen périodique de l’installation. L’exploitant doit, à cette occasion, mettre les installations et leur documentation aux derniers standards légaux de sûreté, et faire valider ces évolutions par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et son expert technique, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Autrement dit, au titre de la sûreté, nos installations sont conçues pour fonctionner dix ans, renouvelables tous les dix ans. Sans plafond préétabli.
En guise de limite « par conception » à 30 ou à 40 ans, il n’y a qu’une cible que se sont donnée les concepteurs afin d’assurer l’amortissement financier de la machine. Ainsi, ces durées sont en réalité assimilables à un minimum, un objectif à atteindre dans le cahier des charges initial, et rien ne permet de dire qu’il s’agisse d’un maximum technique imposé à la conception, une sorte d’obsolescence programmée sur une installation à plusieurs milliards d’euros. Au même titre que le rover Curiosity posé sur Mars en 2011 n’a pas été désactivé à échéance des 22 mois de fonctionnement que l’on en attendait."

François | 01 juillet 2020 à 15h08
 
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De profondis

glaudius92 | 06 juillet 2020 à 17h50
 
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Et on va acheter du courant produit par Datteln, 1200 MW au lignite, centrale toute neuve en Allemagne.
Bravo !

Albatros | 20 juillet 2020 à 18h21
 
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Et Foucart est un journaliste parfaitement honnête parce que militant écolo, c'est ça ?
Je préfère nettement l'AFIS.

Albatros | 20 juillet 2020 à 18h30
 
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d accord avec nimb pour les choses électriques parfaitement inutiles par exemple le repassage ! je ne comprends absolument pas mes copines (et même certains copains) qui pratiquent cette activité chronophage et pénible

MNM | 04 août 2020 à 13h03
 
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