En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Fessenheim : six ONG portent plainte devant la Commission européenne pour aide d'État

Energie  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Le Réseau Sortir du nucléaire (RSN) annonce, ce jeudi 14 novembre, le dépôt d'une plainte devant la Commission européenne et demande l'ouverture d'une enquête pour aide d'État au profit d'EDF. Le réseau, associé à cinq associations alsaciennes, dénonce le protocole d'indemnisation signé entre l'État et l'électricien historique le 27 septembre dernier.

Ce protocole prévoit un dédommagement d'environ 400 millions d'euros (M€) lié à la fermeture de la centrale nucléaire puis des versements ultérieurs pour un montant de 4 milliards d'euros (Md€). Une partie du premier versement correspond à « des frais qui auraient dû être supportés par EDF, quelle que soit la date de fermeture, et qui ont normalement été provisionnés », dénonce l'ONG. Quant aux 4 milliards d'euros, ils correspondent au manque à gagner d'EDF fondé sur l'hypothèse que la centrale aurait pu continuer à fonctionner jusqu'en 2041. « Une telle projection revient à considérer que la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs, qui atteignent les 40 ans, serait acquise, et que l'indemnisation serait donc de droit », s'indigne RSN. Pour cette dernière, cela revient à ignorer le rôle de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, alors que les réacteurs de la centrale présentent de nombreux défauts : cuves défectueuses, générateurs de vapeur problématiques, risque sismique. De plus, ajoute-t-elle, EDF « a pris le prétexte de la fermeture de la centrale pour se dispenser de réaliser certains travaux de sûreté et économiser ainsi entre 60 et 100 millions d'euros ».

« Versées de manière indue, ces sommes semblent en réalité destinées à renflouer indirectement EDF », fait valoir RSN devant l'exécutif européen. L'ONG craint en outre que cette indemnisation crée un précédent, dans la mesure où « toute fermeture survenue avant 50 ans de fonctionnement (…) est donc considérée comme « anticipée » et devant ouvrir droit à une compensation ». La centrale doit arrêter définitivement sa production en deux temps, le 22 février 2020 pour le réacteur n°1 et le 30 juin pour le réacteur n°2.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bien vu, RSN !
C'est curieux comme les centaines de millions voir les milliards d'€ sortent aisément des poches de l'Etat dès lors qu'il s'agit d'aider l'industrie lourde et/ou la finance, quand bien même cela se ferait sur des bases juridiques contestables...
Ce qui est extravagant, c'est que si l'Etat français s'avère être condamné et sanctionné, c'est le contribuable qui paiera tandis que les donneurs d'ordres, donc les vrais responsables, continueront imperturbablement leur confortable progression de carrière sans la moindre anicroche.

Pégase | 15 novembre 2019 à 13h20
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager