"L'économie du XXIe siècle évolue vite. Cela exige de nous des facultés d'anticipation. A cet égard la transition énergétique est un enjeu majeur", a souligné le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lors du discours de clôture de la conférence sociale, le 21 juin.
Pour rappel, le groupe de travail Emploi et transitions professionnelles du Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE) demandait que la question de l'évolution des métiers liée au changement de mix énergétique soit abordée lors de la conférence sociale.
Cependant, rien de concret n'est ressorti de cette nouvelle feuille de route concernant les transitions professionnelles liées à l'énergie. En revanche, la thématique de santé environnement a été mise à l'agenda du prochain Plan santé travail 2015-2019.
Un comité stratégique dédié aux industries de l'énergie ?
La feuille de route publiée à l'issue de la conférence sociale souligne la nécessité de mettre en place des filières "porteuses de progrès économique, social et environnemental, particulièrement dans les domaines qui bénéficient d'une forte demande mondiale et pour lesquelles la France dispose d'atouts significatifs et d'avantages comparatifs". Le commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) et la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère de l'Emploi (Dares) ont été chargés de réaliser une étude sur les "métiers du futur", dont les conclusions sont attendues pour le premier semestre 2014. A la remise de ce rapport, sera organisée une concertation entre l'Etat, les collectivités et les partenaires sociaux sur les compétences de demain.
Mais d'ores et déjà, "l'Etat réaffirme la pertinence d'une politique industrielle différenciée et adaptée aux enjeux propres à chaque filière, dans une logique partenariale avec les industriels et les partenaires sociaux", indique la feuille de route, poursuivant : "L'opportunité de création d'un comité stratégique dédié aux industries de l'énergie, hors production électrique, sera étudiée".
Concernant les secteurs vulnérabilisés par la transition énergétique ou les mutations industrielles, des "partenariats réunissant les pouvoirs publics et les partenaires sociaux de plusieurs filières [seront mis en place] pour répondre à des besoins immédiats et construire des passerelles interfilières entre des filières fragilisées et des filières qui offriront à court ou moyen terme des opportunités durables d'emploi (exemple de l'automobile et de l'aéronautique ou du nucléaire)".
Anticiper les compétences nécessaires demain
Le dossier documentaire étudié lors de la table ronde sur la formation professionnelle identifie, parmi les métiers d'avenir et en mutation, le bâtiment, la logistique, les transports collectifs… Pour ces deux derniers secteurs, "les départs en fin de carrière seront nombreux, avec 2,4% des personnes en emploi concernées en moyenne chaque année. De même les ouvriers qualifiés, techniciens et agents de maîtrise du bâtiment devraient bénéficierde créations d'emploi à l'horizon 2020, favorisées par l'augmentation du nombre des ménages, par la rénovation et l'adaptation du parc de logements au vieillissement de la population et à la dépendance, et par le développement des normes règlementaires et environnementales".
La feuille de route indique que "l'Etat poursuivra des démarches partenariales avec les organisations professionnelles et syndicales pour développer l'emploi, préparer les compétences de demain et sécuriser les parcours dans des secteurs et des filières d'avenir (numérique, recyclage, bassins en transition verte)". Le groupe de travail du CNDTE demandait notamment que soient réalisées, par chaque branche professionnelle, des études prospectives afin d'identifier les priorités pour la formation initiale mais aussi pour la formation professionnelle.
Plus généralement, le gouvernement devrait présenter, sous dix jours, un document d'orientation pour la réforme de la formation professionnelle. L'objectif est d'aboutir à la présentation d'un projet de loi d'ici la fin de l'année. Deux objectifs sont visés : orienter la formation professionnelle vers ceux qui en ont le plus besoin et en faire un levier de compétitivité pour les entreprises.
Risques émergents et santé environnement
Une table ronde était consacrée aux conditions de travail et à la santé des travailleurs. Celle-ci a souligné que "les approches santé au travail doivent évoluer pour être plus transversales et établir des liens et coordination avec les politiques de santé publique et de santé environnementale. Il est essentiel de mieux anticiper et d'analyser les risques pour les prévenir".
Cette approche transversale devrait être intégrée au futur Plan santé au travail 3 (2015-2019), sur lequel va plancher le Comité d'orientation des conditions du travail (COCT) dès la rentrée.
La feuille de route souligne également l'importance de prendre en compte certains risques émergents, comme les nanomatériaux, les biotechnologies ou encore les champs électromagnétiques.