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François Fillon annonce l'expérimentation d'une eurovignette pour les transporteurs routiers

Deux mois avant la réunion du Grenelle de l'environnement, François Fillon a insisté dans son discours de politique générale, sur la mise en place d'une fiscalité écologique, annonçant notamment l'expérimentation en Alsace de l'eurovignette.

Transport  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
   
François Fillon annonce l'expérimentation d'une eurovignette pour les transporteurs routiers
   
Deux mois avant la tenue des Grenelles de l'environnement, François Fillon a insisté sur la mise en place d'une fiscalité écologique à l'occasion de son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale. Il n'est plus possible de rester neutre face aux enjeux environnementaux, a-t-il déclaré devant les députés, tout en ajoutant que la fiscalité écologique devait émerger dans le droit français. Si nous voulons lutter contre ceux qui polluent, nous devons avantager ceux qui respectent l'environnement, a-t-il plaidé. Notons qu'à l'occasion de la 5e conférence mondiale sur les investissements (WIC) qui s'est tenue à la Baule, en Loire-Atlantique le 28 et 29 juin dernier, le Premier ministre avait déjà affirmé son intention de créer une véritable fiscalité écologique pour inciter les Français à adopter des comportements vertueux. À cette occasion, il avait précisé que les recettes fiscales engendrées seraient utilisées pour protéger l'environnement et alléger les charges pesant sur l'emploi tandis que des taxes existantes seraient modulées pour mettre en valeur les intérêts environnementaux.

À l'occasion de son discours de politique générale le Premier ministre a en outre confirmé l'expérimentation en Alsace d'une eurovignette pour les transporteurs routiers. Déjà l'Europe nous invite à mettre en place une eurovignette pour que les poids lourds circulant sur nos routes ne le fassent plus en totale franchise fiscale alors qu'ils engendrent des nuisances, des risques et des coûts en infrastructures, a t-il rappelé devant l'Assemblée Nationale. Nous mettrons en œuvre cette eurovignette qui pourra être expérimentée sans tarder en Alsace, a-t-il ajouté. En pratique, l'euro-vignette conduit à faire payer aux poids lourds une redevance pour l'usage des infrastructures prenant en compte les nuisances environnementales, les coûts de construction et de maintenance des routes.
Pour France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement, qui a réagi immédiatement à cette annonce, cette étape est une avancée importante vers la prise en compte de l'ensemble des coûts que génère le transport routier de marchandises. Toutefois, le problème du transport routier concernant l'ensemble du territoire français, la fédération attend un programme de généralisation de la Directive Eurovignette à l'ensemble du réseau routier. Cette mesure prenant notamment en compte les normes de pollution des poids lourds (norme EURO), elle conduira rapidement à l'utilisation de véhicules moins polluants, indique la FNE dans un communiqué.

Toujours devant les députés, François Fillon a abordé le projet de taxe carbone. Nous devons aller plus loin et poser la question d'une taxation sur le contenu en carbone des produits offerts sur le marché, a-t-il souligné devant les députés. Le Premier Ministre a par ailleurs estimé qu'il fallait aider l'agriculture française et européenne, plus indispensable que jamais, à être performante et respectueuse de l'environnement.

Au niveau international, rappelant que l'Europe devra jouer un rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement de la planète, François Fillon a également confirmé que la France figurerait au premier plan des négociations en annonçant que dans la perspective de la réunion de Bali, en décembre prochain, la France se ferait un devoir de convaincre ses alliés américains et les grands pays émergeants de se rallier à une approche concrète et ambitieuse pour préparer l'après Kyoto, a-t-il précisé.
Rappelons qu'au dernier G8 d'Heiligendamm, en Allemagne, les chefs d'Etat et de gouvernement étaient parvenus à un accord à minima sur le climat. En effet, si pour la première fois, les présidents du G8 ont tous reconnu la nécessité d'une réduction substantielle des émissions, l'accord est resté sans contrainte du fait notamment de la pression de Georges W. Bush. De plus, cet accord reste surtout au stade de déclaration de principe : les dirigeants des sept pays les plus industrialisés et de la Russie n'ont convenu que de prendre sérieusement en considération une division par deux de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Enfin, le Premier ministre a souhaité rappeler que l'instauration du grand ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables était, selon lui, à l'image de la politique structurante et globale que le gouvernement va conduire. Le grenelle de l'environnement qui se tiendra à l'automne en donnera le départ, a-t-il assuré.

Réactions4 réactions à cet article

 
Oui mais

Les PL contribuent effectivement à la pollution, tout comme n'importe quel autre moyen de transport. Profiter du fait qu'un mode de transport ou une corporation soit mal aimée pour la taxer est inepte.

N'oublions pas qu'il y a des camions sur les routes car les consommateurs (moi, vous, eux, tout le monde) veulent avoir à dispostion tout et tout le temps.

Plutôt que de taxer à tout va, changeons.

PYves | 06 juillet 2007 à 15h40
 
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Re:Oui mais

C'est tout à fait exact.
Cependant, la France se trouve dans une situation un peu particulière, étant traversée par une circulation purement de transit et l'on sait que, actuellement, des P.L. évitent de traverser des pays où existent déjà de telles taxes et empruntent, de préférence, les routes françaises. Il parait donc normal de viser à homogéiser les politiques de taxation pratiquées par les pays limitrophes.
Plus généralement, c'est effectivement l'ensemble des déplacements par route qu'il faut parvenir à modérer.

michou | 08 juillet 2007 à 08h45
 
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Re:Re:Oui mais

Je pense que tu parles entre autres de l'Autriche et la Suisse. Si chaque pays pose des taxes pour dévier la circulation, ça va simplement limiter la pollution localement.
Mais au global, le bilan est désastreux.

PYves | 08 juillet 2007 à 18h45
 
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Re:Re:Re:Oui mais

Bien vu, car effectivement "au global, le bilan est désastreux".
Or les émissions de gaz à effet de serre, c'est bien au global qu'il faut les comptabiliser, car le vent et les mouvements d'atmosphère, se chargent d'en égaliser les concentrations, bien au-delà des frontières.
Dans vos réactions, il y a deux aspects (au moins):
1 - faut-il taxer le transport routier ?
2 - ces taxes doivent-elles être uniformes entre pays ?
A la première question, j'oserai répondre OUI, pour plusieurs raisons :
- Ce sont bien les véhicules les plus lourds qui détériorent le plus les réseaux routiers (c'est une bête loi de la physique et ce n'est pas faire de l'ostracisme envers la profession des transporteurs) et il n'y a pas de raison que ce soient seulement les impôts de monsieur toutlemonde qui subviennent aux travaux de redimensionnement, réfection, etc.
- In fine, ce n'est pas le transporteur qui paye la taxe, mais le bénéficiaire de la marchandise. Je peux vous en parler; quand la "Maute" (taxe sur les transports en Allemagne) est entrée en vigueur, on a vu apparaître une ligne "Maute" sur la facture des transports transitant en Allemagne. La taxe a donc comme effet d'augmenter le coût d'un bien, d'autant plus qu'il vient de loin. De ce point de vue là, ce n'est pas mal non plus (cf. les délocalisations).
- La taxation c'est un peu le principe du pollueur / payeur et là, désolés les gars, mais il faudrait revenir à la vignette sur les tous les véhicules, en fonction de la puissance fiscale (qui est un reflet de la cylindrée, donc des quantités de gaz brûlés émis à chaque tour-moteur – on pourrait certes affiner un peu, via les g de CO2 au km).

Et puisque le terme "taxes" fait peur, j'affirmerai qu'il faut compenser le transport routier (des biens et des personnes) en équivalent carbone. Ce me semble être le moyen de freiner la gabegie actuelle.

Que cette compensation soit uniforme en Europe, (puis worldwide) me semble tout autant inéluctable pour ne pas concentrer les impacts sur quelques sillons "privilégiés" (les privilèges n'étant certainement pas pour les riverains). La règle du jeu ne serait plus "quelles sont les voies à emprunter pour échapper à la taxe – quitte à accroître la distance parcourue (et la consommation)" mais "comment puis-je faire au plus court pour limiter mes émissions de CO2".

Je voudrais enfin dire que "avoir tout, tout de suite" ne ressort pas forcément du souhait du consommateur, mais plus certainement du marketing généralisé dans lequel nous baignons, cette espèce de fuite en avant qui chatouille notre ego et oppose les enseignes en une course sans fin dont ils espèrent sortir vainqueurs (accaparer une plus grande part du gâteau).

J'en reste là pour ce soir.

Salut

Aloyse | 10 juillet 2007 à 17h57
 
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