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Des modèles innovants pour une électricité locale et renouvelable

La région Poitou-Charentes est partenaire d'un projet régional de parcs solaires de 60MW, sur la base d'un contrat d'approvisionnement de 30 ans, fondé sur un tarif initial inférieur au prix payé par les particuliers pour leur électricité.

Energie  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
   
Des modèles innovants pour une électricité locale et renouvelable
   

L'avenir de la transition énergétique est dans les territoires. La région Poitou-Charentes, sous la houlette de sa présidente Ségolène Royal, en est un exemple avec le lancement de ESTER, Electricité solaire des territoires, qui se veut premier dispositif durable pour le développement de l'énergie solaire sur les territoires. Il s'agit, selon ses promoteurs, d'un modèle unique, stipulant pour la première fois en Europe une vente de gré à gré d'électricité solaire à prix compétitif. "Une grande première mondiale !", s'enthousiasme Ségolène Royal.

Pour ce faire, le projet mobilise la "biodiversité des compétences", selon les termes de la présidente de région : une collectivité locale, en l'occurrence la région Poitou-Charentes, qui soutient la filière photovoltaïque depuis 2008, un opérateur industriel, en l'occurrence l'entreprise Solairedirect, et Sorégies, entreprise locale d'électricité de la Vienne. Pour Ségolène Royal, ce dispositif a tous les avantages : "ESTER contribue à sauver la filière solaire, démontre que des synergies entre industrie, collectivité et énergéticien sont possibles, montre qu'un modèle décentralisé de production d'énergie est possible, et contribue à la maîtrise des prix de l'énergie".

Le projet s'inscrit dans un double enjeu revendiqué par la région Poitou-Charentes. Enjeu écologique : tripler la production régionale d'énergie renouvelable d'ici 2020, en la portant à 26 % des consommations régionales d'énergie finale, en parallèle d'un objectif de réduction des consommations d'énergie de 20 %. Enjeu économique : miser sur les nouvelles filières vertes, sources de création d'activités et d'emplois, et maîtriser les prix de l'énergie à long terme pour améliorer la compétitivité des entreprises installées en région et dans l'intérêt des usagers.

Le pari du mécanisme ESTER est de proposer la transition vers une électricité solaire au prix du marché, sans subvention. Ce qui apparaît comme un défi dans le contexte de la crise du solaire, marquée par des tarifs d'achat de l'électricité en baisse voire en disparition, et la perte d'attractivité corrélative des installations de production d'électricité en France. Or le mécanisme ESTER veut démontrer la possibilité de vendre de l'électricité solaire au prix du marché tout en étant économiquement viable : "A 108 € le MWh, c'est un tarif inférieur à celui payé par les particuliers. C'est spectaculaire et sécurisé sur 30 ans en termes de prix", souligne Ségolène Royal.

Le calcul des parties prenantes est simple : la croissance des prix de gros de l'électricité se chiffre à 4,5 % par an. A partir de 2025, il sera donc plus rentable, pour un parc solaire installé en 2013, de vendre l'électricité sur le marché plutôt qu'au tarif de l'obligation d'achat de 108 €/Mwh. Les opérateurs tablent aussi sur la forte baisse des coûts de fabrication des modules photovoltaïques, et sur la hausse du coût de l'électricité produite par les énergies fossiles et nucléaire, aujourd'hui inéluctable. Bref, un kWh solaire est amené à devenir plus compétitif qu'un kWh traditionnel. Un prix plancher et un prix plafond sont mis en place permettant de garantir la « bancabilité » du projet et offrant aux énergéticiens une couverture contre une forte hausse des prix de l'électricité.

L'énergie, une marchandise qui pourrait être un bien commun

L'opérateur industriel Solairedirect peut également être rassuré par le fait que la région Poitou-Charente s'engage pour 30 ans à soutenir ce projet dans le cadre d'une société d'économie mixte, détenue à 65% par la Région et à 35% par Solairedirect. La Région a mis en place un Fonds énergie solaire régional, doté de 400 M€ et financé par la Banque européenne d'investissement et le Crédit agricole.

La Région y trouve son compte, en tablant sur la sauvegarde et la création d'emplois locaux grâce à la construction et la mise en opération de parcs solaires, en majorité situés en Poitou-Charente, sur la base d'un objectif a minima de 30MWc d'ici 2016. Solairedirect devrait aussi relocaliser à Chatellerault une partie de sa production de modules photovoltaïques, pour l'heure située au Cap, en Afrique du Sud. "Le monde de l'énergie est un monde de commodité", analyse Thierry Lepercq, président de Solairedirect, "ça bascule au moment où vous êtes au prix".

D'autres initiatives locales voient le jour, comme le projet Energie partagée investissement, agréé entreprise solidaire, où l'énergie est moins une « commodité » (c'est-à-dire une marchandise) qu'un bien commun ayant vocation à être géré en toute transparence par les citoyens eux-mêmes. C'est ainsi qu'Energie partagée promeut "une finance citoyenne pour les biens communs" afin de développer l'investissement citoyen dans les projets énergétiques. Cette pratique existe en Belgique, par exemple, où, grâce à la souscription de 2.000 parts à 100 €, 800 enfants regroupés dans la coopérative éthique « Allons en vent » ont pu devenir propriétaires d'une éolienne de 800 KW. En France, Energie partagée investissement espère financer la réhabilitation de micro-centrales hydrauliques en Haute-Marne, et participer au Parc éolien citoyen de Béganne, dans le Morbihan. A suivre.

Réactions5 réactions à cet article

 

Bravo, on redécouvrerait que l'énergie est un bien commun? Pourquoi démanteler EDF?
Sûr, si on arrête les centrales nucléaires en France, le solaire va devenir compétitif, mais bizarrement, le bilan CO2 ne sera pas améliorer: la fabrication des panneaux solaires eest extrèmement polluante, et quid du démantèlement??

new M. P. | 02 décembre 2011 à 11h20
 
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Résultat médian nous donne : entre 60 et 237.5gCO2/KWh pour le solaire*
1. L'hydraulique : 4gCO2/Kwh
2. Le nucléaire : 6gCO2/KWh
3. L'éolien : entre 3 et 22gCO2/KWh
Ensuite il y a le reste.

Concernant le recyclage, PV cycle et Deutsche Solar ont un procédé opérationnel. De plus un réseau de points de collecte est d'ores et déjà en place à travers l'Europe. Les panneaux brisés ou en fin de vie ne sont en rien un problème.

Quid du recyclage et des risques inhérent au nucléaire ?? Je me fais l'avocat du diable mais il n'y a ni blanc, ni noir, cher new M. P. juste des nuances de gris.

*:
60 et 325 gCO2/kWh
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=15358748

60 à 150 gCO2/Kwh
greenit.fr/article/energie/combien-de-co2-degage-un-1-kwh-electrique

Hannicare | 02 décembre 2011 à 12h20
 
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Rien n'a été prevu pour le stockage : comment recevrai-je de l'electricité en hiver ou en cas de mauvais temps ? Heureusement que l'EDF pourra assurer la continuité de la fourniture. Pour remplacer la production de Fessenheimn il faudrait 161 ccntrales solaires de 60 MW.
Au lieu de s'investir sur le photovoltaique, qui à part quelques emplois locaux de montage ou de revendeurs crée surtout des emplois a l'étranger, Il serait plus utile de faire des choix vers les energies renouvelables les plus efficaces : l'éolien off shore, la recuperation des déchets, le biogaz et les futures énergies des mers et océans.

fleurent | 03 décembre 2011 à 19h15
 
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Pourquoi l'éolien *off-shore*, plus que le résidentiel ou terrestre ?
En tout cas, j'apprends aujourd'hui que la récupération de déchets génère de l'énergie !
La valorisation par bio-méthanisation n'est que difficlement rentable et de plus hors-sujet puisqu'elle ne génère pas d'électricité ou très peu grâce à la co-génération (30% d'1KWh de gaz transformé en KWh électrique).
De même, j'aimerai une preuve que la marémotrice est rentable, plus que le solaire PV à tout le moins ?

Merci d'avancer vos sources.
*bouh que ça troll sur ce site*

Hannicare | 05 décembre 2011 à 17h12
 
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@Hannicare : Le résultat de CO2 pour l'éolien dépend beaucoup du taux de charge, or le taux effectif moyen est inférieur à la majorité des prévisions et dans plusieurs pays sont apparu des diminutions annuelles de celui-ci.

L'éolien *off-shore* devait rentabiliser son surcout technique à travers un taux de charge nettement meilleur. En pratique le taux de charge n'est pas beaucoup plus bon (cf données Angleterre à 25%), mais par contre les frais supplémentaires sont impressionnant. Et dans les conditions d'exposition à la mer, la durée de vie et les frais de maintenance semblent inquiétant.

L'incinération des déchets permet de faire de l'économie sur les centrales de chauffage urbain, elle sont parfois en cogénération électrique, le bilan financier n'est pas mauvais.

Pour le PV, il suffit de voir la production est beaucoup trop centrée sur 12h, on a pas le temps de réguler les centrales thermiques à coté pour adapter quand on arrive à de gros volumes comme aujourd'hui en Allemagne. Et il n'y a aucun intérêt à réguler une centrale nucléaire.

jmdesp | 27 août 2012 à 15h56
 
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