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Le financement participatif mise sur les alliances pour développer les énergies renouvelables

Le secteur du financement participatif évolue. Une tendance intéressante pour les porteurs de projets émerge : les alliances. Les EnR sont le premier secteur à en bénéficier. Détails avec Laure Verhaeghe de Lendosphere et Yannig Roth de Wiseed.

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Actu-Environnement Le Mensuel N°392 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°392
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L'industrie du financement participatif, qui affiche toujours une croissance soutenue, est à un moment-clé de son développement. Entre les rachats par des acteurs traditionnels, les fusions, les acquisitions et les cessations d'activité, il paraît évident qu'une poignée d'acteurs consolidera ses parts de marché dans les mois et années à venir.

Mais contrairement à ce que pensent beaucoup, l'avenir du crowdfunding passera aussi par de plus en plus de collaborations entre les plateformes, ce qui bénéficie à la fois aux investisseurs et aux porteurs de projets. Ce phénomène d'alliances concerne pour l'instant le secteur des énergies renouvelables, nouvel axe fort de développement du financement participatif.

Les énergies renouvelables : la nouvelle dynamique du financement participatif

La finance alternative française continue à avoir le vent en poupe. Elle a collecté en 2018, 1,4 milliard d'euros, soit +39 % entre 2017 et 2018. Plus des trois-quarts de cette collecte sont fléchés vers le financement d'entreprises, en particulier dans l'immobilier, les commerces, les services et l'environnement, démontrant que cet engouement bénéficie à l'économie française dans son ensemble.

De plus en plus soucieux de l'impact de leurs placements, les investisseurs particuliers et professionnels sont particulièrement intéressés par les projets environnementaux, à l'instar des projets d'énergies renouvelables. Ceux-ci permettent aux citoyens de placer une partie de leur épargne directement dans des projets éoliens, photovoltaïques, hydroélectriques ou de biomasse, afin de percevoir un rendement souvent plus intéressant que celui des dispositifs classiques. Ils y voient aussi la certitude que leurs investissements financeront directement des projets à impact. Ainsi, le volume levé en faveur des énergies renouvelables a plus que doublé entre 2017 et 2018, pour dépasser les 40 millions d'euros.

Les opérateurs d'énergies renouvelables jouent aussi le jeu du financement participatif, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, ils y voient un excellent moyen d'accroître l'appropriation des projets par leurs riverains, et plus globalement par l'ensemble de la population française, en leur permettant de s'investir dans le financement des installations d'énergie verte tout en expliquant concrètement leurs engagements en faveur de la transition énergétique. C'est un moyen efficace d'appropriation des enjeux de la transition énergétique et écologique sur tout le territoire. C'est aussi, comme pour toute entreprise, un moyen efficace et réactif de trouver des financements pour ces projets très capitalistiques. Finalement, l'Etat les incite à recourir au financement participatif en proposant un tarif d'achat de l'électricité bonifié s'ils font appel au financement participatif dans le cadre d'appels d'offres nationaux.

L'écosystème des fintech du financement participatif : vers plus de maturité…

Dans ses 10 prédictions de l'année 2019 pour la fintech, KPMG cite la consolidation en tout premier lieu. Il est vrai que la presse a fait état de nombreux signes de consolidation ces derniers mois : Unilend a cessé son activité avant d'être reprise par PrêtUp, Prexem a été racheté à la barre par Happy Capital, Homunity s'est allié à Crédit.fr, lui-même adossé au fonds d'investissement Tikehau Capital... Beaucoup y voient des signes de consolidation – à raison – ou le début de la fin du secteur – à tort !

Ainsi, la majorité des acteurs du financement participatif sont encore indépendants et se portent très bien. Ce succès tient non seulement à la demande des financements émanant des développeurs de projets d'énergies renouvelables, mais aussi à une stratégie de collaboration mise en place par les plateformes.

... Et vers plus d'alliances entre plateformes, pour pérenniser et développer le secteur

En effet, ces derniers mois ont vu des collaborations inédites émerger : des plateformes participatives généralistes (comme Wiseed ou Tudigo) et spécialisées (comme Enerfip ou Lendosphere) s'allient pour lever des fonds pour les mêmes projets sur leurs plateformes respectives. La raison ? Les critères du cahier des charges des appels d'offres – très restrictifs sur le plan de l'origine géographique des fonds collectés – invitent à de telles collaborations pour sécuriser l'atteinte des objectifs de collecte. Les plateformes individuellement n'auraient pas pu lever les fonds nécessaires et, conscientes de cela, ont décidé d'allier leurs forces.

Par exemple, le développeur Neoen a financé plusieurs projets dans les Landes, à Azur (40) ; ou dans les environs de Lyon, à Corbas (69), sur les plateformes de financement Lendosphere, Lumo et Wiseed. D'autres exemples : le financement participatif d'une unité de méthanisation située à Charchigné (53), sur Lendosphere et Wiseed, celui de centrales solaires développées par le girondin Valorem sur Lendosphere et Lumo.

Grâce aux synergies et aux alliances entre les acteurs du financement participatif, qui se coordonnent pour le travail opérationnel lié aux levées de fonds, les développeurs d'énergies renouvelables augmentent leur potentiel de collecte et touchent un public bien plus large. Cela a pour corollaire d'augmenter la visibilité de ces projets essentiels auprès des citoyens français, qui sont plusieurs dizaines de milliers à avoir investi pour les énergies renouvelables grâce au financement participatif. Comme quoi, l'avenir du financement participatif n'est pas fait uniquement de rachats et de cessions !

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