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Poitou-Charentes : un mécanisme de financement innovant pour les centrales solaires

Avec le plan régional solaire 2009-2012, la région Poitou-Charentes innove avec un montage financier associant public et privé : 400 millions d'euros de crédits seront alloués par la banque européenne d'investissement et le Crédit agricole.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Poitou-Charentes : un mécanisme de financement innovant pour les centrales solaires
© S.FABRÉGAT
   
On connaissait les aides régionales aux particuliers en matière de solaire. La région Poitou-Charentes a décidé d'aller plus loin. A travers le plan régional solaire 2009-2012, le Conseil régional s'engage à soutenir les investissements des collectivités, industriels et agriculteurs qui souhaitent se lancer dans des projets de centrales solaires. 400 millions d'euros d'investissement sont ainsi annoncés sur trois ans. Vendredi 27 février, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a signé avec la Banque européenne d'investissement (l'institution de financement de l'Union européenne) et le Crédit agricole la convention de ce plan.

Un mécanisme de financement innovant pour la filière solaire

650.000 m² de panneaux solaires installés d'ici 2012, telle est l'ambition de la région Poitou-Charentes en lançant son plan régional solaire. L'objectif est de produire 73 gigawatt heures d'électricité solaire dans la région, soit 1,5 fois ce que l'ensemble du pays a produit en 2007, d'après le communiqué de presse de la région Poitou-Charentes. La région prévoit d'installer 150.000 m² de panneaux solaires sur son patrimoine, le dispositif de soutien du plan énergie solaire devrait permettre l'installation de 100.000 m² supplémentaires par les collectivités et les entreprises, et 300.000 m² de centrales au sol.
De la plus petite commune locale à la plus grande, nous allons rentrer dans une dynamique de développement de la filière solaire. Ce travail va être mené de manière collective. C'est un projet ambitieux, a déclaré Ségolène Royal lors de la signature du plan. 1.000 emplois devraient être créés dans la filière photovoltaïque grâce à ce plan. Cet investissement va participer à la relance économique et générer un surcroît d'activité dans le bâtiment, l'artisanat… Nous lançons également un appel à projet au niveau européen pour que des fabricants de panneaux photovoltaïques viennent s'installer sur notre territoire, a annoncé la présidente de Poitou-Charentes.
Le plan énergie solaire est financé conjointement par la banque européenne d'investissement et le Crédit agricole via ses Caisses régionales et sa filiale Crédit agricole Leasing. Chacune des deux parties s'engage à financer ce plan par un prêt à hauteur de 200 millions d'euros. De son côté, la région se porte caution pour les porteurs de projets en garantissant 25 % des montants octroyés. Ce montage financier innovant devrait permettre aux porteurs de projets d'obtenir des taux très intéressants, autour de 4,5 % sur quinze ans.

Un partenariat inédit

Le partenariat entre la région Poitou-Charentes et la BEI est inédit. Vous êtes à la source d'une innovation : nous proposer de venir faire de l'investissement local. Ensemble, nous allons investir dans une filière d'avenir. Cela témoigne d'une double volonté : affronter la crise économique et financière en soutenant des projets de qualité, et affirmer le choix européen d'une croissance verte, via notamment les énergies renouvelables, a déclaré Philippe de Fontaine Vive, vice-président de l'institution financière européenne. Ce plan solaire régional vient à point nommé en Poitou-Charentes, en France mais aussi en Europe. L'Union européenne a décidé de faire à nouveau du secteur énergétique un secteur prioritaire. Depuis nous n'avons cessé d'augmenter nos prêts dans ce secteur : 9 M€ en 2008 contre 3,8 M€ en 2006. Nous nous sommes imposé une règle : prêter au moins 20 % aux énergies renouvelables. En 2008, cette proportion a atteint 24 %. L'initiative de la région Poitou-Charentes est un exemple à suivre, un projet très ambitieux. J'espère que cette première donnera des idées en France, en Europe et peut-être au-delà.
La BEI est l'institution de financement à long terme de l'Union européenne. Elle soutient par ses activités le développement des politiques de l'UE. Chaque année, elle accorde près de 45 milliards d'euros de prêts à des projets localisés au sein de l'UE. En 2008, la BEI a consacré 10,2 milliards d'euros à la promotion d'une énergie durable dont 2,2 milliards d'euros en direction des énergies renouvelables. En 2008, l'énergie solaire a représenté 35 % des prêts consacrés aux énergies renouvelables, contre 9 % l'année précédente.

Rappelons que le gouvernement français s'est fixé comme objectif, à la suite du Grenelle de l'environnement, d'augmenter la part des énergies renouvelables dans sa consommation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2020, dont 0,4 Mtep d'électricité solaire. Ceci pour atteindre une part de 23 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique français à l'horizon 2020, comme il en a été décidé à la suite des négociations sur le Paquet énergie climat européen.

Réactions7 réactions à cet article

 
Pffffffffffffffuuuuuuiiiiiiiiittttt

A 400 millions d'euro la cacahuète, si cela créer 1000 emplois, on arrivera à 400 000 €/emploi.

Y'a mieux à faire (notamment sur l'isolation) que ce type d'investissement. Mais il est vrai que cela se voit moins !

Pan, dans les dents ! | 03 mars 2009 à 21h20
 
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commentaire de F. NIMAL,,ingénieur centralien de 6

Selon la DGEMP, en 2007, la production de photovoltaique (PV) a été de 19GWh, soit presque 4 fois moins que ce qui est annoncé.
Si on se base sur la surface de 650 000m2, à raison de 100W/m2 ce qu'on prend habituellement comme moyenne entre le silicium et les "couches minces", cela fait une puissance installée de 65MW, et à raison de 7 euro leW, environ un investissement total de 455 Millioins d'euros , proche de ce qui est annoncé.
Avec un facteur de charge du PV de 9% pour la région (on n'est pas à Marseille!), cela fait une puissance moyenne opérationnelle de 6MW, ce qui alimenterait 22 600 personnes, à raison de la puissance moyenne consommée par un français de 265W, soit un habitant sur 85 de la région.
Jolie performance!

Anonyme | 06 mars 2009 à 15h38
 
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message de F. NIMAL suite

Pour savoir ce qu'aurait produit un même investissement dans le nucléaire, il suffit de connaître le facteur ce charge des centrales nucléaires récentes, soit 85%, leur durée de vie (60ans) et leur cout au W installé, soit 2.5euro (un EPR de 1600MW à 4 milliards pièce).
Avec une durée de vie de 20 ans pour le PV ,et son facteur de charge de 8% moyen sur le territoire, on calcule instantanément le rapport (7/2.5) x (60/20) x (85/8)= 83 de la production du nucléaire sur le PV dans la durée de vie des installations pour un même investissement.

Anonyme | 06 mars 2009 à 15h56
 
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F.NIMAL, suite

Avec un calcul aussi simple on montre qu'un investisemnt dans l'isolation des habitations économise 50 fois plus d'énergie opérationnelle (pas que de l'électricité!) que la production de PV, produite localement mais pas le soir ni le matin quand on en a besoin localement dans les habitations occupées, beaucoup moins l'hiver (7 fois moins) alors qu'on consomme plus d'électricité, beaucoup moins dans le Nord (1.6 fois moins), etc: c'est ce qu'on appelle l"ELECTRICITE POURRIE".

Anonyme | 06 mars 2009 à 16h32
 
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F.NIMAL

Par contre, il n'y a pas besoinde faire de calcul pour savoir que le PV ne fonctionne que depuis milieu 2006 grâce à une somme délirante de subventions qui s'ignorent: achat obligatoire par EDF de 13 à 18 fois son propre prix de revient, ou 6 fois son prix de vente, crédit d'impôt de 50%, TVA réduite à 5.5%, subventions de la plupart des Conseils Régionaux (sauf de 8 qui ont compris!), de municipalités, etc. En Espagne (autrement ensoleillée que la France), c'est la curée depuis septembre 2008 (avant la crise) que de nombreuse restrictions sont appliquées au PV. Ils en ont marre de payer pour rien!

Anonyme | 06 mars 2009 à 16h41
 
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F. NIMAL, toujours Ingénieur Centralien de 68 ans

Si vous voulez tout savoir sur le PV, notamment quel est son avenir vis à vis du COMOP10, suite du Grenelle pour les énergies renouvelables, vous me donnez votre adresse de mail, et je vous envois le dossier.
Il comprend un résumé de 2 pages et demi, etles preuves objectives et démonstrations chiffrées de tout ce que j'avance.
Mon mail est "francis.nimal@orange.fr".
Bien cordialement.

F. NIMAL

Anonyme | 06 mars 2009 à 16h49
 
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F. NIMAL, suite, c'est intarissable

Les éventuels 1000 emplois, ce sont évidemment des emplois précaires de vendeurs et de monteurs, puisque tout le monde voit bien que le PV "fonctionne tout seul". Si on est capable de créer des industries locales de PV, pourquoi ne le fait-on pas pour les télé, les ampoules basse consommations,etc, bref de tout ce qui a de l'avenir, plutôt que de tout acheter en Chine.
Et qu'attend-on pour appliquer la recette à RENAULT et à AIRBUS qui filent à l'étranger à grande vitesse, alors qu'eux utilisent de la main d'oeuvre qualifiée à tous les niveaux?

Anonyme | 06 mars 2009 à 17h00
 
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