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Des associations accusent l'Union Européenne de financer des projets favorisant le changement climatique

Dans un récent rapport, les Amis de la Terre et CEE Bankwatch dénoncent les financements européens apportés aux nouveaux états membres. Seul 1% des 177 milliards d'euro alloués serait consacré à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Afin de renforcer la cohésion économique et sociale et favoriser le développement harmonieux, équilibré et durable de la Communauté européenne, l'Union européenne met en place une politique régionale basée sur la solidarité financière qui permet le transfert de plus de 35% du budget de l'Union vers les régions en retard de développement, en reconversion ou devant faire face à des situations géographiques, économiques et sociales particulières. Cette politique se traduit par l'élaboration de cadre de référence stratégique national (CRSN) pour chaque état membre assorti de programmes opérationnels (PO).
Alors que les plans de financement des dix nouveaux états membres pour la période 2007-2013 sont encours de validation par la Commission européenne, les associations les Amis de la Terre et CEE Bankwatch les remettent en cause. Leur analyse des programmes opérationnels montrerait que le secteur de l'efficacité énergétique et celui des énergies renouvelables se voient chacun attribuées seulement 1%, soit 1,8 milliard, du total des fonds alloués à savoir 177 milliards. Selon leur étude, la Pologne et la Hongrie consacreraient à peine 1% au total sur les deux secteurs alors que la Lituanie consacrait la plus grosse part à savoir 5,4% de son budget principalement sur l'efficacité énergétique. Selon les associations, aucun pays ne prévoit de soutenir largement l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans les secteurs clefs que sont l'industrie, l'énergie et l'habitat. Dans le secteur des transports, 53% des fonds seraient alloués aux routes et autoroutes. Seuls 30% des fonds iraient au transport ferroviaire et 10% aux transports en commun. Ainsi les associations sont persuadées que ces aides provoqueront l'augmentation des émissions de gaz à effet des nouveaux États membres, elle cite même une hausse de 31% pour la Pologne par exemple. L'Union européenne devrait dépenser moins de fonds pour le transport routier et davantage pour des alternatives à la voiture, explique Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne sur le changement climatique aux Amis de la Terre. Le transport ferroviaire et les transports en commun qui souffrent de sous-investissement chronique dans de nombreux pays d'Europe émettent trois fois moins de CO2 que les voitures. Développer les infrastructures routières augmente mathématiquement le trafic, ajoute-t-elle.

À travers cette analyse, les associations soulèvent un paradoxe. Elles rappellent qu'à l'occasion du Sommet européen qui s'est tenu le mois dernier, les États membres se sont accordés sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables d'ici à 2020. L'UE s'est en effet engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à 1990 à l'horizon 2020, de gagner 20 % en terme d'efficience énergétique et enfin de faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie (dite énergie primaire) de 6,5 à 20% d'ici à 2020. Mais selon ces associations, les plans de financements tels qu'ils sont prévus actuellement ne sont pas en accord avec ses objectifs. Pour appuyer leur position, Les Amis de la Terre et CEE Bankwatch soulignent que les quatre pays qui ont jusqu'ici reçu le plus d'aides financières de la part de l'UE par habitant comme l'Espagne, le Portugal, la Grèce et l'Irlande, sont ceux dont les émissions de gaz à effet de serre ont le plus augmenté, principalement dû à la demande accrue en énergie et en transport. Par conséquent, les ONG sont convaincues que si l'UE veut aborder le changement climatique efficacement, il doit s'assurer que le même scénario ne se répète pas en Europe centrale et en Europe de l'Est en allouant systématiquement les fonds européens à l'efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et aux transports moins polluants.

Les associations invitent par conséquent la Commission à réviser les plans de financement en accord avec les objectifs sur le climat de l'Union européenne avant de les approuver dans les semaines et mois à venir. À moins que les plans de placement soient sensiblement changés, sept années et plusieurs milliards d'euros seront perdus dans un développement non durable et grand consommateur d'énergie, minant la future action de l'Europe contre le changement climatique, concluent-elles.

Réactions1 réaction à cet article

 
mais qui donc?

Très belle initiative! Mais qui va collecter et traîter les données? enfin une solution pour les (nombreux) jeunes géologues en recherche d'emploi partout en France? Qui contacter alors?

BL | 19 avril 2007 à 14h53
 
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