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Feu vert pour la première éolienne flottante française

L'éolienne flottante Floatgen est inaugurée ce vendredi, avant son installation prochaine au large du Croisic. Il s'agira de la première éolienne en mer à produire de l'électricité en France.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Feu vert pour la première éolienne flottante française
Environnement & Technique N°374 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°374
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Ce vendredi 13 octobre, est inaugurée la première éolienne flottante qui sera installée au large des côtes françaises. Cet événement marque la fin de plusieurs mois de travaux et donne le feu vert à l'installation de la turbine au large du Croisic (Loire-Atlantique), à 22 kilomètres des côtes. Les dates d'installation et de raccordement sur le site d'expérimentation en mer Sem-Rev de l'école centrale de Nantes dépendront des fenêtres météorologiques.

Ce démonstrateur de 2 MW marque un pas : il s'agira de la première éolienne en mer à produire des électrons en France. Elle devrait fournir, à compter de 2018, l'équivalent de la consommation annuelle électrique de 5.000 habitants. L'expérimentation durera deux ans et permettra de valider la technologie, son comportement face aux conditions météorologiques et océanographiques et ses rendements.

De fortes attentes sur l'éolien flottant

A ce jour, seulement six éoliennes flottantes sont exploitées à travers le monde : une au Portugal, une en Norvège et quatre au Japon. L'Ecosse s'apprête à mettre en service une ferme de cinq éoliennes flottantes. La France devrait rejoindre le peloton des pays leaders de la technologie avec le déploiement de quatre fermes pilotes d'éolien flottant à l'horizon 2021-2022, avant le lancement de fermes commerciales.

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) prévoit un objectif global pour les énergies marines (dont l'éolien flottant) de 100 MW à l'horizon 2023 et l'attribution d'une fourchette de 200 à 2.000 MW de projets supplémentaires, "en fonction du retour d'expérience des fermes pilotes et sous condition de prix". Selon la filière, le potentiel au large des côtes françaises est de 3 GW en Méditerranée et 3 GW en Bretagne/Pays de la Loire, pour un coût de production estimé en phase commerciale entre 80 et 100 €/MWh.

Le démonstrateur Floatgen est conçu "comme un point de départ au développement de fermes éoliennes flottantes commerciales", expliquent les partenaires du projet. Il devra confirmer la faisabilité technique et la viabilité économique de l'éolien flottant, mais aussi permettre de valider la solution technologique développée par Ideol, qui se veut être la plus compétitive sur le marché.

En effet, la turbine de Vestas de 2 MW reposera sur une fondation flottante en béton. Ce flotteur, de 36 mètres de côté et de 9,5 mètres de haut, vise à apporter une stabilité à l'éolienne tout en réduisant les coûts de conception et son emprise en mer (tant à la surface qu'en profondeur sous les eaux). Il a été testé en modèle réduit sur le bassin de houle de l'école centrale de Nantes. Ce flotteur devrait équiper les quatre éoliennes flottantes de la ferme pilote Eolmed au large de Gruissan (Aude). Il sera également expérimenté au Japon, en 2018 dans une version en acier et plus tard pour sa version en béton.

Floatgen "apporte déjà et continuera d'apporter aux partenaires du consortium un retour d'expérience unique notamment en matière de méthode de construction, d'installation et d'exploitation d'une éolienne flottante. Il servira également de vitrine commerciale à l'export", soulignent les partenaires.

Une construction majoritairement made in France

Jusqu'à 70 emplois directs ont été mobilisés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour la construction de la fondation flottante par Bouygues Travaux Publics. "A la différence des autres solutions de fondations flottantes en acier importées de l'étranger, le béton utilisé par la fondation Ideol permet une construction locale au plus près des sites d'installation", souligne le consortium.

Le système d'ancrage a été fabriqué par LeBéon Manufacturing (Morbihan) et une part importante des pièces forgées a été manufacturée à l'usine de Plouay (Morbihan).

"Les partenaires de Floatgen ont fait le choix de confier la plupart des commandes de composants ou d'activités logistiques à des fournisseurs installés dans l'aire nazairienne, comme Artelia (maîtrise d'œuvre), Ceteal (études techniques), Point P - Trouillard (fourniture béton), Shipelec (travaux électriques), Tissot (logistique), TGO (logistique et stockage), Mécasoud (fondation d'ancrage), SNEF (travaux électriques) ou encore Octra (location des barges de construction)...", détaille le dossier de presse.

Réactions2 réactions à cet article

 

L'article passe sous silence plusieurs points cruciaux :
* "l'équivalent de la consommation de 5000 personnes" : combien de vrais kWh, pour quel usage (éclairage, chauffage, électro-ménager, électronique,...), quel taux de disponibilité par tranche horaire, quel moyen de production en back-up ?
* quel est le coût complet du kWh produit ? Matériel, mais aussi, raccordement au continent et au réseau, entretien, etc. S'agissant d'un prototype, à quel terme peut-on espérer un coût se rapprochant de celui actuel de EdF ?
* quelle est l'espérance de vie ?
* quel est le coût et le provisionnement du démantèlement et du recyclage en fin de vie ?
La réponse à ces questions est indispensable si on veut valider ce moyen de production sans désespérer le consommateur...

dmg | 17 octobre 2017 à 09h47
 
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Bonjour,
Floatgen est un démonstrateur et, comme tout démonstrateur, il doit permettre d'apporter des réponses à ces questions et de valider (ou pas) la technologie. Le projet doit durer deux ans.
Quant aux coûts, les industriels misent sur 80 à 100€/MWh en phase commerciale. Mais là aussi, il s'agit pour l'instant d'une estimation...

Sophie Fabrégat Sophie Fabrégat
17 octobre 2017 à 09h59
 
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