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Les agriculteurs protestent contre les mesures encadrant les pesticides

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Le premier syndicat agricole, la FNSEA, et les Jeunes agriculteurs (JA) envisagent de démarrer cette semaine un mouvement de protestation. Ils demandent l'annulation de mesures, votées dans la loi alimentation ou en cours d'adoption dans la loi de finances pour 2019, visant notamment à réduire l'usage des pesticides.  Les syndicats agricoles ont annoncé le 7 décembre cette mobilisation dans un communiqué commun. Ils appellent à des rencontres avec les parlementaires et les préfets cette semaine. "En aucun cas, il ne s'agit de rejoindre le mouvement des gilets jaunes", ont-ils affirmé.

La FNSEA et les JA contestent deux mesures : la hausse de la redevance pour pollutions diffuses qui s'applique aux produits phytosanitaires en fonction de leur degré de toxicité et la séparation du conseil et de la vente de produits phytosanitaires. Ils dénoncent un "agri-bashing", "une stigmatisation" dont ils estiment faire l'objet notamment pour leur usage de pesticides. "Tout au long de la semaine, nous porterons la voix des agriculteurs auprès de nos parlementaires et de nos préfets, afin qu'ils mesurent l'urgence de donner du temps et des moyens à la transition écologique de l'agriculture qui mérite d'autres moyens que la fiscalité punitive", ont déclaré les deux syndicats.

Ce lundi 10 décembre, le syndicat agricole la Coordination Rurale dénonce aussi "l'augmentation considérable à venir de 680 millions d'euros de charges annuelles pour les agriculteurs, relatives à leur utilisation de produits phytopharmaceutiques".

"Chantage de la FNSEA"

Plusieurs ONG environnementales (WWF, Générations Futures, LPO, Aspas, FNH, etc.) fustigent une instrumentalisation par la FNSEA du mouvement social des gilets jaunes afin de faire pression sur le gouvernement pour retirer ces mesures. "Ces deux mesures visent à réduire l'utilisation des pesticides et à financer la conversion de l'agriculture française vers l'agro-écologie (…). Si le gouvernement cédait, ce serait un signal incompréhensible car cela ne répondrait à aucune demande des Français. Au contraire, cela se retournerait contre leur santé", a déclaré Pascal Canfin, président du WWF France. "Si les manifestants veulent notamment plus de pouvoir d'achat et moins d'impôts, ils ne veulent pas plus de cancers et de maladies de Parkinson pour eux et leurs familles", a-t-il ajouté.

L'association Générations futures dénonce aussi un "chantage" de la FNSEA qui "mène, une fois de plus, une action purement corporatiste, qui vise à protéger une agriculture du passé, basée sur l'utilisation de produits très dangereux".

"La présidente de la FNSEA profite des troubles sociaux pour remettre en cause les progrès environnementaux", a aussi critiqué la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). "Nos associations soutiennent la démarche de transition écologique portée par le Ministère du même nom et encouragent les élus à ne pas se laisser intimider par les lobbies contre nature".

Réactions10 réactions à cet article

 

Le cynisme de la FNSEA est sans bornes , on le savait ,on le voit
confirmé . Quel organisme corporatiste pourrait ainsi demander le droit d'empoisonner les gans ?

sirius | 11 décembre 2018 à 09h30
 
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Il s'agit bien d'une corporation, celle des cultures intensives, et une des raisons - essentielle - est de continuer à "foutre la trouille - aux "zélus" en affirmant le pouvoir des lobbies de l'agrobuisness.
Ce pouvoir était bien assis avec le précédent "soit-disant" ministre de l'agriculture, et se poursuit joyeusement avec le nouveau qui n’apparaît dans la presse que chaperonné par miss Lambert. Au point que si nous pouvions nous demander qui est le ministre, il n'y a plus de doute.

le neurone en vadrouille | 11 décembre 2018 à 10h36
 
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Il faut comprendre la FNSEA pour pouvoir mieux la dénoncer. Tout d'abord dans les chambres d'agriculture les exploitants directs n'ont pas la majorité lors des votes (21/43). En suite l'agro-business agricole (incluant les intrants, pesticides, tout le machinisme, les filières etc...) pèse d'un poids économique et d'emplois supérieur à celui de la production elle-même. Enfin, ce système contraint l'agriculteur de base à un rendement toujours plus élevé afin qu'il puisse rembourser les dettes qu'il a contractées lorsque, poussé par tout le système et les "parrains mafieux" qui lui ont promis des lendemains qui chantent grâce au "Progrès" , il est entré dans le cercle infernal du toujours plus. Et dans ce système, il ne peut se passer du matériel, des intrants et des pesticides.
Et lorsque cela va mal, il suffit de le victimiser : c'est la faute de Bruxelles (toujours pratique, l'Europe), de la réglementation, des "zécolos", etc... Et la capacité de nuisance de la FNSEA reste très élevée.
Mais qui peut croire que dans quelque pays que ce soit un parti ou un syndicat puisse détenir "démocratiquement" plus de 90% du pouvoir, comme le fait ce syndicat? Et lorsque vous êtes agriculteur, quoi que vous vouliez faire, il faut passer par la "chambre".

petite bête | 11 décembre 2018 à 10h54
 
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Non aux agricultueurs, oui aux bio-agriculteurs et autres bio-maraîchers agissant dans l'esprit permaculture.

Sagecol | 11 décembre 2018 à 11h12
 
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évidemment aussi c'est la faute à la FNSEA et à Bruxelles si des agriculteurs se suicident en masse, si les agriculteurs bio ne vont plus pouvoir avoir assez de sou de la PAC pour tenir leur reconversion, si les céréales meunières française sont refoulées des ports d'importation pour cause de parasites (sclérotes: le mal des ardents mortel, caries, ...), si les écolos bobos urbains prônent la décroissance, etc.

zhaooo2000 | 11 décembre 2018 à 11h39
 
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Et que feraient d'après vous les écolos bobos ou pas bobos ruraux qui ne chatouilleraient pas Sainte Christiane Lambert ?

Sagecol | 11 décembre 2018 à 18h00
 
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Beaucoup d'agriculteurs se suicident chaque année. De mémoire, 380 l'année dernière, tous en agriculture "conventionnelle". C'est assez logique et en même temps affreux : ils se culpabilisent eux-mêmes au lieu de demander des comptes au système qui les contraint. Comment voulez-vous qu'un être humain qui élève des animaux dans des conditions atroces ne refoule pas une culpabilité? Jusqu'au jour où l'inanité de cette vie et le manque de réussite, l'endettement, la solitude et l'impression que les consommateurs ne le respectent plus, tout cela fait déborder le vase. Avoir une vie de m... pour produire de la m..., en s'éloignant toujours plus de ce qui a fait durant des millénaires la fierté du paysan : son contact avec la nature et les saisons, la fierté de produire. Mais il n'y a pratiquement plus de paysans, seulement des "exploitants agricoles", ce qui est déjà tout un programme. Bientôt nous aurons la Salon de l'agriculture, musée vivant de tout ce qui n'existe plus qu'en trompe-l'œil. Quand aura-t-on à ce salon des épandages de fientes de volailles, des poules en batterie avec des moissonneuses à poules, et des élevages intensifs de porcs, avec le parfum "lisier N°5, de Crédit agricole"?

petite bête | 11 décembre 2018 à 18h54
 
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La FNSEA a sabordé début 2017 la phase finale de la rédaction de l'arrêté "phytos"du 4 mai 2017. Résultats : le niveau souhaitable d'amélioration de l'emploi des phytosanitaires est en très net décalage avec les avis règlementaires de Mise sur le Marché, avec notamment la non-application des mesures de gestion "protection de la biodiversité" et "prévention des ruissellements". Les responsables professionnels agricoles seraient bien inspirés d'agir afin de rapidement mettre en place le respect intégral des prescriptions des étiquettes et donc des mesures règlementaires qui permettraient de réduire de façons significatives les effets non-intentionnels des pesticides

AgrEaunome | 12 décembre 2018 à 14h30
 
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Il faut être clair : en agriculture "conventionnelle" (lisez : intensive), il n'est pas possible de se passer des pesticides et des intrants de toute sorte : cela ne serait pas rentable
. D'où l'échec des plans écophyto, Fertimieux, et autres "poudrauzieux". Ce sont des leurres destinés à faire croire qu'on peut mettre du poison, mais "moins". Tant qu'on ne changera pas les modes de production cela continuera. Et il y a bien plus de gens qui vivent sur le dos de l'agriculture sans être agriculteurs, que d'agriculteurs.

petite bête | 12 décembre 2018 à 18h13
 
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Il n'y a pas de "niveau souhaitable de l'emploi des phytosanitaires" qui n'est que le nom paravent et cache-sexe des pesticides. C'est un leurre et une escroquerie que de faire croire qu'on peut doser un poison, sauf en médecine. D'ailleurs si on poursuit la comparaison que fait l'UIPP (les marchands de pesticides) qui parle de "médicaments pour les plantes", et que l'on transpose, c'est comme de parler de traitements qui tueraient tout le monde pour protéger une personne d'une éventuelle maladie.
En agriculture productiviste, il n'y a pas de choix : l'emploi des pesticides ne peut être que comme le reste : intensif.

petite bête | 13 décembre 2018 à 10h27
 
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