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Assises de la forêt et du bois, un premier point d‘étape des mesures prévues

À l'occasion du Conseil supérieur de la forêt et du bois, le ministre de l'Agriculture a procédé à un premier bilan des actions promises lors des Assises de la forêt et du bois. La plupart d'entre elles sont lancées ou en gestation.

Agroécologie  |    |  Nadia Gorbatko
Assises de la forêt et du bois, un premier point d‘étape des mesures prévues

Clôturées en mars dernier, les Assises de la forêt et du bois avaient permis de tracer quatre grandes lignes pour ces filières et leurs parties prenantes : développer les connaissances pour mieux anticiper et accompagner leur évolution, pérenniser les financements consacrés au renouvellement de forêts plus résilientes et riches de biodiversité, assurer la compétitivité de la filière industrielle du bois, via l'innovation notamment et, enfin, expérimenter de nouvelles formes de dialogue pour la conduite des politiques forestières.

Construite autour d'une vision multifonctionnelle de la forêt, cette approche s'était concrétisée par la programmation d'une trentaine d'actions. Un peu moins d'un an plus tard, « toutes les mesures sont lancées ou trouvent une traduction concrète », a constaté le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, lors d'un point d'étape, effectué lors du Conseil supérieur de la forêt et du bois (CSFB) du jeudi 1er décembre.

Une meilleure appréhension du milieu

Pour ce qui concerne l'élargissement des connaissances sur le milieu, un Observatoire de la forêt sera bien mis en place, début 2023, par l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), en lien notamment avec l'Office national des forêts (ONF) et le Centre national de la propriété forestière (CNPF). Ses informations complèteront celles du Réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (Renecofor), en activité depuis plusieurs années, mais désormais soutenu par les ministères de l'Agriculture, de la Transition écologique et de la Transition énergétique. Une toute nouvelle commission scientifique sur les essences d'avenir s'est par ailleurs déjà réunie une première fois en novembre dernier.

 
Toutes les mesures sont lancées ou trouvent une traduction concrète  
Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture
 
Ces écosystèmes risquent d'évoluer avec les changements climatiques. Sous la forme de programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), un projet d'étude tenant compte de ce contexte a donc été lancé, autour d'une approche globale et pluridisciplinaire. Bénéficiant d'une enveloppe de 50 millions d'euros, il est piloté par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique (Cirad). En parallèle, financé à hauteur de 300 000 euros, un appel à projets a été lancé, en avril dernier, toujours autour de l'adaptation au changement climatique, par le réseau mixte technologique (RMT) Aforce. Une sélection de quatre projets a déjà été réalisée, une nouvelle relève est prévue en janvier prochain.

Un important reboisement prévu

 
Première vague de lauréats de l'appel à projets « Bois construction » Afin d'aider la filière à progresser en matière de transformation de la ressource forestière en « bois technique » pour la construction, l'État avait lancé l'appel à projets SCB (bois construction), en mai dernier, dans le cadre de France 2030. Au total, 30 projets ont été sélectionnés. Ils représentent 800 M€ d'investissement subventionnés à hauteur de 125 M€.
 
Dans le même temps, des efforts devront être faits en matière de reboisement, alors que la forêt dépérit sous l'effet des maladies ou des incendies. Publié en avril dernier à destination des pépinières forestières et des entreprises de reboisement, un appel à projets a déjà permis de soutenir 94 entreprises. Il a été suivi d'un deuxième, le 19 novembre dernier, plus spécifiquement dédié aux semenciers forestiers. Des aides financières ont également été accordées au renouvellement dans le cadre de France Relance, via une deuxième tranche de 88 millions d'euros, mais également de France 2030 à hauteur de 150 millions.

Le 28 octobre dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé l'objectif de planter un milliard d'arbres en dix ans afin de renouveler la forêt de 10 %. Cette action devra s'appuyer sur une stratégie nationale pluriannuelle de renouvellement et d'adaptation des forêts, encore à élaborer. Ce document définira les surfaces concernées, la dynamique à adopter, les essences à utiliser, les financements à mobiliser et les conditions de réussite à réunir. Son élaboration associera l'ensemble des acteurs concernés. Le risque incendie étant devenu encore plus évident depuis les Assises, une mission des inspections ministérielles, dite « Chatry 2 », s'emploie désormais à cartographier les risques dans un contexte de changement climatique, aux horizons 2040 et 2060. Ses conclusions sont attendues au cours du premier trimestre 2023. Associant les acteurs locaux, un groupe de travail avance aussi sur les clarifications à apporter aux obligations légales de débroussaillement (OLD).

La durabilité et la biodiversité en ligne de mire

Afin de favoriser une gestion durable, des efforts de simplification de la télédéclaration des plans destinés à cet objectif sont notamment en chantier. Mais un groupe de travail devrait aussi être prochainement mis en place pour identifier les freins et les leviers au développement de la part de forêt privée disposant d'un document de gestion, reprendre en main les biens vacants ou lutter contre le morcellement de la forêt privée. Outre la durabilité des forêts, leur richesse en biodiversité fera également partie du cahier des charges de la mesure « renouvellement forestier » de France 2030, en cours de finalisation pour le début de l'année prochaine.

Mais d'ores et déjà, un Plan national d'action « vieux bois et forêts subnaturelles » a été défini. Cartographie des espaces et analyse scientifique des besoins à l'appui, il sera présenté en janvier. Des concertations sont en cours pour faire de même en faveur des sols. Certaines de ces initiatives pourront peut-être bénéficier du Label bas carbone, lui-même objet d'une déconcentration des procédures en cours. En tout début d‘année prochaine, une attention particulière sera en outre portée aux forêts d'outre-mer et à leurs spécificités, dans le cadre d'une réunion de la commission consultative sur les forêts d'outre-mer de l'ONF.

Une implication tous azimuts

Enfin, la nécessaire évolution du dialogue et des modes de gouvernance a été prise en compte, afin d'améliorer l'implication de la société dans la gestion forestière. Celle-ci fait ainsi l'objet d'un appel à manifestation d'intérêt, lancé jeudi 1er décembre, afin d'accompagner la concertation locale autour des enjeux complexes forestiers. Le renforcement du Conseil supérieur de la forêt et du bois a, en outre, été acté. L'élargissement de sa composition sera établi par décret avant la fin de cette année.

Les soutiens promis à la filière du bois se sont également traduits par plusieurs appels à projets : « Biomasse chaleur pour l'industrie du bois » (BCIB), à renouveler début 2023, « Systèmes constructifs bois » (SCB) ou  « Normes incendie dans les bâtiments en bois ». « Il ne faut pas opposer les fonctions », a souligné Marc Fesneau, en rappelant la nécessité de disposer d'une forêt « au rendez-vous de la neutralité carbone », sans pour autant « en rajouter » en matière de règlementation. Les directions prises depuis les Assises serviront de canevas au volet « forêt » de la planification écologique, également lancé lors de ce même conseil.

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