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Actu-Environnement

La France accélère sur les smart grids

Les travaux de la Nouvelle France industrielle sur les réseaux électriques intelligents se concrétisent : de nouveaux démonstrateurs, dont un à l'échelle départementale ou régionale, une association préfigurant l'équipe de France des smart grids...

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

La filière des réseaux électriques intelligents est en ordre de marche. Le plan Smart grids de la nouvelle France industrielle, validé le 7 mai 2014 à l'Elysée, se met progressivement en œuvre. Alors que le gouvernement lance un nouvel appel à candidatures pour des démonstrateurs dans les territoires, dont un à grande échelle (départementale ou régionale), plusieurs projets sur les smart grids, lancés dans le cadre des investissements d'avenir, livrent de premiers enseignements.

Parallèlement, RTE a annoncé la création d'une association professionnelle Smart grids France, destinée à créer une véritable équipe industrielle. Objectif : 25.000 emplois directs en France d'ici 2020 et un chiffre d'affaires de 6 Md€, dont la moitié à l'export. Le marché mondial est estimé à 30 Md€, rappelle RTE.

Bientôt un démonstrateur à l'échelle départementale ou régionale

D'ici la fin de l'année, des collectivités seront retenues pour déployer de nouvelles briques fonctionnelles autour des réseaux électriques intelligents. Insertion des énergies renouvelables, pilotage de l'offre et de la demande d'électricité, complémentarité des vecteurs énergétiques, automatisation des réseaux, gestion des nouveaux usages électriques, développement de modèles d'affaires pertinents devront être au cœur des projets. Ils devront prendre en compte les premiers apprentissages issus des démonstrateurs déjà déployés et être conçus sur des territoires de taille plus importante.

"Cette démarche aboutira à la sélection d'une zone initiale permettant aux opérateurs de réseaux de déployer par anticipation l'ensemble le plus large des technologies smart grids éprouvées et d'autres zones sur lesquelles seront rapidement déployées tout ou partie de ces technologies, en fonction de la maturité des projets candidats et des premiers retours d'expérience", indique le gouvernement.

L'idée de "concentrer dans l'espace et le temps une première phase de déploiement d'un ensemble cohérent de solutions réseau électrique intelligent" a été inscrite dans la feuille de route du plan Réseaux électriques intelligents. Les industriels souhaitaient en effet que le déploiement d'une première tranche de compteurs communicants Linky (100.000 à 200.000 d'ici 2016) soit complété par la diffusion de box énergies, de services associés, par l'équipement ciblé de postes électriques et l'instrumentation du réseau électrique. "Tous les efforts seraient concentrés dans une zone à fixer entre la maille département et région mobilisant les énergies combinées du ou des gestionnaires de réseau de distribution concernés, de RTE et des partenaires tels que les fournisseurs d'énergie, des industriels de matériel électrique, des équipementiers pour les box aval compteur et pour les bornes de recharge des véhicules électriques et les collectivités locales", analysaient alors les acteurs de la filière.

De premiers enseignements positifs

Une dizaine de démonstrateurs smart grids de taille moyenne a déjà été financée, depuis 2010, dans le cadre des Investissements d'avenir. Ils visent à valider la pertinence et la faisabilité de la gestion de la demande (domestique, tertiaire ou industrielle), du pilotage des moyens de production décentralisés ou encore du stockage.

 
Un concours pour les PME et les start up Le gestionnaire de réseau ERDF a lancé, le 16 avril, un concours Réseaux électriques intelligents à destination des PME, microentreprises et des start-up françaises. Une thématique d'innovation a été définie pour huit grandes régions françaises, répondant aux défis qu'elles devront relever à l'avenir : big data et data analytics (Ile-de-France), visite et surveillance du réseau aérien (Est), transmission des savoirs et gestion de la connaissance (Ouest), détection et cartographie des réseaux souterrains (Rhône-Alpes Bourgogne), excellence de la relation clients (Auvergne Centre Limousin), technicien 3.0 (Sud-Ouest), véhicules électriques (Méditerranée) et observabilité et pilotage en continu du réseau électrique (Manche Mer du Nord). Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 1er juillet, pour une enveloppe totale de 500.000€.
 
Certains projets viennent de livrer leurs premiers résultats. A l'instar d'Infini drive, qui a expérimenté la gestion d'une flotte de véhicules électriques en entreprise et sa pertinence technique, organisationnelle, économique et environnementale. En mars 2015, les partenaires du projet ont publié un guide d'usage de flottes électriques, qui présente les principaux résultats de l'expérimentation menée dans plusieurs sites de La Poste et d'ERDF. Conclusion : la mobilité électrique est adaptée aux besoins des entreprises, son bilan environnemental et économique est positif.

Concernant le pilotage de la recharge des véhicules, le projet a étudié la possibilité de limiter la charge de puissance, et donc l'impact sur le réseau. Pour ce faire, un planning de présence des véhicules est nécessaire, ainsi qu'une analyse de la courbe de charge du bâtiment, afin d'identifier les creux propices à la recharge.

Plusieurs pratiques ont été testées dans le cadre du projet. Ainsi, "la recharge d'un groupe de véhicules électriques a pu être pilotée afin de favoriser la recharge pendant les heures creuses, où le prix de l'électricité est le plus faible". Une horloge a été mise en place sur la ligne dédiée aux bornes de recharge.

La deuxième solution testée consiste à mettre en place un plafond de puissance : "Cette politique de recharge, mise en place sur un des sites tests qui présentaient un appel de puissance important (à 22h, heure de début de la plage d'heures creuses), a permis de réduire cet appel de puissance et ne pas dépasser la puissance souscrite sans impact sur les activités des véhicules".

Enfin, il a été possible de moduler l'intensité de recharge d'un ensemble de véhicules électriques. Cela nécessite la mise en place d'une plateforme de gestion et de supervision qui reçoit un planning de charge et a une connaissance fine des besoins de recharge des véhicules (100% ou moins). Couplées à une gestion fine de l'affectation des véhicules, ces solutions peuvent entraîner des gains économiques et environnementaux importants (jusqu'à 14% d'économie et 30% d'émissions de CO2 en moins).

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
Pour quand est prévu la décision de l'Etat sur les candidatures en réponse à l'APP REI ? il me semble que c'était prévu pour fin novembre
Quels sont les candidats en lice ? FlexGrid, Projet Smile... d'autres ?
merci,

Frederic | 24 novembre 2015 à 16h25
 
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Bonjour,
Effectivement, l'annonce des projets retenus était attendue pour novembre, mais cela n'a pas encore été fait à ma connaissance. Plusieurs territoires se sont portés candidats, dont les régions Bretagne et Pays de Loire (projet Smile), la région PACA (Flexgrid), les régions Nord-Pas de Calais et Picardie.

Sophie Fabrégat Sophie Fabrégat
24 novembre 2015 à 17h18
 
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