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Friches polluées : les lauréats de l'appel à projets de l'Ademe visent une meilleure durabilité

L'Ademe a dévoilé les lauréats de son dernier appel à projets portant sur la reconversion des friches urbaines polluées. Les projets sélectionnés s'inscrivent davantage dans une démarche d'aménagement durable que par le passé.

Aménagement  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°378 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°378
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Le nombre de lauréats 2017 de l'appel à projets "Travaux de dépollution pour la reconversion des friches urbaines polluées" s'élève à dix sur un total de 35 candidatures reçues, révèle l'Ademe. Cet appel à projets avait été lancé en mars 2017 et ses lauréats viennent s'ajouter aux 110 projets ayant déjà bénéficié du soutien de l'agence entre 2010 et 2016.

 
Les dix lauréats de l'appel à projets Auvergne-Rhône-Alpes
Ville de Saint-Egreve : site Philibert-Dellastre à Saint-Egrève (38)
Bouygues Immobilier : projet Villenciel à Villeurbanne (69)

Grand-Est
Linkcity : îlot Jardiniers à Nancy (54)
Ville de Strasbourg (67) : secteur Saint Gall du Parc naturel urbain Ill-Bruche
SCI Seroc : ancien site Erge2000 à Huttenheim (67)

Hauts-de-France
SEM Villes Renouvelée : friche Peignage Amédée-Prouvost du futur quartier d'activités à La Lainière à Wattrelos (59)
Métropole européenne de Lille : friche Teintureries et Impressions du Nord (TIN) à Don Sainghin en Weppes (59)

Ile-de-France
SCI La Fabrique de la danse : site Gambetta à Paris (75)

Normandie
Ville du Havre : îlot Duguay-Trouin au Havre (76)
Normandie Aménagement : projet de plate-forme de recyclage de terres excavées sur l'ancienne usine sidérurgique de la SMN à Colombelles (14)
 
"Le cahier des charges s'est renforcé depuis le lancement de l'initiative initiée à la faveur du plan de relance de 2009", explique Laurent Chateau, en charge de l'appel à projets à l'Ademe. Les projets, ajoute-t-il, se doivent d'être exemplaires sous trois angles. Au niveau des techniques de dépollution d'abord avec un traitement des terres polluées in situ ou sur site. Autrement dit, le traitement hors site est banni sauf problématique particulière comme une pollution aux PCB par exemple.

"Une bonne anticipation du projet dans le cadre d'une conception intégrée est requise", explique aussi M. Chateau. Les projets doivent être définis en fonction de la pollution présente sur le site et de la dépollution à mettre en place. Mais une certaine interaction est requise car le niveau de dépollution est aussi fixé en fonction de l'usage projeté. Cette approche peut conduire à interdire certains aménagements ou à modifier ceux qui étaient prévus initialement par le porteur de projet. "Les contraintes de dépollution peuvent par exemple imposer trois niveaux de parking sous un immeuble d'habitation", illustre M. Chateau.

En tout état de cause, les projets doivent être conduits conformément à la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués (SSP), révisée en avril 2017, qui prévoit notamment un plan de gestion et la mise en œuvre d'un bilan coût/avantages qui permettra de déterminer les techniques de traitement appropriées au site.

"Le projet doit par ailleurs s'inscrire dans une démarche cohérente avec les orientations du territoire en terme d'énergie, de mobilité, de continuités écologiques ou de réduction des espaces artificialisés", ajoute Laurent Chateau. Ce qui doit notamment se traduire par une compatibilité du projet avec les plans locaux d'urbanisme (PLU).

Des projets plus structurés et mieux pensés

La prise en compte de ces exigences aboutit à des projets plus structurés et mieux pensés. Certains projets peuvent paraître moins ambitieux car ils ne conduisent pas à des aménagements tape à l'oeil, mais l'ambition peut résider dans une dépollution de long terme et une amélioration de la qualité du milieu, analyse Laurent Chateau.

C'est le cas du projet de la ville de Strasbourg qui prévoit la création d'un parc urbain avec la perspective de création de zones dédiées aux jardins partagés et à des espaces pédagogiques. C'est aussi le cas de la métropole de Lille avec la création d'un parc qui sera le poumon de tout le quartier et qui affiche un objectif de reconquête de la qualité des eaux souterraines.

Un taux d'aide qui atteint 55%

En plus de ces trois critères, l'aide de l'Ademe doit présenter un caractère incitatif pour la réalisation de l'opération. En d'autres termes, le projet n'était pas à l'équilibre financier en l'absence d'intervention de l'établissement public. En l'espèce, les dix projets retenus représentent un coût total de plus de 11 millions d'euros de travaux de dépollution éligibles et une aide totale de l'Ademe de 2,9 millions d'euros. Le taux d'aide peut atteindre un maximum de 55% pour les meilleurs dossiers, ce qui est le cas de la ville de Saint-Egrève (38) ou de la SCI La Fabrique de la danse sur le site Gambetta à Paris.

Certains maîtres d'ouvrage ont pu affiner leur projet dans le temps. "Cela est plus facile pour des collectivités que pour des promoteurs qui ne subissent pas la pression de la vente des logements", explique le représentant de l'Ademe. Tel est le cas de la ville de Saint-Egrève qui a déposé trois fois son dossier et a pu affiner ses solutions techniques grâce à la réalisation d'essais pilotes. Mais cela n'empêche pas des maîtres d'ouvrage privés de travailler également leur projet dans le temps. Ainsi en est-il pour Bouygues Immobilier qui, confronté à une pollution forte aux PCB à Villeurbanne (69), a présenté une nouvelle fois son projet après l'avoir révisé.

De quoi donner espoir aux recalés de l'appel d'offres. D'autant plus que l'Ademe annonce la poursuite de sa politique d'accompagnement des projets de reconversion de friches. Cela se traduira en 2018 par le soutien de projets d'aide à la décision (inventaires historiques urbains, plans de gestion, études de faisabilité, essais pilote....) et par le lancement d'un nouvel appel à projets en fin d'année.

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