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Fusion nucléaire : la création d'ITER validée par décret

Alors que le débat national sur la transition énergétique est sur le point de débuter, le gouvernement a déjà choisi de publier le décret autorisant officiellement la construction d'ITER dont le chantier est lancé depuis 2010.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Fusion nucléaire : la création d'ITER validée par décret

Par un décret publié le 10 novembre au Journal Officiel, le Gouvernement français a officiellement autorisé la construction du réacteur expérimental ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Cette installation nucléaire de base (INB), déjà en construction sur le site nucléaire de Cadarache (13) depuis juillet 2010, aura pour objectif la maîtrise de la fusion nucléaire.

Une entrée en service au plus tard dans 25 ans

ITER devrait en effet tenter la fusion avec des atomes de deutérium et de tritium. Théoriquement, leur fusion a pour finalité la libération d'énergie jusqu'à 10 fois plus que la quantité injectée pour provoquer la réaction. Mais cette fusion est difficile à réaliser car il faut rapprocher deux noyaux qui ont tendance naturellement à se repousser et ce phénomène ne peut avoir lieu que dans des conditions de température et de pression extrêmement élevées. Pour satisfaire à ces conditions, il faut donc confiner les deux noyaux, augmenter la température, créer un plasma favorisant la rencontre des deux noyaux et le piéger pour éviter grâce à de puissants champs électromagnétiques. Cette opération se fait dans un four baptisé "tokamak".

Selon le décret, le site de l'INB accueillera plusieurs bâtiments nucléaires. Un premier abritera le tokamak et le système de recyclage du tritium. Un deuxième bâtiment sera destiné aux activités de maintenance, de traitement et d'entreposage des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et des déchets de tritium tandis qu'un troisième bâtiment servira au traitement des déchets radioactifs.

Ce tokamak expérimental aura pour mission de démontrer qu'il est possible de générer des réactions de fusion produisant 500 mégawatts pendant plus de 6 minutes, et dans un second temps, que ces réactions peuvent être maintenues pendant plus de 16 minutes. Selon le décret, la mise en service de l'installation correspondra à la réalisation du premier plasma deutérium-deutérium dans la limite de 25 ans à compter de la publication du texte. Selon le CEA, ITER devrait être opérationnel en 2020 pour une exploitation sur 20 ans.

Un projet controversé en plein débat énergétique

Le décret fait suite à la demande d'autorisation déposée une première fois en janvier 2008 puis en mars 2010 par l'Organisation ITER et à plusieurs avis rendus dans le courant des années 2011 et 2012 et notamment celui de l'ASN dernier en date. Mais la publication de cette autorisation à l'aube du débat national sur la transition énergétique laisse comme un sentiment d'impuissance et de déni : "En signant le décret de création avant le commencement du « grand débat sur l'énergie », [la ministre de l'Ecologie Delphine Batho] confirme à la fois la politique du fait accompli du gouvernement et le caractère illusoire de ce débat, qui ne permettra même pas de discuter une décision aussi lourde de conséquence", estime le Réseau Sortir du nucléaire.

Outre ce calendrier inopportun voire indécent pour certains, le projet ITER en tant que tel ne fait pas l'unanimité. "Ce projet très centralisé, productiviste, n'a fait l'objet d'aucune évaluation scientifique contradictoire : c'est un projet non maîtrisable critiqué par les physiciens du plasma et même Masatoshi Koshiba (prix Nobel japonais de physique)", souligne Michèle Rivasi, eurodéputée EELV et membre de la Commission Industrie, recherche et énergie du Parlement européen. Déjà en 2010, plusieurs scientifiques avaient appelé à l'abandon d'ITER. Georges Charpak, prix Nobel de physique, Jacques Treiner (Université Pierre et Marie Curie, Paris) et Sébastien Balibar (Ecole normale supérieure) l'avaient jugé ''hors de prix et inutilisable''. Le coût du projet a été évalué à 15 milliards d'euros. Sa budgétisation par l'Europe, l'un des sept partenaires à le financer, a d'ailleurs été au cœur d'une longue querelle entre Etats membres dans le cadre de l'étude du budget européen pour 2012 et 2013.

Réactions32 réactions à cet article

 

Une énorme erreur de plus

Comme quoi obtenir une majorité de voix (des seuls votants) n'est pas une attestation d'intelligence.

Tapez GSIEN

Sprikritik | 13 novembre 2012 à 06h43
 
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En supposant même qu'ITER fonctionne, qu'allons nous faire ensuite de la chaleur dégagée. Ce sera ni plus ni moins une super accélération du réchauffement climatique avec tous les problèmes associés.
Une hérésie de plus accordé à des petits enfants jouant avec le feu. Le tout sur le dos du contribuable, c'est top le bon sens de nos X-mines ou X-centrale.

arthur duchemin | 13 novembre 2012 à 10h15
 
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@ Arthur
Si ITER fonctionne (ce qui déjà n'est pas gagné d'avance), on aura de la chaleur et potentiellement de l'électricité à foison pendant ... 6 minutes d'affilé voire 16 min !

C'est bien ça le pire.
A l'aube d'une révolution énergétique (oui, je ne considère pas que le jour se soit encore levé sur les ENR), on choisit d'engloutir des milliards pour une éprouvette qui ne servira, au mieux, qu'à valider le fait de devoir dépenser encore plus pour un premier site de production industrielle !

Au pire, un peu plus de déchet nucléaire, voire un petit incident rasant quelques ha ...

Et entre les 2, juste de l'argent gaspillé pour une poignée de scientifiques alors que des milliers d'installateurs, de constructeurs et d'autres scientifiques attendent un soutien à leurs filières respectives (isolation, éclairage + perfomant, PV, solaire thermique, petit et grand éolien, hydraulique de rivière et en mer, ...).

Merci de ne pas mettre tous ces oeufs dans ce panier !

Tombour | 13 novembre 2012 à 12h12
 
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On propose une solution ultra productive (4 fois plus que les réacteurs à fusion) et propre (les seuls rejets sont des neutrons et de l'helium non radioactif). C'est à se demander si les opposants à ce projet defendent vraiment le developpement durable ou un mode de vie alternatif.
Quand à la chaleur dégagée, c'est justement le principe d'une centrale électrique, convertir l'energie thermique en énergie électrique. Et si on avait jamais joué avec le feu, on vivrait encore à l'age de pierre.

Cysz | 13 novembre 2012 à 13h18
 
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Oh mon dieu ! mais où allons nous ?
On parle de crise, mais avec un budget comme ça on aurait pu faire un grand pas dans l'énergie, seulement nous savons que nous rajouter des problèmes que l'on devra régler dans quelques années comme à chaque fois. On passe trop de temps a réparer nos problémes.

cyndie | 13 novembre 2012 à 13h52
 
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@ Tombour
ITER représente un peu plus que du travail pour quelques scientifiques, entre le développement, la construction, l'exploitation (puis le démantèlement...) se sont plusieurs milliers d'emploi qui seront créés.
Et oui c'est sûr que c'est beaucoup d'argent pour au final une installatallation expérimentale, mais il faut relativiser par rapport au au rendement énergétique espéré qui est incomparable (pour le moment) aux autres sources d'énergie. De plus, "à l'aube d'une révolution énergétique" la recherche est primordiale et il est plus que nécessaire de ne pas se fermer aucune porte dans ce domaine, même si il es de bon ton en ce moment d'hurler au loup lorsque l'on évoque le "nucléaire".

evil laywer | 13 novembre 2012 à 13h55
 
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@arthur duchemin : lol non désolé mais à mon avis, aucune chance que le fonctionnement d'ITER ait la moindre influence appelable "super accélération du réchauffement climatique" : ça consomme énormément d'énergies lorsque ça chauffe (et l'impact sur l'effet de serre dépend donc de comment est produite cette énergie : voir le mixe Fr.).

Mais malgré un intérêt scientifique long terme certain (pas besoin d'uranium ou autres matériaux radioactif), il est vrai que depuis son lancement, ITER depuis son lancement fait surtout montre de la durée ET des coûts pharaoniques du projet alors que les autres filières énergétiques (pour continuer la liste mais par mes favoris : solaire thermique individuel, marrée-motrice et bio-carburants type micro-algues) ont un trés urgent besoin de soutien financier sur le côté scientifique (afin d'améliorer les rendements et diminuer les coûts économiques et écologique) PUIS d'installation : ce qui apporte comme ITER un atout assez probable à long terme mais contrairement à ITER aussi de court et moyen terme : il n'est donc pas cohérent de favoriser ITER par-rapport à la science dans les ENR en temps de "crise" économique.

Lionel | 13 novembre 2012 à 14h04
 
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Merci à ceux qui n'ont pas les connaissances de base en physique nucléaire et en centrales thermo-électriques de s'abstenir de raconter des âneries monumentales sur le sujet.

LPF57 | 13 novembre 2012 à 14h51
 
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ITER n'a pas et n'a jamais eu vocation à produire de l'electricité.

C'est un site de recherche qui doit valider que l'on peut maintenir une réaction de fusion par confinement magnétique beaucoup moins polluante et dangeureuse que la fission.

Bobby | 13 novembre 2012 à 16h56
 
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@LPF57 : les gens participent de plus en plus au débat par diverses manières comme par exemple en réagissant aux news d'Actu-Environnement et ce ne peux pas être une mauvaise chose pour la démocratie. Certains (peut-être aussi moi y compris pour quelques sujets) ont tendance à manquer d'humilité dans leur propos ou à s'appuyer sur les sources qu'ils ont trouvé et entendu et qui sont plus ou moins scientifiquement valables. Il y a tout de même pas mal de sujets ou chacun peut avoir un avis, ne serait-ce que par principe, basé sur le bon sens ; et enfin, les sensibilités sont très diverses.
C'est pourquoi, je penses que c'est plus aux spécialistes, aux chercheurs et (mais pas seulement!) aux entreprises de simplifier/banaliser et d'expliquer les sujets économiquement ou techniquement compliqués comme par exemple la fusion nucléaire (qu'il est très important de différentier avec la fission, même les réacteurs de nouvelle génération ou les rares sites qui expérimentent le recyclage des déchets radioactifs).
Je te propose donc de ne pas hésiter à donner un peu de ton temps, lorsque tu constate des déclarations que tu considère techniquement affligeantes, à corriger en argumentant par a+b, en expliquant sans apporter une mauvaise ambiance.
Merci d'avance à toi et tous les autres spécialistes/scientifiques dans le même cas.

Lionel | 13 novembre 2012 à 17h22
 
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Le problème avec les spécialistes, c'est qu'ils sont tellement dedans qu'ils ne pensent qu'à ça.
Que fait Cécile Duflot : elle s'accroche à son siège de ministre.
Et, elle a raison, car lorsque tout ça va nous exploser à la figure, je suis comme les scientifiques, je n'en connais pas encore le résultat. Mais il devraient l'expérimenter, comme cela ils auraient un panel complet.
Qu'ils apportent leur savoir sur ce genre de post, c'est bien. Je voudrais retrouver les post qui ont suivi la construction de Fukushima pour voir ce qu'ils apportaient comme maîtrise sur le sujet. Bon, là ils sont contents car ils ont un test grandeur nature de catastrophe. Pour en éviter d'autre...comme après Tchernobyl... c'est comme le dopage, il y en a un qui se fait prendre...tous les ans....
Je veux bien être idiot, ne pas comprendre la physique mais s'amuser avec ma vie, je dis non... Et en plus, c'est moi qui paie ....

fab08022 | 13 novembre 2012 à 21h45
 
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Pour une activité prétendue propre par certains, force est de constater que la fission produira des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue.
Face au retard pris dans le traitement des déchets et le démantèlement des centrales à fission (la centrale de Brennilis ne produit plus d'électricité depuis 25 ans et le démantèlement du coeur vient d'être une nouvelle fois retardé par l'ASN parce qu'EDF ne sait toujours pas ou stocker définitivement les déchets MA-VL),
face à la fuite en avant qui consiste à faire du Mox avec une partie des déchets des centrales à Uranium enrichi,
face à l'augmentation continuelle par rapport aux prévisions du coût de l'électricité nucléaire consécutive à la nécessité de traiter les déchets ultimes, de se prémunir contre les catastrophes naturelles ou contre le terrorisme il n'est pas raisonnable de mettre tous nos oeufs dans le même panier; La première urgence en France est donc de nous diversifier en particulier dans les énergies renouvelables. Ensuite et seulement ensuite on peut et on doit me semble-t'il participer dans la mesure de nos moyens financiers et de nos compétences scientifiques et techniques à ce projet qui n'est pas simplement européen mais international.

bob | 13 novembre 2012 à 23h25
 
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@ Cysz : Oui pour le DD, mais pas en misant une fortune sur une théorie qui ne pourra être utile que dans une centaine d'année. Comme Bob : "Ensuite et seulement ensuite on peut et on doit me semble-t'il participer dans la mesure de nos moyens financiers ... "
Je ne suis pas opposé au projet, je ne le considère pas comme LA solution (+ incertitude sur une utilisation industrielle), c'est pourquoi je suis contre le fait qu'on y engloutisse ces milliards, surtout maintenant.

@Evil Laywer : je parlais d'argent gaspillé, pas de travail. Mettez la même somme sur la table, vous payez autant de scientifiques (la recherche est nécessaire au développement, je suis tout à fait d'accord) et beaucoup + de travailleurs (une étude parlait de 3000 à 7500 postes pour ITER) pour le développement, la construction, l'exploitation (puis le démantèlement...) des autres filières ENR et MDE, vous obtenez des filières économiques perennes (du travail), un impact sur l'environnement dès le court terme, une répartition sur le territoire en phase avec les besoins (pour la MDE surtout mais aussi les ENR, diverses et variées), des économies d'énergie pour les habitants (le pouvoir d'achat...) et une baisse de dépendance aux énergies fossiles, avant qu'elles ne crèvent le plafond. Voilà en quoi je considère qu'ITER ne "sert" qu'une poignée de scientifiques. Le soleil nous apporte toute l'énergie nécessaire (yc biomasse, vent, marée, bioclimatisme ...) mais non, on veut refaire le soleil, à coup de M€

Tombour | 14 novembre 2012 à 10h57
 
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@bob La fission ne produit pas directement de dechet radioactif, contrairement à la fusion. II s'agit ici uniquement de batiment annexe d'entreposage et de traitement des dechets, mai ceux ci ne peuvent en aucun cas venir de la fusion nucléaire.

J'insiste sur le fait qu'il est important d'entamer dès aujourd'hui ce type d'experimentation vu le temps qu'elles nécessitent pour être au point. D'autant plus qu'il n'y à l'heure actuelle pas d'autre alternative pour produire proprement de l'énergie en grande quantité.
Le solaire et l'eolien restent selon moi des solutions d'appoint pertinentes à petite echelle (logement, immeuble,...), pas pour des utilisation plus importantes (transports électriques, industrie, etc).
Enfin, pour rassurer les sceptique, il n'y a aucun risque d'emballement d'un réacteur à fusion. Il suffit de couper l'alimentation et la réaction s'arrete.

Si l'experience ITER aboutit à une utilisation industrielle, la fusion pourrait fournir une énergie considérable, sans pollutions directes et sans risque d'accident nucléaire type fukushima. Que demander de plus?

Cysz | 14 novembre 2012 à 13h46
 
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@Cysz
Je vous invite à consulter le site d'ITER qui pratique la litote. En effet on y apprend que :
"Les matériaux qui constituent les parois des composants internes et de la chambre à plasma sont progressivement activés par l'impact des neutrons de très haute énergie. Les matériaux internes peuvent également être contaminés par de petites quantités de poussières radioactives (béryllium et tungstène principalement) et par le tritium."
" La demi-vie de la 'plupart' des isotopes radioactifs présents dans ces déchets est inférieure à dix ans et la réaction de fusion ne produira pas de déchets à vie longue: en un siècle, la radioactivité de ces matériaux aura suffisamment diminué pour permettre leur recyclage dans les futures centrales de fusion."

Les neutrons non chargés électriquement ne sont donc pas confinés dans la chambre par les champs magnétiques et vont en frapper les parois ce qui produits des déchets radioactifs qu'il faudra stocker une centaine d'années avant de les injecter dans les futures centrales de fusion.
On constate que si la plupart des déchets ont une durée de vie inférieure à 10 ans ce n'est évidement par le cas pour tous. ITER nous dit donc à demi-mots que ces réacteurs censés être propre serviront donc dans un siècle, si on arrive à les mettre au point, d'installation de traitement des déchets de forte activité à vie courte quand leur activité sera devenue moyenne. L'enjeu n'est donc pas qu'énergétique.

bob | 14 novembre 2012 à 19h17
 
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@Cysz
"La fission ne produit pas directement de dechet radioactif, contrairement à la fusion."
Rho, elle est belle celle là ;)

bobby | 14 novembre 2012 à 21h47
 
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@bobby: Edit de mon post précédent: j'ai inversé fission et fusion, je ne pensais pas nécessaire de faire un post de correction.

@bob: Je pense que c'est pour ces raisons qu'il est nécéssaire de lancer des experimentations comme ITER. Les neutrons pourrait theoriquement être gérés par une couverture tritigène qui de plus alimenterait le réacteur en tritium.

Cysz | 15 novembre 2012 à 11h00
 
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CAP21, parti écologiste indépendant regrette cette décision et réaffirme son opposition au projet ITER et ce pour plusieurs raisons :

- Le coût qui a triplé depuis 10 ans pour atteindre une enveloppe prévisionnelle de 16 milliards d'euros : il est à regretter que les sommes englouties dans le projet ne soient pas consacrées en ces temps de crise économique, sociale et écologique à des investissements plus productifs en terme économiques et d’emplois dans le domaine de l’énergie et de la communication (production décentralisée, stockage, distribution…) et permettant à l'Europe de devenir le fer de lance de la lutte internationale contre le changement climatique. Le parlement européen a dû ainsi voter pour ITER 650 millions d’euros de budget supplémentaire pour la seule année 2012.

- La faisabilité du projet et les risques technologiques qui lui sont associés, remise en cause par des physiciens du plasma et en particulier par un prix Nobel de physique, Masatoshi Koshiba

- Une exploitation, si tentée qu’elle devienne possible qui n’est pas envisagée avant 2100

Au moment du lancement du débat sur la transition énergétique et l'urgence d'un changement de paradigme, l’Etat envoie un signal défavorable en autorisant sans l’évaluer préalablement, la poursuite du projet ITER.

Julie de BREZA | 15 novembre 2012 à 15h07
 
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Ou comment endetter un peu plus les générations à venir. Encore un investissement titanesque au nom de la sacro-sainte croissance, à l'avenir et au budget plus qu'incertain. Si les USA se sont retirés de ce projet sensé être le GRAAL énergétique il doit bien avoir une raison.

C'est dans le prolongement de la gestion de notre pays depuis quarante ans: "après moi le déluge". Les personnes autorisant ce projet ne seront de toute façon plus là pour voir si elles avaient raison ou pas et leurs enfants partiront probablement à l'étranger où l'herbe est plus verte.

Bref ce projet sent le fiasco, j'espère me tromper.

sceptique | 20 novembre 2012 à 19h16
 
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Ne pas confondre « fission nucléaire », système des actuelles centrales, avec la « fusion nucléaire » du programme ITER.
Les « écolos de salon », au mot « nucléaire », ont toujours cette réaction primaire, le réflexe du taureau devant la muleta !
Si on arrive enfin, chose que j’espère, à résoudre la problématique du confinement, la planète disposera là d’une énergie inépuisable et non polluante, quoiqu’en disent ses détracteurs.

Un de des intérêts majeur de la fusion nucléaire, est de pouvoir produire théoriquement beaucoup plus d’énergie (de 3 à 4 fois plus), à masse de « combustible » égale, que la fission.
De plus, les océans contiennent naturellement suffisamment de deutérium, 33 grammes par m3, pour permettre d’alimenter en énergie la planète pendant quelques centaines de millions d'années, (1 m3 d'eau peut potentiellement fournir autant d'énergie que la combustion de 700 tonnes de pétrole).

Contrairement à la fission nucléaire, les produits de la fusion eux-mêmes (principalement de l’hélium 4) ne sont pas radioactifs.
Certes, lorsque la réaction utilisée émet des neutrons rapides, ces derniers peuvent transformer les noyaux qui les capturent en isotopes pouvant l’être.
Mais leur durée de vie est très réduite.

Il est bien évident que ce genre de recherche gêne considérablement certains lobbys qui font feu de tout bois pour diaboliser cette technique, même au prix de contrevérités.

Tireman | 22 novembre 2012 à 11h29
 
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@Tireman, ça serait bien de lire les autres post ...

Tombour | 23 novembre 2012 à 13h14
 
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C'est ce que j'ai fait, mon cher Tombour.
Non sans un certain sourire d'ailleurs !!!

Tireman | 23 novembre 2012 à 15h31
 
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@TIREMAN :
- "Si on arrive enfin, chose que j’espère, à résoudre la problématique du confinement,..." pourquoi "si", alors "si" on n'y arrive pas, 17 milliards d'euros se seront envolés en fumée...
- "pouvoir produire théoriquement...", si la théorie n'est pas bonne, 17 milliards d'euros se seront envolés en fumée...
- fusion, est ce du nucléaire ? puisque ce lot hérisse les écolos de salon pourquoi appeler cela une centrale nucléaire...
- "les produits de la fusion eux-mêmes (principalement de l’hélium 4) ne sont pas radioactifs"...Ah ! Ouf, "Certes, lorsque la réaction utilisée émet des neutrons rapides, ces derniers peuvent transformer les noyaux qui les capturent en isotopes pouvant l’être"...Ah ! Bon c'en est alors !
- "Mais leur durée de vie est très réduite"...Combien...je lis sur le post de Cysz :"" La demi-vie de la 'plupart' des isotopes radioactifs présents dans ces déchets est inférieure à dix ans et la réaction de fusion ne produira pas de déchets à vie longue: en un siècle, la radioactivité de ces matériaux aura suffisamment diminué pour permettre leur recyclage dans les futures centrales de fusion."...100 ans quand même...
Je ne sais pas quel lobbys il faut croire par contre ce que je vois ce sont des milliards alors que l'on est pas certain du résultat et des déchets pour longtemps alors que l'on ne sais pas quoi en faire.
Je suis peut être un écolo de salon mais je préfère avoir de l'énergie renouvelable non polluante et non dangereuse et limiter ma conso...

fab08022 | 23 novembre 2012 à 18h18
 
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"Un nouveau dieu est né : la fusion

Que c'est beau de croire au Père Noël

chaque énergie a son revers et chaque nouveauté humaine ses déchets

De plus même en limitant à 100 millions d'années le temps de cette
énergie on oublie que la Terre est un univers fini qu'on en a qu'un et
qu'on ferait bien de réfléchir"

Brigitte | 23 novembre 2012 à 18h37
 
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à Brigitte et fab08022,
Bonjour.

L'adage dit :
"Quand on veut tuer son chien, on le déclare enragé".

Bien à vous.

Tireman | 26 novembre 2012 à 09h26
 
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Certes, mais il arrive que ce soit des gens très compétents qui diagnostiquent la rage

Même la rage de s'entêter pour ne pas se déjuger au dépens de l'intérêt général

Brigitte | 26 novembre 2012 à 10h53
 
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Ma chère Brigitte,
Je crois avoir écris :
"Il est bien évident que ce genre de recherche gêne considérablement certains lobbys qui font feu de tout bois pour diaboliser cette technique, même au prix de contrevérités."
Hormis le vocable "nucléaire" qui semble vous rendre épidermique, savez-vous au moins en quoi consiste la "fusion nucléaire", et en quoi cette technique n'a rien à voir avec la "fission nucléaire" actuellement utilisée ?
Bien à vous.

Tireman | 26 novembre 2012 à 11h16
 
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Ah, oui ! Cet adage je l'utilise aussi assez souvent. Comme quoi nous avons au moins un point en commun. Effectivement, si cette source d'énergie était sans danger, je serais le premier à en faire la promotion. Si elle ne coûtait pas si cher en monnaies et en vies, je pourrais croire qu'il n'y a pas de lobbys intéressés (dans le domaine de la finance comme dans celui de la santé). Si les accidents ne repoussaient pas les habitants à des centaines de kilomètres de leurs maisons, sans espoir de retour, je ne pense pas que j'écrirai sur ce post. C'est uniquement ma réflexion sur ce que nous voyons et les résultats, à long terme, des ces techniques sensibles.
Alors fission, fusion, je m'en moque un peu si derrière ces mots je ne voyaient pas danger, zone contaminée, déchets, cancer....
Alors mon chien peu dormir tranquille tant qu'il ne me mord pas à sang, ne court pas après tout ce qui passe à côté de lui et ne fasse pas peur au point que je sois obligé de le mettre derrière des grillages avec des panneaux prévenant du danger de s'approcher de lui.
N'empêche que j'ai fait fort, je n'ai pas prononcé le mot qui hérisse le poil des écolo de salon.
Bon, j'ai rencontré des personnes de la CRIIRAD sur un salon ce dimanche, et je leur ai posé la question. Pour eux, s'en est...moi, j'en veux pas...et je suis contre tous lobbys...
Au revoir

fab08022 | 26 novembre 2012 à 21h54
 
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Bonjour fab08022.
Même question qu'à Brigitte :
Savez-vous au moins en quoi consiste la "fusion nucléaire", et en quoi cette technique n'a rien à voir avec la "fission nucléaire" actuellement utilisée ?
Rien d'autre...

Tireman | 27 novembre 2012 à 09h55
 
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Petite précision sur les 17 milliards d'euros supposés partir en fumée si l'experience ne fonctionne pas.
- Le cout du projet est repartie entre 34 nations. La contribution directe de la France se monte à 1,1 milliard d'euros.
- 90% de l'investissement global est réalisé en nature. Donc environ 10% seulement aurai pu financer autre chose.
- A titre de comparaison, en 2011, les investissements mondiaux dédiés aux EnR se sont élevés à 205 milliars d 'euros. Participation de la France: 4 milliards d'euros (source: Pew Charitable Trusts)
- "Selon Bloomberg Energy Finance, l'investissement cumulé dans les énergies renouvelables a augmenté de plus de 1000 milliards de dollars depuis 2004, alors que dans le même temps les investissements dans le nucléaire n'ont canalisé que 120 milliards de dollars."
(Source: https://www.actu-environnement.com/ae/news/renaissance-industrie-nucleaire-16197.php4 ).
17 milliards ca peut sembler beaucoup mais pour un programme inernational, ca reste largement raisonnable, surtout comparé au poids des investissement dans solutions alternatives.

Cysz | 27 novembre 2012 à 11h56
 
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Merci pour ces précisions, Cysz.
Cela a le mérite de remettre les pendules à l'heure, et de faire dégonfler le "soufflet" du sensationnel.

Tireman | 27 novembre 2012 à 12h28
 
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Effectivement, merci pour ces précisions, elles sont très intéressantes.
Bien sur, lorsque l'on ramène à son petit hexagone, le montant est moins important. Sauf que lorsque l'on est un écolo de salon, l'environnement c'est à l'échelle planétaire qu'on le voit.
Merci pour cet article qui démontre malgré tout que l'on est bien dans une phase de changement de mentalité. Surtout que l'on constate que cette évolution et l'investissement majeur vers les ENR ne semble pas impacté la fourniture d'énergie.
On peut parler de lobbys, dans cette confrontation d'idéologie par post interposés. Effectivement, dés que l'on parle d'argent, la finance fonce sur ce qui est porteur.
Je pense qu'il est inutile de continuer cet échange. Deux idéos s'opposent avec des choix différents. Pour l'avenir, chacun doit choisir sa voie et favorisera obligatoirement un lobby, sauf si l'on extrait l'argent du débat. Mais je pense que mes amis, avec qui nous sommes en débat, ne vont pas comprendre.
Alors fission, fusion, milliards, millions, mon avis personnel sur la question énergétique est qu'il faut garantir l'avenir de nos enfants dans 50, 100, 1000 ans sur tous les plans : santé, énergie, financier.
Merci
Au revoir...

fab08022 | 28 novembre 2012 à 06h16
 
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