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Le futur sera forcément électrique, selon l'AIE

Les besoins en électricité vont fortement augmenter d'ici 2040, avec la multiplication des usages électriques, estime l'agence internationale de l'énergie (AIE). Elle met en garde contre des choix qui pourraient conduire à une hausse des émissions de CO2.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

"Le secteur de l'électricité connaît sa transformation la plus spectaculaire depuis sa création il y a plus d'un siècle", souligne l'agence internationale de l'énergie (AIE), dans l'édition 2018 du World energy outlook. Tout d'abord parce que les usages électriques augmentent, dans les secteurs industriels, dans les services et de manière transversale avec la numérisation de l'économie. L'électricité devient ainsi le "carburant" de choix, approchant les 20 % de la consommation finale d'énergie mondiale. Et ce, malgré les gains d'efficacité énergétique obtenus.

Une nécessaire politique de flexibilité

Cette tendance haussière devrait se poursuivre, estime l'AIE. La courbe d'évolution dépendra du développement des usages électriques pour le chauffage et les transports, indique l'agence, qui situe cette hausse entre 60 et 90 % d'ici 2040, selon les scénarios. Les économies en développement devraient voir leur demande doubler. Ainsi, en l'absence d'une politique plus axée sur l'efficacité énergétique, près d'un dollar sur trois investis dans l'approvisionnement énergétique mondial iront à la production d'électricité et aux réseaux dans ces économies.

Pour répondre à cette nouvelle demande, la hausse rapide des énergies renouvelables ne suffira pas. Elle devra être accompagnée de politiques de flexibilité, mais aussi du maintien ou du renouvellement du parc de production conventionnel. Mais, avertit l'AIE, "la conception du marché de l'électricité aujourd'hui ne permet pas toujours de faire face aux changements rapides du mix de production. Les revenus des marchés de gros sont souvent insuffisants pour déclencher de nouveaux investissements dans les capacités de production, ce qui pourrait compromettre la sécurité d'approvisionnement".

De nouveaux défis seront donc à relever pour répondre à la future demande d'électricité et accueillir les nouveaux modes de production.

Le nucléaire, au coeur des mix électriques de demain ?

Côté offre, le photovoltaïque poursuit sa baisse des coûts et devient de plus en plus compétitif. La capacité solaire mondiale installée devrait de fait dépasser la capacité éolienne avant 2025, de l'hydroélectricité autour de 2030 et du charbon avant 2040.

La compétitivité de l'éolien et du photovoltaïque est particulièrement marquée dans les pays où le réseau est flexible. Dans les autres systèmes électriques, les gains en flexibilité seront essentiels pour "garder les lumières allumées", avertit l'AIE. Dans le scénario Nouvelles politiques, qui prend en compte les annonces des différents pays en matière énergétique, "les énergies renouvelables et le charbon échangent leur place dans le mix électrique : la part de production à partir de renouvelables passe de 25 % aujourd'hui à 40 % en 2040, les courbes du charbon prenant le chemin inverse".

Pour intégrer ces nouvelles productions, de nombreux pays d'Europe, le Mexique, l'Inde et la Chine devront développer "un degré de flexibilité jamais atteint auparavant". L'Union européenne, en allant vers une union de l'énergie plus intégrée, est sur la voie pour gagner en flexibilité, note l'AIE. Les nouvelles interconnexions et le pilotage de la demande seront essentiels. Si les coûts du stockage diminuent rapidement, "les centrales conventionnelles restent la principale source de flexibilité du système", estime l'AIE. Les décisions en matière de nucléaire seront donc déterminantes pour le secteur électrique, notamment sur les enjeux climatiques. La production nucléaire devrait rester aux alentours de 10 %, mais se déplacera vers l'est. La capacité chinoise devrait ainsi dépasser celles des Etats-Unis et de l'UE d'ici 2030. Dans ces économies avancées, où les deux tiers du parc dépassent les trente ans, la poursuite d'exploitation ou la fermeture des plus vieux réacteurs auront des conséquences importantes en matière de sécurité d'approvisionnement, d'investissement mais aussi d'émissions carbone, souligne l'AIE. Avec la hausse des usages électriques, l'agence redoute que les émissions de CO2 ne basculent des usages (mobilité, chauffage) à la production d'électricité elle-même.

Réactions1 réaction à cet article

 

Il faut arrêter ces articles incantatoires répétés : c'est totalement inutile voire contre-productif ! Un seul exemple : "Si les coûts du stockage diminuent rapidement"... On n'a pas la moindre idée d'un début de commencement de déploiement de procédés de stockage à la hauteur de dizaines de téra-watt-heures (c'est le niveau requis pour un pays comme la France). Et on continue à construire des giga-watts d’éoliennes qui bousillent les paysages et détraquent toute la production européenne à un coût faramineux ! Il faut appeler un chat un chat : tant qu'on ne luttera pas frontalement contre le lobby des hydrocarbures et ses affidés (béton, bagnole...), on n'avancera pas !

dmg | 14 novembre 2018 à 18h51
 
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