En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Gaz de schiste : les associations sur le qui-vive

Alors que l'instruction des permis de recherche se poursuit, le décret sur la commission d'évaluation des techniques d'exploration est attendu pour le début du mois ce qui ne manque pas d'inquiéter les associations anti-gaz de schiste.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

La mobilisation anti-gaz de schiste ne faiblit par sur le terrain. Les collectifs locaux se sont réunis les 3 et 4 mars derniers à Cahors (46) pour maintenir la pression et réitérer leur ferme opposition à toutes expérimentations de nouvelles techniques de recherche. Les associations sont sur le qui-vive alors que l'instruction des dossiers de demande d'exploration par les DREAL a repris début 2012. Suite à la loi du 13 juillet, sept demandes de permis ont fait l'objet d'un désistement de la part des industriels mais 14 dossiers, "ayant comme objectifs la recherche d'hydrocarbures au moyen de techniques autorisées" selon le ministère, sont arrivés au terme de leur instruction et sont soumis à consultation du public jusqu'au 19 mars prochain. Douze permis sont prévus en Ile-de-France, un en Aquitaine, un en Lorraine pour une surface totale de 2.600 km2. "Les industriels déclarent ne pas utiliser la fracturation hydraulique et rechercher des hydrocarbures conventionnels mais on peut douter de leur sincérité sachant que les forages sont prévus pour des travaux à 3.000 mètres de profondeur", précise Romain Porcheron des Amis de la Terre, convaincu qu'à cette profondeur il ne peut s'agir que de gaz de schiste.

En attendant la commission d'évaluation des techniques d'exploration

Les associations attendent également la création de la commission nationale d'évaluation des techniques d'exploration des gaz de schiste. Le décret relatif à sa mise en place devrait paraître très prochainement, selon François-Michel Gonnot, député de l'UMP très impliqué dans le sujet des gaz de schiste. "Normalement ça devrait être rapide puisqu'il était prévu que cette commission remette un premier rapport sur d'éventuelles expérimentations pour septembre", rappelle le député.

Selon un projet de décret, mis à disposition par les associations de protection de l'environnement, cette commission comportera 22 membres dont cinq membres représentant l'Etat, un sénateur et un député désignés par leur assemblée et un représentant des communes, des départements et des régions désignés respectivement par l'association des maires de France, l'assemblée des présidents des conseils généraux et l'association des présidents des régions. Douze autres membres seront nommés par les ministères en charge de l'industrie et de l'écologie pour une durée de trois ans : trois représentants des associations environnementales, trois représentants des entreprises du secteur, trois représentants des syndicats et trois "personnalités qualifiés" désignées en raison de leurs compétences.

Créée par la loi du 13 juillet 2011 visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique, cette commission aura la lourde tâche d'évaluer les risques environnementaux des techniques employées et donnera un avis sur les projets d'expérimentation. Elle sera également consultée sur les textes réglementaires et sur les programmes de recherche à conduire afin de mieux connaître le bilan économique, environnemental, énergétique de l'exploitation des gaz et huiles de roche-mère.

Premières pistes pour les projets de recherche

Dès sa mise en place, une fois les nominations effectuées, cette commission pourra s'appuyer sur les travaux réalisés par un groupement de chercheur du BRGM, de l'Ineris et de l'IFP Energies Nouvelles à la demande du ministère de l'écologie. Dans un rapport confidentiel de septembre 2011 mis à disposition par les collectifs locaux anti-gaz de schiste, les trois centres de recherche ont défini les sujets prioritaires à mettre en œuvre pour mieux comprendre les technologies employées dans cette industrie et leurs impacts environnementaux.

Les chercheurs conseillent ainsi d'accentuer le recueil d'informations auprès des pays ayant utilisé à grande échelle la technique de fracturation hydraulique pour l'exploitation des gaz de schiste notamment les Etats-Unis et le Canada. D'autres programmes de recherche devraient viser à mettre au point un référentiel commun à tous les acteurs (état, industriels, administration) pour l'évaluation des risques mais également à évaluer la toxicité des produits chimiques utilisés.

En matière d'analyses spécifiques pour la France, les chercheurs conseillent de se pencher sur l'étude des éléments à risque que les roches-mères françaises pourraient relarguer suite à la fracturation hydraulique et de réaliser un inventaire rapide des aquifères profonds qui pourraient être utilisées comme ressources en eau et/ou affectés par l'exploitation.

Réactions1 réaction à cet article

 

et les micro séismes ?

lio | 08 mars 2012 à 12h04
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…