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Les gaz non conventionnels peuvent-ils bouleverser la donne énergétique mondiale ?

Les progrès technologiques et la hausse du prix de l'énergie ont permis l'exploitation de nouvelles ressources de gaz. Le marché mondial du gaz s'en trouve transformé mais pas seulement. C'est tout le monde de l'énergie qui pourrait être bouleversé.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Les gaz non conventionnels peuvent-ils bouleverser la donne énergétique mondiale ?
Bassins Nord-américain de gaz de schiste
© Advanced Resources, SPE/Holditch Nov 2002 Hill 1991, Cain, 1994 Hart Publishing, 2008 - Modified from Ziff Energy Group, 2008
   
La fin des énergies fossiles n'est peut-être pas pour demain… En effet, la conjonction du progrès technique et d'un prix élevé de l'énergie rend accessible aujourd'hui l'exploitation de ressources peu rentables hier. En augmentant, les prix poussent les industriels à investir en R&D et à exploiter des gisements ''sales'' jusque-là inexploités, à l'instar des sables bitumineux. Ce phénomène pourrait donc contredire ceux qui prédisaient une économie plus sobre face à une hausse des coûts de l'énergie…
Pour preuve, le marché du gaz qui se redessine aujourd'hui et semble mener la danse, brouillant les perspectives à long terme. En quelques années, la carte gazière s'est complètement transformée. Dans un premier temps, le développement du gaz naturel liquéfié (GNL) a ouvert un marché mondial en parallèle des marchés traditionnels régionaux (le transport par gazoduc limitait les échanges jusqu'alors) et des marchés spots aux côtés des contrats de long terme, rendant imprévisible un marché qui jusque là était assez serein. Aujourd'hui, c'est le développement des gaz non conventionnels aux Etats-Unis qui perturbe le marché en créant une bulle gazière. L'exploitation de ces gaz aurait presque doublé en deux ans, modifiant la demande américaine. Cette évolution, ajoutée à une baisse de la demande mondiale en raison de la crise (-5 % en 2009), a en effet laissé de larges stocks de gaz, faisant chuter les prix.

Des avancées technologiques permettent l'exploitation des gaz conventionnels

Le grisou, le gaz de schistes (''shale gas'') ou le gaz compact (''tight gas'') sont connus depuis longtemps. Pourtant, ils ne sont réellement exploités que depuis peu. Alors que les gisements de gaz au Moyen-Orient sont facilement accessibles et exploitables à bas coût, les réserves de gaz non conventionnels sont souvent difficiles d'accès. Ce sont généralement des accumulations souvent peu concentrées dans des réservoirs de faible perméabilité où des méthodes d'extraction spécifiques sont requises. C'est la raison pour laquelle elles avaient peu été utilisées jusque-là.
Mais la hausse des coûts (le prix du gaz a longtemps été callé sur le prix du pétrole) et les projets technologiques récents ont changé la donne. Les techniques de forage horizontal et de fracturation hydraulique des roches ont permis de récupérer cette ressource. Présents en Amérique du Nord, en Asie et dans d'autres régions du monde, les gaz non conventionnels ont désormais les regards du monde de l'énergie braqués sur eux. Alors que leur exploitation a été, dans un premier temps, le fait de petits producteurs, aujourd'hui, les grands groupes s'y intéressent.
La part de l'exploitation des gaz non conventionnels aux Etats-Unis a augmenté fortement alors que la production totale de gaz américaine était sur le déclin. Si en 1989 on comptait 47 puits de gaz en gisement non conventionnels, on en compte aujourd'hui prés de 6.200. Les experts prévoient qu'à l'horizon 2020, 50 % de la production américaine proviendra des gaz non conventionnels (contre 4 % aujourd'hui).
Dans le monde entier, les prospections se multiplient pour évaluer le potentiel de cette ressource. En Europe, plusieurs gisements de gaz de schistes ont été découverts, mais limités à des réservoirs éparpillés et discontinus…

Le marché du gaz se redessine et influence le marché global de l'énergie

L'exploitation des gaz non conventionnels change complètement la donne. Longtemps, le marché du gaz est resté localisé, limité par le développement des réseaux de gazoducs entre les zones de production et celles de consommation. Le GNL, transporté par méthanier, a ouvert un marché au niveau mondial. Les usines de liquéfaction se sont multipliées au Moyen-Orient, notamment pour répondre aux marchés américain et japonais.
Le développement brutal, aux Etats-unis, des gaz non conventionnels pourrait remettre en question ces lourds investissements. Les gaz non conventionnels pourraient en effet permettre aux Etats-Unis de se défaire des importations de gaz et même, selon certains, de devenir exportateurs de gaz.
L'engouement des grandes compagnies pétrolières (ExxonMobil, Shell, BP, Total…) pour ces gisements et le fait que, par des participations ou des rachats, elles entrent sur ce nouveau marché, prouve le potentiel que représente ces gaz.
D'autant que le gaz naturel est envisagé comme l'une des énergies de demain, notamment pour produire de l'électricité (centrales associées à des techniques de captage, stockage de CO2). Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation mondiale de gaz passerait de 2.947 Gm3 en 2006 à 4.336 Gm3 en 2030. Aux Etats-Unis déjà, le charbon est désormais abandonné au profit du gaz, devenu compétitif et moins émetteur de CO2.
L'abondance des gisements et le coût peu élevé de cette ressource fait craindre à certains une exploitation massive du gaz au détriment des énergies ''propres'' et un abandon des mesures d'économies d'énergie.

Réactions10 réactions à cet article

 
1er avril avant l'heure ?

J'ai l'impression de revivre la découverte du gisement de pétrole au large du Brésil, un truc immense dont le produit en croix remmène la production à a peine 2 ans de production mondiale ...
L'AIE a fait quelques boulettes ces dernières années, faute à l'influence de Bush ?
De plus on parle de séquestration du carbone ... c'est pas encore prêt tout ça ... j'ai l'impression que actu-environnement nous berne par des sources pas très fiables ... à suivre !

chocard | 17 mars 2010 à 14h07
 
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dégats colatéraux

Quels sont les conséquences environnementales de l'exploitation de ces gaz? si on prend l'exemple des sables bitumeux le réchauffement climatique est presque anecdodique

lionel | 17 mars 2010 à 14h18
 
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la loi des rendements décroissants.

ça ne change rien. Les énergies découvertes sont chères et désolvabilisent la clientèle.

PR | 17 mars 2010 à 14h23
 
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Re:1er avril avant l'heure ?

Bonjour,

Je ne comprends pas bien en quoi cet article pourrait bien vous berner…

L'exploitation des gaz de schistes est déjà une réalité, et le fait de relater que certains y voient une solution d'avenir quand elle est couplée au stockage, ne signifie pas que la rédaction partage ces avis !

Bien à vous,

Le modérateur

Ascher David | 17 mars 2010 à 14h51
 
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Il y a de l'eau dans le gaz!

Qu'on freine un peu sur la fin des énergies fossiles
et leurs remplacements par des énergies nouvelles que
,bien sûr in faut encourager et on le fait sans arrêt
comme si l'autre était déjà en fin de "règne". Mais
sans vouloir à tout prix être traité de pollueur,je
propose aux prophètes de la fin du pétrole et du
nucléaire,de nous expliquer par quoi on remplacera
ces énergies conventionnelles sans abîmer ce qui nous reste encore de bio-diversité et surtout par
quoi on remplacera à court terme toutes les bases de
production de notre confort ,voir de l'indispensable? Merci pour des réponses claires .

arthur | 19 mars 2010 à 13h13
 
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Regardons l'avenir

Aujourd'hui la catastrophe a venir ce n'est pas le manque de petrole ou de gaz c'est de retrouver des gisements fossiles conduisant a augmenter les emissions de gaz a effet de serre

jean-marie | 19 mars 2010 à 17h45
 
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Intéressant mais

1. Ce serait beaucoup mieux si la carte des gisements d'Amérique du Nord incluait le Canada.
2. Ce serait beaucoup mieux aussi si l'article n'omettait pas de mentionner les problèmes environnementaux posés par l'exploitation de ces nouveaux gaz, et la façon dont ces problèmes sont traités, ou ne sont pas traités.

Jean-Luc Alliez | 21 mars 2010 à 12h20
 
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Re:Re:1er avril avant l'heure ?

Bonjour,

"berner", le mot est un peu fort et je m'en excuse.
Ce qui me gène c'est que cet article semble parler d'une source d'énergie qui va bouleverser la donne énergétique. Chose dont je doute, mais ce n'est que mon avis.

Cordialement

chocard | 24 mars 2010 à 12h00
 
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le gaz sale

Le gaz sale
Le pétrole ou le gaz sale des ‘carrières’ comme on l’appel, en cours d’introduction par les américains sur le marché mondial n’est qu’un pavé jeté dans la marre, une diversion de la politique américaine pour déstructurer le marché mondial du GNL en plein évolution. Le 16 avril 2010 à Oran, les majors producteurs-exportateurs de GNL et les instances internationales de la protection de l’environnement s’allieront pour faire barrage à l’entrée des hydrocarbures sales dans le commerce international. En plus de la nocivité, la rentabilité économique de l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels (schistes bitumineux et autres) est hypothétique puisqu’elle nécessite d’une part un prix du baril de pétrole élevé, plutôt à 100 dollars, et d’autre part un prix du carbone plutôt bas de 50 dollars la tonne de CO2, et de surcroit que certains pays européens viennent de la supprimer carrément. Ces deux facteurs ont une probabilité limitée d’être réunis que d’ici dans deux ou trois décennies pour valider cette source d’énergie.
Les schistes, l’énergie la plus sale et le plus cher de la planète.
On estime aujourd’hui que la production de pétrole ou de gaz à partir de schistes bitumineux

zino | 16 juin 2010 à 19h35
 
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Gaz de schistes

Si et seulement si il faut 6200 puits pour 4% de la conso des E.U. pour 50% cela fait dans les 75 à 80.000 puits à forer, bonjour la forêt de derricks ! ! !

francprat | 13 septembre 2010 à 22h44
 
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