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Actu-Environnement

Une installation de traitement de déchets par gazéification va voir le jour dans les Landes

Le procédé de gazéification de déchets par torche à plasma aura bientôt un site de démonstration à Morcenx dans les Landes. Associée à de la cogénération, l'installation de 12MW produira de l'électricité et des résidus qui seront vitrifiés.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
La gazéification des déchets fait l'objet de nombreuses recherches en France et dans le monde. Le procédé consiste, dans un volume d'air réduit, à soumettre les déchets à une forte chaleur grâce à laquelle quasiment tous les éléments organiques contenus dans les déchets pourront être convertis en gaz de synthèse composé de monoxyde de carbone (CO) et de dihydrogène (H2). Au final, il reste un résidu solide contenant les fractions minérales du déchet d'origine et un gaz qui peut être destiné à l'alimentation de turbines pour la production d'électricité.
La gazéification apparaît à ce titre comme une alternative à l'incinération car le rendement de conversion d'un ensemble gazéification/turbine à gaz est souvent bien meilleur que celui d'un ensemble incinération/chaudière/turbine à vapeur. Alors qu'avec un incinérateur 20% de l'énergie contenu dans les déchets est récupérée, ce taux peut atteindre 40% avec la gazéification suivant les technologies employées et le type de déchets. Ceci permet au final de diminuer le rapport CO2 émis par kWh produit. De plus, les éléments organiques étant tous convertis en gaz, cette technique ne rejette quasiment pas de dioxines et de furanes souvent mis en cause dans le cas des incinérateurs traditionnels.
Il reste toutefois en sortie des résidus minéraux dont la composition varie en fonction du déchet de départ. Ces résidus appelés également mâchefers, suivent les mêmes voies de traitement que les mâchefers d'incinération et sont, en fonction de leurs caractéristiques, soit enfouis en décharge soit utilisés en remblais pour les travaux routiers. Pour une tonne de déchets entrants, il faut compter entre 100 et 150 kg de mâchefers en sortie contre 250 kg de mâchefers et 50 kg de résidus issus du traitement des fumées (REFIOM) dans le cas de l'incinération. Par conséquent, la problématique du devenir de ces résidus subsiste même si ces volumes sont moindres.

Actuellement en France, la gazéification de déchets est encore rare mais face au rejet de plus en plus marqué de l'incinération, plusieurs industriels et instituts de recherche tentent d'adapter cette technologie au traitement des déchets ménagers. Des projets sont actuellement en cours d'étude aux Etats-Unis et au Canada. En France, un projet mené par la société Europlasma va notamment voir le jour à Morcenx dans les Landes. Spécialisée dans la technologie de la torche à plasma, la société a associé cette technologie à celle de la gazéification.
La technologie de la torche à plasma à elle seule est déjà utilisée pour vitrifier des déchets spéciaux (amiante), des mâchefers ou des cendres mais également directement des déchets ménagers même si c'est encore rare. Dans le cas de Morcenx, elle permettra de chauffer les déchets à très haute température (1.200°C) afin de produire un gaz puis de l'électricité. Chaque jour, le site accueillera 130 tonnes de refus de tri non recyclables contenant en mélange du papier, des cartons, des plastiques, de la ferraille, etc. Ces déchets sont issus de déchets industriels banals provenant de la région qui jusqu'à présent étaient mis en décharge ou brûlés dans des cimenteries. En fonction de leur composition physico-chimique, les mâchefers seront directement revendus pour une utilisation en remblais ou vitrifiés dans un four à plasma (1.400°C). L'énergie produite grâce au gaz sera revendue à EDF en tant qu'énergie de source renouvelable.

Les demandes de permis de construire et d'autorisation d'exploiter sont déjà lancées. La mise en route est programmée pour juillet 2009. L'usine représente un investissement de 25M€ financé par Europlasma et dont la Caisse des Dépôts et Consignations souhaite être partenaire ainsi qu'un pôle bancaire. Par ailleurs, elle ne nécessite pas de subvention et s'appuie sur l'obligation d'achat par EDF pour assurer sa rentabilité.

Réactions6 réactions à cet article

 
Et le ferreux/non ferreux ?

Procédé intéressant, mais quelques questions :
- le bilan CO2 semble être amélioré parce qu'il y a moins de rejets, mais ne faut-il pas beaucoup plus d'énergie pour faire fonctionner la torche ?
- si tout est vitrifié au moment de l'incinération, il n'y a plus de possibilité de récupération des ferreux et non ferreux !
- Le problème de la gestion des mâchefers, n'est-il pas dû avant tout à la réglementation qui date un peu et qui n'est pas adaptée à des mâchefers vitrifiées ? Je pensais que s'il y avait vitrification, le produit était inerte et pouvait donc être facilement et immédiatement valorisé. N'est ce pas le cas ?

viniasco | 27 novembre 2007 à 09h16
 
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Re:Et le ferreux/non ferreux ?

Je suis bien d'accord avec toi. Je pense qu'il faut nettement plus d'énergie pour le fonctionnement de la torche à plasma.
- De plus, on ne parle que de CO2, mais il existe beaucoup de polluants atmosphériques et tous ne sont même pas analysé dans l'incinération. Cette gazéification ne produira-t-elle pas d'autres polluants ?
- Enfin, on parle de refus de tri non recyclables contenant papier, carton, plastiques et ferrailles !!!!!!! Ce n'est pas ce que j'appelle des déchets non recyclables (au contraire, ce sont les déchets qui sont normalement recyclés)

Je pense quand même que c'est une bonne alternative à l'incinération qui nous pollue de plus en plus et qui est un frein au recyclage. Je ne m'étendrai pas sur le sujet mais bon !!!!

alexis | 29 novembre 2007 à 08h55
 
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Re:Re:Et le ferreux/non ferreux ?

Vous parlez du problème des déchets recyclables et de l'incinération ? QU'en est il des déchets alimentaires alors? Puisque vous parlez de volume de déchets et de mâchefers, autant dire que je suis d'accord avec vous,mais qu'une diminution réelle serait d'améliorer le tri sélectif, pouqoui pas en recyclan les déchets compostab les en installant des bennes spécifiques à chaque immeuble? Ainsi, le volume réel de dhéchets insinérables serait réduit d'au moins 30% (expérience personnelle), et le poids des poubelles de déchets ménagers de .... 30 à 40%. Qu'en pensez vous?

Gabriel | 29 novembre 2007 à 12h21
 
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Re:Re:Et le ferreux/non ferreux ?

Effectivement, ainsi que vous le supposez, une unité de gazéification , comme n'importe quelle installation de combustion, produit toutes sortes d'autres polluants, et il n'est absolument pas certain que les conditions propices à la formation de dioxines et furannes ne puissent pas y être réunies. Normalement dans les installations de traitement de déchets les ferrailles sont retirées par des systèmes de tri automatiques, mais peut-être qu'elles ont leur utilité lors de la vitrification par la torche à plasma. C'est un point qu'il faudrait éclaircir.
Avec deux associations girondines je me suis penchée très attentivement à l'occasion de l'enquête publique lancée en 2006 à St Genès de Lombaud sur le dossier d'une unité de gazéification de marcs de raisin, après leur utilisation pour la production d'éthanol, et de déchets d'exploitation forestière. Ces matières sont d'une nature très proche des déchets ménagers et contiennent un taux d'humidité à peu près semblable, aux alentours de 50 %. L'étude de ce projet a démontré qu'un établissement de ce type produirait très peu d'énergie véritablement récupérable : moins de 25 % de l'énergie primaire contenue dans les matières premières, le reste étant utilisé principalement pour le séchage avant enfournement dans le gazéificateur. Une telle unité destinée à traiter environ 120000 tonnes par an serait beaucoup plus polluante que l'incinérateur de Bègles qui traite plus du double, le traitement des gaz étant moins performant et la réglementation moins contraignante.
Ce dossier est expliqué en détail sur : http://www.collectif-dechets-girondin.com/Transferts/diapo-gazeification.pps.
Dans le cas de Morcenx, la torche à plasma, système qui consomme effectivement énormément d'énergie, n'interviendrait en fait que pour le préchauffage du gazéificateur au démarrage et pour la vitrification des cendres. Quant au reste des opérations : séchage, gazéification et production d'électricité, elles se dérouleraient très probablement selon le procédé décrit pour St Genès de Lombaud ou par quelque chose d'équivalent.
La gazéification de biomasse, lorsqu'il sagit de traiter des produits contenant à l'origine une part d'humidité importante , s'avère donc être une technique très attreyante pour les industriels, mais très peu respectueuse de l'environnement et très peu productive en énergie. Dans ce cas là, il serait bien plus intéressant de recourir à la méthanisation (production de biogaz par fermentation anaréobie) permettant une bien meilleure récupération d'énergie.

marine | 05 mars 2009 à 15h02
 
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Gazéification des déchets

Je voudrais apporter un rectificatif a cet article.
Les déchets solides de ce procédé ne sont pas des mâchefers la vitrification est intégrée au process. Ces vitrifiâts totalement inertes n'ont besoin que d'un contrôle qualité et peuvent être utilisés dans le BTP. Les métaux peuvent également être récupérés sous forme de lingots.

René | 02 septembre 2010 à 18h03
 
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Concernant l' installation de traitement de déchets par gazéification dans les Landes, la mise en route etait programmee pour l' annee 2009.
Pourriez vous nous informer de la situation en 2018 ?
Un autre de vos articles peut-etre ?

hellenic engineers cooperative | 09 juillet 2018 à 23h03
 
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