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Les concentrations en GES actuelles sont sans précédent sur les 800.000 dernières années

Grâce aux travaux du projet EPICA, des chercheurs ont pour la première fois reconstitué l'évolution des teneurs en dioxyde de carbone et en méthane dans l'atmosphère sur 800.000 ans. Résultat, les teneurs actuelles n'ont jamais été aussi élevées.

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Les concentrations en GES actuelles sont sans précédent sur les 800.000 dernières années
Evolution des températures et des concentrations en GES
© © CNRS
   
Dans le cadre du projet EPICA, les chercheurs français du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (CNRS/Université Joseph Fourier) et du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CNRS /CEA /Université Versailles Saint Quentin), ont analysé la composition des bulles d'air capturées dans la glace de l'Antarctique. Ils disposent désormais de l'évolution sur 800.000 ans des teneurs en dioxyde de carbone et en méthane, les deux principaux gaz à effet de serre après la vapeur d'eau.
Grâce à ces informations, publiées aujourd'hui dans le magazine Nature* les scientifiques ont pu faire des avancées sur plusieurs points. Ce travail confirme le lien observé entre les températures enregistrées en Antarctique par le passé et les teneurs atmosphériques en CO2 et CH4. Autre observation capitale : jamais, sur les derniers 800.000 ans, les teneurs en gaz à effet de serre n'ont été aussi élevées qu'aujourd'hui. Les valeurs actuelles dépassent 380 ppmv** pour le CO2 et 1.800 ppbv*** pour le CH4 alors que les teneurs passées ne dépassent pas 300 ppmv pour le CO2 et 800 ppbv pour le CH4. La courbe du CO2 révèle par ailleurs les concentrations les plus basses jamais enregistrées : 172 ppmv il y a 667.000 ans.

D'autre part, les chercheurs ont mis en évidence une modulation, autrement dit des variations plus ou moins élevées des teneurs moyennes en CO2 atmosphérique sur une échelle de temps relativement longue, c'est-à-dire de plusieurs centaines de milliers d'années. Selon les scientifiques, ce phénomène inédit pourrait résulter de l'intensité plus ou moins importante de l'érosion continentale qui affecte le cycle du carbone sur de grandes échelles de temps.

Au sujet du méthane, les chercheurs remarquent une corrélation entre variation de l'axe de rotation de la Terre, calendrier des moussons et concentrations en méthane. La courbe du méthane révèle également des fluctuations rapides et récurrentes au cours de chaque glaciation. L'empreinte de tels événements s'observe aussi dans le signal CO2. Les chercheurs expliquent cette variabilité climatique rapide par des modifications du courant thermohalin, cette circulation à grande échelle des masses d'eau qui participe à la redistribution de la chaleur sur Terre. En revanche, ils ne savent pas encore pourquoi elles se manifestent dès le début des glaciations.

Tous les scientifiques impliqués sont donc à pied d'oeuvre pour tirer un maximum d'informations des 3260 mètres de carotte de glace retirés de l'Antarctique par forage au cours des 10 dernières années dans le cadre du programme EPICA. Mené par un consortium regroupant 10 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Italie, France*, Norvège, Pays - Bas, Royaume - Uni, Suède et Suisse), ce projet avait pour objectif de forer la calotte glaciaire jusqu'au socle rocheux sur deux sites en Antarctique diamétralement opposés, l'un à Dôme C où se situe une station de recherche permanente issue d'une collaboration entre la France et l'Italie, l'autre à Dronning Maud Land.
Maintenant que le forage en lui-même est terminé, la communauté glaciologique internationale se tourne vers d'autres régions de l'Antarctique et espère extraire de la glace plus vieille encore, si possible de plus d'un million d'années.


*Référence des articles :
Nature 453, 383-386. Doi:10.1038
Nature 453, 379-382. Doi:10.1038
**ppmv
Cela signifie que parmi 1 million de molécules dans l'air, 380 seront des molécules de CO2. Un ppmv = une partie par million en volume.
***ppbv
Cela signifie que parmi 1 milliard de molécules dans l'air, 1800 seront des molécules de CH4. Un ppbv = une partie par milliard en volume.

Réactions4 réactions à cet article

 
planete en danger

notre planete est en danger grave, et, au lieu de réagir, nous préferons proteger les liobing pétrolier français et internationals, et, preferont debloquer de fonds pour conquerir d'autre planete, mars, et même notre satelite la lune, comme solution de secours. Il est tant déagir, déforestation, pêches intensives avec des bateaux moteurs diesels qui racle le fond des oceans détruisant des coreaux, des poissons en voie de disparition...
REAGISSONS BATTONS NOUS POUR DEFENDRE NOTRE PLANETE TERRE,OU TOUT EST DISPONIBLE MAIS ECONISONT LES!

savoyard | 22 mai 2008 à 10h36
 
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Re:planete en danger

bonjour, la planète n'est pas en danger.

Par contre, la vie et la biodiversité oui, notamment l'espèce humaine qui n'aura probablement pas la vitesse de mutation nécessaire pour s'adapter à ses propres créations chimiques.

Donc rien de bien méchant !

Cette planète nommée Terre qui ne souffre d'aucun sentiment continuera à évoluer au fil des cycles et équilibres qui la régulent.

Comme je me plais à le rappeler à l'occasion, l'espèce humaine ne vivra que le temps d'un battement de paupière à l'échelle géologique de la Terre.
A défaut d'être malin, l'homme sera intelligent jusqu'au bout ...de son existence.

bien cordialement

stef | 22 mai 2008 à 18h15
 
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Re:Re:planete en danger

Mais..qui sait si l'homme n'aurait pas la possibilité de poursuivre son évolution sur d'autres planètes, s'il avait l'intelligence de ne pas détruire son environnement ?
Personnellement, je crois en cela.
Mais si on épuise la potentialité de la terre comme on l'a fait pour la terre, cela devient moins qu'une utopie

Hercule POIROT

hercule poirot | 23 mai 2008 à 12h56
 
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Changement climatique ou réchauffement ?

Ces résultats : 60 à 80 ppmv de plus que ce qui est attendu (ou encore 360 à 380 pour 300 ppmv pour un interglaciaire « normal ») sont une confirmation mais cet accroissement en % n’est que de 0,0080 alors que la vapeur d’eau , principal GES représente 0,960 %. Et il reste 98 % de gaz atmosphériques non GES dont Azote, oxygène etc. Il est possible mais non démontré que cet accroissement soit d’origine anthropique mais, outre que l’on n’en est pas sûr, il reste que faire du catastrophisme sur des valeurs quand même relativement peu élevées n'est pas la réponse optimale; mieux vaut s’adapter à un changement ou au moins à un possible réchauffement et non pas lutter contre. Mais c’est un problème de société et la mondialisation ne facilite pas cette approche.

Anonyme | 02 juin 2008 à 18h12
 
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