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Gestion alternative des eaux pluviales : Il faut trouver le moteur qui déclenche l'action chez l'élu

Adopta et le Graie ont lancé un réseau des animateurs territoriaux de la gestion des eaux pluviales. L'objectif ? Contribuer à la diffusion des leviers encourageant aux bonnes pratiques. Précisions avec Maëlle Ancelle, directrice d'Adopta.

Interview  |  Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
   
Gestion alternative des eaux pluviales : Il faut trouver le moteur qui déclenche l'action chez l'élu
Maëlle Ancelle
Directrice de l’association pour le développement opérationnel et la promotion des techniques alternatives en matière d'eaux pluviales (Adopta).
© Adopta
   

Actu-environnement : Vous avez lancé en juillet avec le Graie un réseau des animateurs territoriaux de la gestion des eaux pluviales. Que va-t-il apporter ?

Maëlle Ancelle : Notre constat était qu'un certain nombre d'animateurs territoriaux se retrouvent isolés, démunis par rapport aux besoins et aux modalités de convaincre pour adopter des techniques alternatives à une gestion des eaux de pluie par le réseau classique.

Si les réponses existent - qu'elles soient techniques, politiques, organisationnelles, etc. - elles ne sont toutefois pas forcément disponibles pour tout le monde. Nous voulons créer une dynamique pour mettre les acteurs en réseau et permettre une mutualisation des solutions.

Durant la conférence Novatech à Lyon du 1er au 5 juillet 2019, pour notre première réunion des animateurs territoriaux intéressés par notre initiative, nous avons pu vérifier que les agences de l'eau et le ministère de la Transition écologique soutenaient cette démarche. A cette occasion, nous avons réuni une quarantaine d'animateurs. Nous avons laissé la parole aux participants pour qu'ils nous fassent part de leurs problématiques et de ce qu'ils attendaient du réseau.

Fort de cela, nous allons désormais pouvoir nous structurer. L'objectif ce n'est pas de construire une extension du Graie ou d'Adopta. Nous souhaitons que ce réseau vive par lui-même.

AE : Quelles vont être les prochaines étapes ?

MA : Nous allons diffuser notre compte-rendu des échanges ainsi que la liste des actions qui ont été considérées comme prioritaires. Nous avons également créé une cartographie sur le territoire français du positionnement géographique de chaque animateur territorial. Avec les agences de l'eau, nous allons identifier les zones où la couverture n'est pas optimale.

L'objectif toutefois n'est pas forcément d'avoir un animateur par structure. La structuration peut se faire à différents niveaux. L'idée est qu'il y ait suffisamment de couverture pour que les messages diffusent pour que nous passions à l'acte.

AE : A l'issue des assises de l'eau, le ministère de la Transition écologique a indiqué qu'il souhaitait généraliser, d'ici à 2026, les schémas directeurs de gestion des eaux pluviales. Quelles sont les freins à leur développement et quelles sont vos préconisations ?

MA : Le schéma directeur de gestion des eaux pluviales est un outil non obligatoire mais c'est une composante nécessaire du zonage et de toute politique pluviale. Le zonage pluvial est lui inscrit dans les textes depuis 1992. Et pourtant, combien ont été réalisés ? Très peu. Quand les obligations ne sont pas assorties de sanctions, cela limite leur portée. Ce sont des outils nécessaires mais pas suffisants. Souvent, sur la question du pluvial, les choses se mettent en place après des problèmes rencontrés suite à des inondations.

Il faut toutefois reconnaître qu'aujourd'hui nous avons un alignement de planètes et nous disposons de plusieurs points d'entrée pour arriver à notre objectif : si ce n'est pas par la porte des inondations, ce sera par rapport à la performance des systèmes d'assainissement par temps de pluie ou encore la problématique des îlots de chaleur ainsi que le besoin de biodiversité en ville, etc. Il faut trouver le moteur qui peut déclencher l'action chez l'élu. Dans le cadre du réseau, nous mettrons en commun les argumentaires et les documentations existantes.

AE : Identifier les dépenses liées à la gestion des eaux pluviales permettrait-il de faire progresser les choses ?

MA : Identifier les dépenses, c'est peut-être mettre en lumière qu'aujourd'hui dans certains cas, elles n'existent pas. C'est aussi montrer que les dépenses du pluvial sont parfois payées en partie avec la redevance assainissement.

Des services comme l'eau potable, l'assainissement ou les déchets n'ont véritablement avancé qu'à partir du moment où ils ont été identifiés avec un budget spécifique.

Dans son rapport publié en avril 2018, Pierre-Alain Roche (CGEDD) préconisait d'utiliser le dispositif Sispea [Système d'information sur les Services Publics d'Eau et d'Assainissement] pour identifier les dépenses sur le pluvial. Il faut aller dans ce sens et permettre que toutes les structures renseignent ces informations.

AE : Comme leviers pour encourager à une gestion alternative de l'eau de pluie, vous proposez que l'ouvrage de gestion ait plusieurs fonctions ?

AE : Nous devons arrêter de travailler de façon sectorielle : il faut décloisonner les services assainissement, espaces verts, voiries, etc. et s'organiser de manière transversale. Par exemple, lors d'un renouvellement du réseau d'assainissement, plutôt que de remblayer la tranchée avec des matériaux de différentes granulométries, comme à l'accoutumé, une tranchée drainante peut être installée : cela ne coûtera pas plus cher. Il faut changer la vision sur les eaux pluviales. A chaque fois qu'un projet est lancé, les services doivent se demander comment réduire l'apport au réseau.

Beaucoup de territoires ont inscrit dans leur plan local d'urbanisme (PLU) des prescriptions pour intégrer les eaux pluviales. Cela marche pour les nouvelles vagues d'urbanisation mais pas pour l'existant. Par exemple, lorsqu'une voirie est refaite, il n'y a pas de dépôt de permis de construire, et si la réflexion n'est pas transversale, le service assainissement ne pourra pas imposer à celui de la voirie de gérer autrement les eaux pluviales que par le réseau. A partir du moment où tout le monde apporte sa pierre à l'édifice, les choses peuvent avancer.

Réactions3 réactions à cet article

 

Bonsoir ! tel que soulevé, l'eau manque sur notre planète. tenter de rationaliser l'usage (l'économiser?) est certes le devoir de tous.
mais s'agit-il de la mesure idoine et unique ?
ne serait-il plus pertinent de retenir, dans le but de lutter contre le manque d'eau, le réchauffement et le dérèglements climatiques, les actions de reboisement par la création de puits de carbone ?

DAOUD | 01 août 2019 à 21h01
 
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la réponse pour les E.P. était la taxe sur les surfaces imperméabilisées que notre syndicat avait voté pour application en 2015...après les municipales bien sur. Taxe révoquée par Ségolène Royale. Pas d'argent pas de prévention. En 2016 nous étions inondés (Villeneuve st Georges) et encore en 2018. le courage en politique ?

paraphe | 01 août 2019 à 22h44
 
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Il faut encourager le stockage et l'utilisation des EP plutôt que leur rejet au réseau, tant pour les particuliers que pour les collectivités et l'agriculture. J'ai réussi à convaincre mon entreprise TCE de ménager la place nécessaire à des récupérateurs d'EP mais j'ai renoncé à un réseau permettent d'utiliser l'EP récupérée pour les toilettes, faute de moyens...

Albatros | 14 août 2019 à 15h11
 
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