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Stockage en ligne : un outil de gestion des eaux pluviales

Certaines collectivités ont opté pour le stockage en ligne pour gérer les problématiques d'eaux pluviales. Retour sur le fonctionnement du dispositif.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Stockage en ligne : un outil de gestion des eaux pluviales

Comment gérer les eaux pluviales lorsque l'espace est contraint et les sols inadaptés à l'infiltration ? Certaines collectivités ont opté pour une utilisation de leur réseau de collecte à la manière d'un bassin d'orage.

Si plusieurs dispositifs de ce type existent (autonomes ou basés sur l'analyse de données), le principe reste le même : les eaux sont retenues et restituées après l'épisode pluvieux. En augmentant leur temps de séjour dans le réseau, ce type de solution permet d'écrêter les débits et donc de limiter les débordements. « L'arrêté du 21 juillet 2015 impose aux collectivités de mieux gérer leur débit de temps de pluie au niveau des déversoirs d'orage. Ce type de solution complète les classiques options de bassin d'orage, de bassin de stockage restitution », note Emmanuel Curinier, co-fondateur d'une solution de stockage en ligne lorsqu'il était employé de la ville d'Antibes et aujourd'hui directeur de la société F-Reg.

Ce type de dispositif implique une étude en amont du réseau pour évaluer son potentiel de stockage mais également où et combien de vannes positionner. « Le réseau ne doit pas être en trop mauvais état afin que nous le maintenions en charge même si les conduites sont calculées pour résister à des charges beaucoup plus importantes que celles pour lesquelles nous allons les solliciter. Par exemple, un stockage de deux mètres d'eau, correspond à 0,2 bars durant une heure de pointe maximum », précise Emmanuel Curinier.

Les dispositifs autonomes utilisent la pression de l'eau pour assurer ainsi, à la fois le stockage et l'évacuation : des vannes hydrodynamiques autonomes positionnées dans le réseau permettent la rétention de l'eau jusqu'à un certain niveau de pluie.

« La vanne est maintenue en position fermée par un ou deux vérins pneumatiques gonflés à une pression calculée pour qu'elle ne s'ouvre progressivement, que lorsque la hauteur d'eau à l'amont passe au-delà d'une certaine hauteur, pour redonner à la canalisation sa capacité d'évacuation initiale : c'est une ouverture sécuritaire, explique Emmanuel Curinier. Si nous faisons le parallèle avec un bassin de rétention, nous réunissons au même endroit l'orifice calibré et la surverse ».

Pallier un manque de foncier

L'Établissement public d'aménagement Euroméditerranée, dans le cadre d'une grosse opération de rénovation et de reconstruction au nord de Marseille, a installé ce type de dispositif. « Nous disposions de peu de foncier sur les espaces publics pour se conforter au débit à respecter pour se raccorder soit sur les réseaux pluviaux, soit vers les milieux naturels : nous avons opté pour une solution de stockage en ligne, indique Sébastien Delhautal, ingénieur chef de projet chez Setec Hydratec, membre du groupement pour la maîtrise d'œuvre.

 
Des vannes hydrodynamiques autonomes positionnées dans le réseau permettent la rétention de l'eau jusqu'à un certain niveau de pluie.  
 
Ils ont également équipé leur dispositif d'un système de suivi de la position des clapets ainsi que d'une mesure de débit en sortie de l'installation. L'Établissement public d'aménagement Euroméditerranée prévoit désormais d'étendre ce stockage en ligne à d'autres secteurs de son projet d'aménagement.« En termes de conception, il faut toutefois pouvoir dimensionner les réseaux dans l'optique de la rétention. Dans certains cas, nous pouvons être confrontés à des problématiques d'encombrement des sous-sols », note Sébastien Delhautal.

La ville de Biot a, quant à elle, complété le bassin de rétention prévu pour son parking paysager d'un dispositif de stockage en ligne pour répondre aux exigences réglementaires. « Cette saison, nous sommes passés en vigilance rouge inondation au mois de novembre et au début décembre ; et la rétention sur le parking a parfaitement fonctionné, s'est réjoui Guilaine Debras, maire de Biot. Nous avons travaillé avec du 120 l/m2 imperméabilisés pour écrêter une pluie centennale ».

Ce type d'installation ne nécessite pas d'entretien particulier. « Tous nos bassins de rétention sont visités une fois par an et ce sera aussi le cas pour notre dispositif de stockage en ligne, pour vérifier le bon fonctionnement des vannes, des vérins et voir si les réseaux ne sont pas encombrés par des feuilles mortes, etc. », explique Jean-Pierre Lagardette, technicien pour la ville de Biot.

Un outil de pilotage du système d'assainissement

Certains disposent d'outil d'aide à la décision pour gérer leur système d'assainissement et amortir de fortes pluies. Ainsi, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap) s'est doté de Mages (modèle d'aide à la gestion des effluents) pour superviser ses six stations d'épuration et ses 440 km de réseau.

Grâce à ce dispositif, les agents obtiennent de remontées d'informations du terrain, comme le débit de l'eau, l'état du réseau, le fonctionnement des usines mais également des prévisions de Météo France. « Nous disposons d'une vision globale à la fois des disponibilités de stockages par les réservoirs tunnel ou bassin, et également la place dans les réseaux : nous allons pouvoir orienter les flux en fonction de la disponibilité, indique Béatrice Blanchet, adjointe à la direction du Système de l'assainissement et des réseaux. Cette connaissance, concerne à la fois le passé et le futur ». L'outil fournit également des scénarios permettant d'optimiser la gestion du réseau en cas de crise : dysfonctionnement d'un équipement, intempéries, etc.

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