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Climat : le Conseil Inter-académique propose une série de mesures pour réformer le GIEC

Le Conseil Inter-académique (IAC) émet ses propositions pour que le GIEC ''réforme fondamentalement sa structure de direction et renforce ses procédures'', mais ne remet pas en cause les conclusions du quatrième rapport publié en 2007.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Climat : le Conseil Inter-académique propose une série de mesures pour réformer le GIEC
Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, reçoit des mains d'Harold T. Shapiro le rapport du Conseil inter académique
© UN Photo/Eskinder Debebe
   
Depuis novembre 2009, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) est au cœur de polémiques liées à la publication d'emails piratés sur le serveur de l'université britannique d'East Anglia et à la découverte d'erreurs dans le quatrième rapport. Face aux controverses, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, et le président du GIEC, Rajendra Pachauri, avaient demandé le 10 mars 2010 que le Conseil Inter-académique (IAC), qui regroupe des experts issus de quinze académies nationales des sciences, évalue les méthodes et les résultats du GIEC. Publié le 30 août 2010, le rapport de 113 pages propose une série de recommandations afin d'améliorer la crédibilité, l'indépendance et la gouvernance du GIEC.

Améliorer les règles du GIEC et mieux les appliquer

Selon l'IAC, ''les procédures utilisées par le GIEC pour établir ses rapports d'évaluation ont été globalement couronnées de succès, néanmoins le GIEC doit réformer fondamentalement sa structure de direction et renforcer ses procédures pour faire face à des évaluations climatiques de plus en plus complexes et larges ainsi qu'à un examen public plus minutieux''. Globalement, la méthode de travail du GIEC est qualifiée de ''minutieuse'' et l'IAC estime qu'une ''application plus stricte des procédures d'examen du GIEC pourrait minimiser le nombre d'erreur''. Pour cela, le rapport encourage les éditeurs à exercer leur autorité pour s'assurer que les rédacteurs prennent en compte l'ensemble des remarques formulées par les relecteurs et que les éléments contradictoires soient représentés.

En matière de littérature grise, c'est-à-dire d'articles non publiés par une revue scientifique à comité de lecture, l'IAC juge que son utilisation ne devrait pas être proscrite. Cependant, il estime que les règles du GIEC sont ''trop vagues'' et il recommande qu'elles précisent quel type de document peut être utilisé. Par ailleurs ces règles devraient être mieux appliquées et les informations tirées de la littérature grise devraient être spécifiées. En janvier 2010 le GIEC avait reconnu que son estimation de la fonte des glaciers de l'Himalaya, qui ''pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant'' selon le quatrième rapport, était erronée. Cette affirmation était justement fondée sur la littérature grise.

Par ailleurs, l'IAC propose d'améliorer la présentation des incertitudes scientifiques en uniformisant la démarche des trois groupes de travail. Actuellement, chaque groupe utilise des règles différentes et l'IAC note que le rapport du deuxième groupe de travail, traitant des impacts des changements climatiques, ''contient des informations présentées comme hautement sûres mais pour lesquelles il y a peu de preuves''. L'IAC propose donc d'établir une échelle qui indiquerait le nombre de preuves disponibles et le degré de certitude associés aux conclusions du GIEC. De même une échelle devrait évaluer la probabilité des événements considérés.

Améliorer la gouvernance du GIEC

S'agissant de la gouvernance du GIEC et de son fonctionnement, l'IAC juge que la communication est un élément ''critique'' pour le GIEC, notamment après les réponses ''lentes et inadéquates'' apportées suites aux différentes erreurs trouvées dans le quatrième rapport. De même, l'IAC fait état des critiques adressées aux dirigeants du GIEC qui ont dépassé leur mandat en ayant un discours trop prescriptif. Ainsi, l'IAC préconise l'élaboration d'une stratégie de communication qui mettrait l'accent sur la transparence et la rapidité. De plus, le rapport estime qu'il faudrait établir des règles définissant les personnes autorisées à s'exprimer au nom du GIEC.

S'agissant de la présidence du GIEC et des trois groupes de travails, l'IAC considère que ''la limite actuelle fixée à deux mandats de six ans est trop longue''. Il propose un unique mandat pour la durée de la rédaction d'un rapport ''afin de maintenir une variété de perspectives et une approche renouvelée à chaque rapport''. Par ailleurs, l'IAC propose que le GIEC ''développe et adopte une politique rigoureuse en matière de conflits d'intérêts'' et qu'elle s'applique à l'ensemble de ses membres. Indirectement, l'IAC répond aux controverses concernant Rajendra Pachauri, l'actuel président du GIEC, accusé d'alarmisme et de conflit d'intérêt.

Toujours en matière de Gouvernance, le rapport propose la création d'un comité exécutif constitué d'une douzaine de membres dont des hauts responsables du GIEC et des membres indépendants issus du milieu universitaire, des ONG et des entreprises. Ce comité validerait des corrections mineures relatives aux rapports publiés et approuverait de légères modifications relatives à la portée des travaux en cours. Cette mesure vise à palier l'intermittence du processus de décision du GIEC puisque celui-ci ne peut adopter des décisions, même minimes, que lors de ces réunions plénières. De même l'IAC recommande la nomination d'un directeur exécutif qui dirigerait le Secrétariat du GIEC et serait chargé des opérations courantes et de la communication. Actuellement, le Secrétariat du GIEC n'a aucune autonomie et n'a aucun pouvoir de décision.

Réactions4 réactions à cet article

 
Il a dit la verité, il sera executé

Cette phrase d'une chanson de Guy Beart s'applique pour le chef du GIEC et toute l'équipe de redaction. A part des fautes minimes (et encore pour 2035, qui peut démontrer que les glaciers de l'Hymalaya n'auront pas pratiquement disparu), le message du GIEC est JUSTE.
L'erreur c'est notre inaction et en particulier celle de nos gouvernants qui savent (ou alors ce sont des incapables qui ne lisent pas les rapports du GIEC) et n'ont pas le courage d'agir. L'erreur ce sont de nombreux medias qui ont préféré alimenter de fausses polémiques en mettant au meme niveau les experts du GIEC et des grandes gueules comme Allègre ou un commentateur méteo. Ce sont ces comporterments qu'il faudrait dénoncer et changer, pas le GIEC!

JeandeBegles | 01 septembre 2010 à 16h57
 
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Re:Il a dit la verité, il sera executé

Je suis bien d'accord avec vous, 2 fautes sur 3000 pages, alors qu'il ne faut même pas 30 secondes à nos politiques pour dire des inepties.
Effectivement nos dirigeant ne lisent pas le rapport du GIEC, mais en plus ils s'endorment quand Olivier Sidler ou Jean Marc Jancovici leur propose des cours de rattrapage
Ce qui compte c'est l'économie, la tête dans le guidon (le volant devrais je dire), et c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur ...

chocard | 02 septembre 2010 à 10h00
 
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Re:Il a dit la verité, il sera executé

Effectivement, le rapport n'est pas plus truffé d'erreur que la politique n'est truffée de corruption (trouvez l'erreur...)
Même s'il est vrai que le rapport est épais, combien on pris la peine
1) d'en prendre connaissance, simplement
2) de connaitre le fonctionnement du GIEC
3) de connaître la forme que prennent leurs conclusions ?

Car le GIEC n'a jamais prétendu détenir une vérité absolue à offrir à la face du monde. Ce ne sont qu'une série de théorie, étudiée à la lumière des différentes parutions scientifiques mondiales, auquelle sont donnée un degré de certitude.
Par exemple, il n'est jamais dis que la température "va" augmenter de X degré en Y années, mais qu'il est improbable / peu probable / très probable / presque certain que la température ait un comportement donné selon un scénario donné.
La différence entre les deux approches est fondamentale. Tout d'abord scientifiquement, car l'approche du GIEC offre non seulement un résumé des connaissances connues tout autant que les incertitudes. Mais aussi, et surtout, car cette démarche nous offre un espoir hors du commun : tout est dans nos mains, à nous de choisir le bon "scénario" tout de suite...

Julien | 06 septembre 2010 à 10h18
 
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A nous de bosser surtout

Au lieu de tarabiscoter sur le GIEC et ses erreurs minimes, au lieu de critiquer les grandes et puissantes entreprises ou les grands et puissants politiques, regardons notre vie à nous, la vie de nos familles et de nos amis et agissons.
Je viens juste de compenser le CO2 de mes voyages en avion. Le prix de la tonne de CO2 est anormalement basse et dérisoire par rapport aux maux qu'elle procure. Résultat, je compenserai une seconde fois mes voyages en avion dès l'an prochain.

Kent | 07 septembre 2010 à 18h08
 
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