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Actu-Environnement

Le groupe de travail III du GIEC rend son rapport : il est urgent d'agir !

Au terme de quatre jours de négociations, les délégués du groupe du GIEC ont finalisé leur rapport sur les mesures d'atténuation du réchauffement climatique en cours. Conclusion : les moyens existent, mais il faut agir vite.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Réunis du 30 avril au 3 mai à Bangkok en Thaïlande, les quelque 400 délégués mandatés par les gouvernements de 120 pays se sont retrouvés pour évaluer les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques autour d'un rapport qui constitue le troisième volet du 4ème rapport d'évaluation du GIEC. Le résumé à l'intention des décideurs, synthèse d'une vingtaine de pages de ce rapport sur les mesures d'atténuation du réchauffement climatique en cours, a été finalisé cette nuit.

Ce groupe de travail devait mettre à jour les informations présentées dans son rapport précédent, mais aussi travailler à partir des informations d'ordre politiquement pertinentes contenues dans certains rapports spécifiques du GIEC : aviation et atmosphère, questions méthodologiques et technologiques en matière de transfert de technologie, scénarios d'émissions, utilisation des terres, capture et stockage du carbone... Il présente les options possibles de réduction d'émissions dans les principaux secteurs économiques, à court, moyen et long terme, ainsi que leurs impacts et leurs coûts tout en s'attardant sur des sujets transversaux comme les synergies, les bénéfices possibles et les conditions de mise en œuvre de ces options ou le rôle de la recherche.

Le rapport estime qu'avec les politiques actuelles d'atténuation et les pratiques associées de développement durable, les émissions de GES continueront à croître dans les quelques décennies à venir. Il affirme qu'il existe un potentiel économique d'atténuation des émissions globales de gaz à effet de serre, significatif au cours des prochaines décennies, qui pourrait être suffisant pour décaler la croissance des émissions globales ou pour les réduire en dessous des niveaux actuels.

Selon plusieurs scénarios présentés dans le résumé, il en coûterait entre 0,2 % et 3 % du produit intérieur brut mondial (PIB) à l'horizon 2030 pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre. En 2030, l'estimation des coûts macro-économiques de l'atténuation multigaz, cohérents avec des trajectoires de stabilisation entre 445 et 710 ppm CO2-éq, va d'une diminution de 3% à une faible augmentation du PIB global par rapport au scénario de référence, note le rapport tout en ajoutant que l'ampleur des coûts régionaux peut différer considérablement de celle du coût global.

Le rapport prévient que les vingt à trente prochaines années seront cruciales dans les efforts pour atténuer le réchauffement de la planète. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) doivent atteindre d'ici 2015 un « pic » et décroître par la suite si on veut contenir la hausse de la température moyenne entre + 2°C et + 2,4°C, selon le meilleur scénario présenté par les délégués du GIEC.
Pour stabiliser la concentration des GES dans l'atmosphère, les émissions mondiales doivent passer par un maximum et décroître ensuite. Plus le niveau de stabilisation est faible, plus le maximum et la décroissance doivent se produire tôt, indique le GIEC. Les efforts de mitigation au cours des deux ou trois prochaines décennies détermineront dans une large mesure l'accroissement à long terme de la température moyenne mondiale et les conséquences correspondantes du changement climatique qui pourront être évitées, ajoute-t-il.

Pour tenir l'objectif de 2 degrés, les spécialistes jugent nécessaire une réduction de 50 à 85% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d'ici à 2050 et soulignent que la technologie pour ce faire est déjà disponible. La plage des niveaux de stabilisation évalués pourrait être atteinte par le déploiement d'un éventail de technologies qui sont sur le marché aujourd'hui, et de celles dont on attend la commercialisation dans les décennies à venir, pourvu que les incitations appropriées soient en place pour les investissements, pour la réduction des coûts et pour la poursuite du développement et du déploiement d'un large éventail de technologies. Ceci demande que les obstacles au développement, à l'acquisition, à la diffusion et au déploiement des technologies soient effectivement traités.

Selon le GIEC, l'efficacité énergétique jouera un rôle clé dans beaucoup de scénarii, pour la plupart des régions et des échelles de temps. Le document met également en évidence le rôle des énergies nucléaire, solaire et éolienne, de bâtiments et de modes d'éclairage plus économiques, ainsi que les moyens de captage et de stockage du CO2.
Il précise en outre que les changements dans le style de vie et dans les types de comportement seront susceptibles de contribuer à l'atténuation dans l'ensemble des secteurs.
De plus, selon le rapport, l'inclusion d'options d'atténuation portant sur d'autres gaz que le CO2 et sur l'utilisation des sols et la sylviculture permettrait une plus grande souplesse et un meilleur rapport coût efficacité pour atteindre la stabilisation. La bioénergie moderne pourrait en outre fournir une contribution substantielle à la part des énergies renouvelables dans la gamme des options d'atténuation.

Pour parvenir à ces notes de synthèse, certains points ont fait l'objet de frictions. Parmi eux, les coûts et les niveaux d'émissions de gaz à effet de serre tolérables, le rappel par les pays en développement de la responsabilité historique des nations industrialisées dans les émissions mondiales de CO2 et le nucléaire.

En réaction, le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas a réitéré son appel au lancement à la prochaine conférence ministérielle de l'ONU en décembre à Bali (Indonésie) de négociations sur un nouvel accord climatique international. Il est maintenant temps pour le reste de la communauté internationale de nous suivre et de s'engager vers des objectifs ambitieux de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Jacques Chirac, Président de la République jusqu'au 16 mai, rappelle dans un communiqué l'urgence et la nécessité de la mobilisation internationale en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Il appelle ainsi la communauté internationale à s'engager résolument dans la négociation pour décider de l'avenir du Protocole de Kyoto et parvenir avant 2009 à un nouvel accord par lequel les grands pays émetteurs s'engageront à diviser par deux leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050 selon une répartition équitable entre pays industrialisés et émergents des efforts à réaliser.

De leur côté, les ONG ont demandé aux Etats de réagir immédiatement à l'instar de Greenpeace qui a exigé que les leaders mondiaux s'engagent sérieusement pour lutter contre les changements climatiques. L'action immédiate pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est requise. Plus on attend, plus les températures augmentent et les impacts s'aggravent. De nouveaux atermoiements pourraient avoir des conséquences dramatiques sur la vie de milliard de personnes à travers le monde, estime Karine Gavand de Greenpeace.

Réactions7 réactions à cet article

 
Réchauffement de la planète

Le problème a été soulevé plusieurs fois mais rien, absolument rien n'a été fait. Les pays riches continuent de polluer l'atmosphère avec les voitures, les pays pauvres utilisent le bois ou le charbon pour faire la cuisine. Conclusion déforestation dans les pays pauvres ou en voie de développement. De plus les pays riches se servent des pays pauvres pour exploiter les ressources minières et forestières, exemple l'Amazonie, l'Afrique. La Chine dans les années soixante en a fait l'erreur de décimer les arbres afin d'en faire du charbon ou le bois sert à cuisiner et chauffer. Conclusion, le Nord de la Chine a connu une secheresse au point qu'elle est obligée d'ériger le plus grand barrage du monde afin de produire de l'électricité et subvenir en eau la région du nord, en attendant de replanter les arbres, car il faut au moins entre 20 à 25 ans pour qu'une forêt ou montagne reverdissent.

Anonyme | 05 mai 2007 à 05h30
 
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il est urgent d'agir

Est-ce qu'il ne manquerait que la volonté politique pour agir ?
comment se fait-il que les solutions de bons sens existent depuis longtemps et qu'elles ne sont pas prises ? attendra-t-on que l'on constate pour agir que :
"quand le dernier arbre sera abattu
la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson pêché,
que l'argent ne se mange pas ?"
proverbe indien

sougya | 10 mai 2007 à 15h58
 
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Re:il est urgent d'agir

bonjour!
cest avec un peu de retard que je réagi à cet article soit:
la question je voudrai vous faire savoir c'est pourquoi l'on s'intereese au volet du rboisement pour reconstituer les suerficies perdues et celles que l'on continue de déboiser
ne dit-on pas que la forêt séquestre quelque 40% de co2?
si l'on est disposé à revoir les mécanismes du protocole de Kyoto il faudrait amener les décideurs d'envisager l'aide au financement des opérations de rebosiement particulièrement pour la création de puit de carbone, éventuellement à faire gerer par des professionnels dans un contexte écologique et économiquement durable
c'est la proposition que notrre association ne cesse de faire admettre depuis un certain nombre d'années
la proposition de faire reboiser au sahara, là ou il y a de l'eau, serait d'un grand apport pour la lutte contre les changements cliamtiques et le rétablissement des écosystèmes d'antan!
merci de ma lire et de réaction
le Président de l'association, reboiserlesahara@yahoo.fr

DAOUD | 23 mai 2007 à 17h56
 
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Re:Réchauffement de la planète

bonjour!

je suis entièrement d'accord avec vous qu'il faut reboiser pour lutter contre le réchauffement de la planète et les changements climatiques
le délais que vous souligner est d'autant important qu'il y a lieu d'obliger les décideurs d'engager et d'autoriser un reboisement notamment pour la création de puits de carbone particulièrement dans les Pays en développement et ou là où c'est possible
le protocole de kyoto ne devrait-il pas envisager des mécanismes pour le finacement de ce reboisement?
le Président de l'association

DAOUD | 23 mai 2007 à 18h05
 
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reboisement

bonjour!

les deux réactions enregistrées précédemment éviquent la nécessité du reboisement pour lutter contre les réchauffements de la planète et influer sur les changements climatiques
nous ommes prafaitement d'accord sur cette nécessité
donc il y lieu d'engager les décideurs pour prendre en charge, par le biais des mécanismes à créer dans le cadre du protocole de kyoto, des financements à l'effet de créer les puits de carbone
cette opération viedrait s'ajouter aux insitations déjà en vigueur concernant les diminutions des émanations des ges dont le taux n'a pas dépassé les 8% depuis 1997
militons pour amener les décideurs d'opter également pour le reboisement dans les pays où il est possible de le faire

DAOUD | 23 mai 2007 à 18h15
 
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Re:Réchauffement de la planète

boiser et re-boiser oui biensûr, j'en suis certain aussi.
Mais vous n'êtes pas sans savoir quelques controverses sur la notion de 'puits de carbone'.
Controverses en bonne partie alambiquées bien souvent et que je ne partage pas fondamentalement.
Cependant, il faud bien noter que l'ampleur, la rapidité, la diversité et la disparités des changements climatiques envisagés place le 'planteur d'arbre' sincère et consciencieux dans un sacré ambaras !
En plein stress hydrique lié aux sècheresses et aux canicules comme en 2003, mêmes les forêts françaises 'gérées' émettent exceptionnellement plus de carbone qu'elles n'en absobent, la photosynthèse étant stoppé par les mécanismes de survie...
Les forêts nées hier ou plantées aujourd'hui ne seront pas forcément à leurs aise dans seulement quelques décennies... Rude problématique pour les forestiers et écologues, objets de colloques...
Un point de clarté dans cette buée d'incertitudes: compter avec la diversité, la bio-diversité.
Une autre recommandation que je pense impérieuse de répandre: Partout, maintenons et restauront la qualité écologique des sols en tant qu'écosystèmes. Les sols vivants stockent massivement et durablement du Co2. L'évitement du compostage atténue aussi les émissions de méthane.
Un sol riche en vie et en humus stable atténue les eventuels stress hydriques et permet donc de soutenir l'activité des plantes chlorophyliennes qu'ils portent.
Notez la résilience observée des forêts de feuillus.

Le maintien et la reconstitution de sols vivants s'obstiennent facilement, rapidement et efficacement par l'apport de bois raméal fragmenté. Matériaux et technique abrégés en 'BRF' -
En agriculture, le Brf est compatible avec les Techniques Culturale Simplifiées, dites aussi de conservation. (TCS).
Documentez vous et faites vous votre propopre idée - Partagezr vos connaissances et raisonnements - parlons en! (un article existe déjà dans Actu Environnement).
Le problème du changement climatique est une des raisons qui m'ont poussées à mintéresser au sujet BRF fin 2005 - Sans être le seul, cet axe m'apparait chaque jour d'une importance plus avérée face à ces enjeux existantiels et urgents.

Les défis du dérèglement climatiques sont colossaux.
Il est rare d'entrevoir des possibilités aussi 'simples' à mettre en pratique et potentiellement impactantes.

L'arbre est l'avenir de l'homme! Et si c'était réciproque?!

Sylvain.

Sylvain | 16 août 2007 à 16h31
 
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Boiser et vivifier les sols

(Excusez moi - Venant de répondre aux précédantes réactions, je réitère ici mon message en 'nouvelle réaction' pour être plus sûr qu'il soit lu qu'en simple réponse - Merci de votre compréhension)
boiser et re-boiser oui biensûr, j'en suis certain aussi.
Mais vous n'êtes pas sans savoir quelques controverses sur la notion de 'puits de carbone'.
Controverses en bonne partie alambiquées bien souvent et que je ne partage pas fondamentalement.
Cependant, il faud bien noter que l'ampleur, la rapidité, la diversité et la disparités des changements climatiques envisagés place le 'planteur d'arbre' sincère et consciencieux dans un sacré ambaras !
En plein stress hydrique lié aux sècheresses et aux canicules comme en 2003, mêmes les forêts françaises 'gérées' émettent exceptionnellement plus de carbone qu'elles n'en absobent, la photosynthèse étant stoppé par les mécanismes de survie...
Les forêts nées hier ou plantées aujourd'hui ne seront pas forcément à leurs aise dans seulement quelques décennies... Rude problématique pour les forestiers et écologues, objets de colloques...
Un point de clarté dans cette buée d'incertitudes: compter avec la diversité, la bio-diversité.
Une autre recommandation que je pense impérieuse de répandre: Partout, maintenons et restauront la qualité écologique des sols en tant qu'écosystèmes. Les sols vivants stockent massivement et durablement du Co2. L'évitement du compostage atténue aussi les émissions de méthane.
Un sol riche en vie et en humus stable atténue les eventuels stress hydriques et permet donc de soutenir l'activité des plantes chlorophyliennes qu'ils portent.
Notez la résilience observée des forêts de feuillus.

Le maintien et la reconstitution de sols vivants s'obstiennent facilement, rapidement et efficacement par l'apport de bois raméal fragmenté. Matériaux et technique abrégés en 'BRF' -
En agriculture, le Brf est compatible avec les Techniques Culturale Simplifiées, dites aussi de conservation. (TCS).
Documentez vous et faites vous votre propopre idée - Partagezr vos connaissances et raisonnements - parlons en! (un article existe déjà dans Actu Environnement).
Le problème du changement climatique est une des raisons qui m'ont poussées à mintéresser au sujet BRF fin 2005 - Sans être le seul, cet axe m'apparait chaque jour d'une importance plus avérée face à ces enjeux existantiels et urgents.

Les défis du dérèglement climatiques sont colossaux.
Il est rare d'entrevoir des possibilités aussi 'simples' à mettre en pratique et potentiellement impactantes.

L'arbre est l'avenir de l'homme! Et si c'était réciproque?!

Sylvain.

Sylvain | 16 août 2007 à 16h37
 
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