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Une étude dévoile les gisements d'économies d'énergie disponibles dans les data centers français

MAJ le 07/12/2016

Valorisation de l'air extérieur, éco-conception des logiciels de stockage et de sécurisation des données… Autant de solutions que préconise le cabinet de conseil Enr'Cert pour limiter la consommation énergétique des data centers.

Energie  |    |  Guillaume KremppActu-Environnement.com

En termes d'émissions de CO2, rechercher sur Google émet autant que de chauffer l'eau d'une tasse de thé. Une analogie similaire fait son chemin au sujet du stockage de données. Un data center de 10.000 m2 consomme autant qu'une ville de 50.000 habitants. Ces comparaisons donnent toutes deux la mesure du leurre constitué par "l'immatérialité du numérique". Le cabinet de conseil en efficacité énergétique Enr'Cert constate lui aussi la voracité énergétique de ces centres de données au travers d'une étude, parue le 23 novembre. Face à l'ampleur grandissante du phénomène, ces informations précises sur les data centers en France et sur les gisements d'économie d'énergie disponibles viennent à point nommé.

Un état des lieux du parc français

Le rapport du cabinet de conseil fournit de nombreux éléments exploitables pour les ingénieurs et décideurs en efficacité énergétique. Une cartographie des centres de données selon trois zones climatiques françaises permettra par exemple de différencier la pertinence de certaines solutions selon les températures moyennes des régions. L'étude dresse notamment l'inventaire des data centers selon leur surface et leur ancienneté. Grâce à une mise en perspective avec les différents indicateurs de performance énergétique, les résultats permettent d'identifier précisément les gisements d'économie d'énergie.

Enr'Cert préconise ainsi de remédier aux faibles rendements énergétiques des plus petits data centers (inférieurs à 200m2) et des plus grands centres de données (entre 2.000 et 5.000 m2). Ces derniers constituent plus de 60% de la consommation électrique du parc français. L'observation de l'âge des data centers permet aussi de réfuter l'idée reçue selon laquelle les plus anciens seraient les plus énergivores. Alors que les premiers centres furent mis en place dès 1980, ceux construits dans les années 90 recèlent un potentiel d'amélioration bien plus important selon le rapport.

L'exhaustivité de l'analyse est toutefois à relativiser. L'auteur de l'étude, Anthony Barbier, admet en effet que la méthode du sondage pour récolter les informations n'a donné que des résultats partiels sur certains paramètres. A cela faut-il encore ajouter la représentativité de l'échantillon constitué de 87 centres de données alors que le site Data Center Map en recensait 139 en mai 2015 en France.

Des solutions pour l'efficacité énergétique

En France, les 130 data centers, principalement situés en région parisienne, absorberaient aujourd'hui 9% de l'électricité du pays. Dopé par un foncier abordable, un faible coût de l'électricité par rapport à d'autres pays et une augmentation constante des flux de données, les dépenses d'énergie de ces centres de stockage de données vont encore croître dans les prochaines années.

D'où l'importance des solutions proposées par le cabinet de conseil. Ce dernier met en avant la séparation de l'air chaud et de l'air froid en circulation afin d'atténuer l'humidité du lieu. Le free-cooling permet quant à lui de valoriser l'air extérieur lorsque la température est inférieure à 25°C. Sur le même principe, le free-chilling a l'avantage de refroidir l'eau sans utiliser le dispositif classique de la climatisation. Ces deux dernières solutions peuvent mener à des gains de 30 à 50% sur la facture électrique.

L'étude aborde aussi les pistes d'amélioration au niveau des logiciels de stockage et des câblages utilisés, qui recèlent aussi un potentiel d'économie d'énergie important. Un dernier chantier majeur, selon l'auteur, se situe néanmoins au niveau des procédés de sécurisation des données stockées. La majorité des data centers fonctionne en effet 24 heures par jour et dispose d'équipements redondés (en double) afin de limiter le temps d'arrêt cumulé annuel ou de permettre la continuité du service en cas de panne. Pour les moins performants, un data center s'arrête en moyenne 28 heures par an. Les centres les plus sophistiqués sont intégralement doublés. Chaque année, ce type de data center ne connaît alors que 24 minutes d'arrêt.

Réactions2 réactions à cet article

 

Attention 2 erreurs dans l'article :

L'électricité en France est en fait parmi la plus chère d'Europe : cf. Eurostat http://ec.europa.eu/eurostat/tgm/refreshMapView.do?tab=map&plugin=1&init=1&toolbox=types&pcode=ten00117&language=fr

Les 15 % sont de l'électricité (EDF) et non de l'énergie (EDF ne fait pas tourner les avions, les camions, les voitures, les tracteurs, les bateaux, etc.). Il ne faut pas confondre les 2

Sylvain | 29 novembre 2016 à 16h32
 
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Sylvain,

Je vous remercie pour votre réaction. Votre deuxième remarque est tout à fait pertinente et je corrige cette erreur dès à présent.

Pour votre premier commentaire, l'argument des prix bas est celui de l'ingénieur, auteur de l'étude, et mes vérifications m'ont confirmé les tarifs relativement bas de l'électricité française pour l'industrie.

Cf: http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/File:Half-yearly_electricity_and_gas_prices,_second_half_of_year,_2012%E2%80%9314_(EUR_per_kWh)_YB15-fr.png

La rédaction | 29 novembre 2016 à 16h52
 
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