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Gaz naturel liquéfié américain : panacée ou mirage ?

Une Ukraine et une Europe affranchies du gaz russe : voici ce que promet le lobby gazier américain pourvu qu'on lui octroie la libéralisation des exportations. Le débat sur ce mirage à portée de main occupe le devant de la scène politique américaine.

Energie  |    |  Contexte

Pour venger l'Ukraine, les producteurs de gaz américain réclament, depuis quelques semaines, la libéralisation des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Un afflux d'énergie fossile permettrait à l'ex-bloc soviétique et à notre vieille Europe de s'affranchir de la tutelle énergétique russe. Les opposants décrient une rhétorique opportuniste et craignent de voir s'évaporer une manne bon marché et décisive pour la vigueur économique du pays. Le gaz coûte 3,66 dollars le gallon aux États-Unis contre 8,13$ en France et la moyenne européenne est comprise entre 6 et 10$.

Débats jumeaux

Omniprésent ces derniers temps, le débat s'est invité, mardi 25 mars, sur les bancs parlementaires, à la faveur d'une audition devant chacun des comités concernés - Energie et Ressources naturelles au Sénat et Energie et Commerce à la Chambre des Représentants. La production de gaz naturel américain a beau avoir connu une hausse sans précédent ces dernières années, les exportations de GNL restent limitées aux pays bénéficiant d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. Pour les autres, chaque projet de terminal d'exportation doit recevoir l'aval du ministère de l'Energie (DOE) avec un volume défini à l'avance.

Septième terminal

À la veille de l'audition par le comité sénatorial de Paula Gant, Secrétaire d'État adjointe au pétrole et au gaz au bureau des énergies fossiles, le DOE a d'ailleurs délivré sa septième autorisation pour le terminal de Jordan Cove, dans l'Oregon, qui devrait permettre d'exporter 22,6 millions de mètres cubes de gaz par jour. C'est l'aboutissement de longs mois d'attente pour les opérateurs. Et l'occasion, pour les promoteurs d'une réforme d'enfoncer le clou, comme l'a fait Mary Landrieu, présidente du comité Energie et Ressources naturelles au Sénat. "Un processus d'approbation rapide et efficace pour exporter de manière responsable le gaz naturel depuis chez nous (et permettre) de réduire la mainmise que certains pays, comme la Russie, exercent sur leurs voisins".

La carte européenne

"Aucun pays ne devrait pouvoir utiliser sa position de monopole pour l'approvisionnement en énergie comme menace sur un autre pays", a martelé l'atout européen du comité sénatorial, le ministre ukrainien de l'Energie Jaroslav Neverovic.

Anita Orban, ambassadrice itinérante de la Hongrie pour la Sécurité énergétique, a quant à elle rempli le rôle d'avocat du changement devant le comité de la Chambre des Représentants, réuni pour examiner le H. R. 6. Pompeusement baptisé « Prospérité domestique et liberté mondiale », ce projet de loi introduit au début du mois de mars réclame l'aval inconditionnel de tous les projets de terminaux d'exportation de GNL. "Cette loi a des enjeux sociaux et économiques décisifs", a souligné l'ambassadrice. "Le gaz russe que nous importons chauffe les trois quarts des maisons hongroises, fournit de l'électricité, alimente les industries. Il nous faut une alternative crédible, un afflux de gaz américain qui nous confèrerait une autre marge de manœuvre. Et c'est aujourd'hui qu'il faut agir en envoyant un signal politique très fort aux dirigeants russes".

Inéluctable flambée des prix ?

La perspective fait bondir sur les bancs démocrates : "Ce projet de loi permettra à qui le souhaite d'exporter du gaz américain en Russie", s'est emporté le Représentant Mike Doyle. "Je suis favorable aux exportations, mais pas au prix de notre compétitivité, car une chose est sûre, le gaz se renchérira si on l'exporte."

Principal argument des opposants, cette crainte d'une flambée des prix est balayée par David Montgomery, premier vice président de la société auteure du rapport Nera sur les conséquences des exportations de LNG, et qui fait autorité depuis sa parution : "L'essentiel des exportations sera satisfait par un accroissement de la production et il n'y aura qu'un impact minimal, voire inexistant sur les prix !". L'écart des prix du gaz entre les deux continents est cependant tel que l'on peine à souscrire à son optimisme.

Le délai de construction des terminaux constitue fait également l'objet de critiques, car il éloigne la perspective d'une panacée immédiate : il faudra attendre fin 2015, au plus tôt, pour voir opérer le premier terminal autorisé par le Department of Energy en 2011 à Sabine Pass, en Louisiane. La probabilité qu'une fois ouvertes les vannes de l'exportation, le gaz américain se dirige vers le marché asiatique, bien plus profitable, est également un obstacle. Mais les partisans n'en démordent pas, martelant, comme Paula Gant, qu' "une offre accrue au niveau mondial augmentera la sécurité énergétique globale".

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