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Actu-Environnement

La société civile réserve un accueil consensuel au nouveau gouvernement

De nombreux acteurs de la société civile ont réservé un accueil poli aux ministres chargés des dossiers environnementaux. Si ce nouveau gouvernement suscite de nombreux espoirs, parfois contradictoires, le temps de grâce devrait être de courte durée.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
La société civile réserve un accueil consensuel au nouveau gouvernement

Le nouveau périmètre du ministère de l'Ecologie est globalement apprécié, notamment s'agissant du retour de l'Energie à l'Hôtel Roquelaure.

Si France nature environnement (FNE) "regrette (…) que le périmètre du ministère soit restreint et n'inclut pas le logement", la fédération environnementale juge cependant que "le rattachement de l'énergie (…) est une très bonne nouvelle". Concrètement, la fédération souhaite que "rapidement, des feuilles de route soient transmises à chacun des ministères (…) afin qu'ils soient individuellement et collectivement, acteurs de la transition écologique".

Greenpeace, citée par l'AFP, juge elle aussi que le retour de l'énergie dans le périmètre du ministère de l'Ecologie constitue "un bon signal". Cependant, l'ONG particulièrement mobilisée sur les thématiques énergétiques, attend que cela se traduise par des actes et prévient qu'elle jugera "sur pièce" l'action gouvernementale.

L'accueil réservé à Nicole Bricq par la Fondation Nicolas Hulot (FNH), qui est très impliquée sur la question de la taxe carbone, est lui aussi empreint de prudence : "Il tient maintenant au Premier ministre de garantir que l'écologie n'est pas un strapontin, notamment face à Bercy et au ministère du redressement productif", indique Benoît Faraco, porte-parole de FNH.

Une ministre compétente

FNE juge que la ministre a une "culture écologique affirmée" qui lui confère une "légitimité pour piloter le ministère de l'Ecologie". Et la fédération environnementale de rappeler la mobilisation de la nouvelle ministre contre les gaz de schiste, son engagement "à la pointe du combat contre les dispositifs fiscaux nuisibles à la biodiversité" et le "dialogue constructif [qu'elle a engagé] avec les ONG en général, et avec FNE en particulier". Un dialogue avec les ONG que le WWF espère voir relancé.

Pour le WWF, la nomination de la rapporteure générale du budget de la Commission des finances du Sénat "représente un gage de sérieux et de crédibilité pour mieux intégrer l'environnement au cœur du budget et des politiques publiques". Un constat partagé par Jean-François Julliard, le directeur de Greenpeace qui indique que "ce qui (…) intéresse particulièrement [Greenpeace] dans le profil de Nicole Bricq, c'est son profil de spécialiste des questions financières". Un jugement similaire est porté par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui rappelle qu'il "a déjà eu l'occasion de présenter le Livre blanc des énergies renouvelables à Madame la ministre, alors rapporteure générale de la Commission des finances au Sénat".

Quant à la nomination de Fréderic Cuvillier en tant que ministre délégué aux Transports et à l'Economie maritime auprès de Nicole Bricq, elle est saluée par Armateurs de France qui y voit "une double bonne nouvelle". Le choix du député-maire de Boulogne-sur-Mer, "un spécialiste du maritime, constitue un signe de reconnaissance pour [le] secteur et l'intitulé « économie maritime » suggère que l'on va enfin parler [du] secteur comme d'un vecteur essentiel de l'économie".

Stéphane Le Foll satisfait les agriculteurs

Stéphane Le Foll, le nouveau ministre de l'Agriculture et à l'Agroalimentaire, semble lui aussi satisfaire de nombreux acteurs du secteur. Ainsi, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), salue la nomination d'"un fin connaisseur de l'agriculture et de l'Europe". Par ailleurs, elle voit un "signal stratégique dans le fait que le ministère de l'Agriculture, conforté dans ses compétences [soit] l'un des principaux ministères du Gouvernement". Enfin, elle "réitère son vœu d'une agriculture dynamique et à visage humain", c'est-à-dire un agriculture qui puisse "donner le meilleur d'elle-même pour l'emploi, l'environnement, la ruralité, la qualité de l'alimentation, l'innovation et les énergies renouvelables".

De son côté, la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) décrit Stéphane Le Foll comme "un homme de réflexion et de propositions, dont la formation, les origines et le département d'adoption sont nourris de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de l'agro équipement". Par ailleurs, "la nouvelle dénomination du ministère (…) affiche un recentrage sur la production agricole et l'industrie agroalimentaire, ce qui constitue un message fort".

"Même si elle aurait aimé qu'il soit également ministre des paysans, la Confédération paysanne accueille positivement" la nomination de Stéphane Le Foll. Elle "attend des pouvoirs publics qu'ils soient les garants d'une agriculture développée dans l'intérêt général, en promouvant notamment une alimentation locale et de qualité".

EELV satisfait de son entrée au gouvernement

Sans grande surprise, Europe Ecologie – Les Verts (EELV) se satisfait de l'entrée au gouvernement "pour la première fois depuis longtemps" de deux de ces membres : Cécile Duflot, en tant que ministre de l'Egalité des territoire et du Logement, et Pascal Canfin, comme ministre délégué au Développement auprès du ministre des Affaires étrangères. La secrétaire nationale d'EELV obtient "un pôle ministériel majeur, au carrefour des crises écologiques, économiques et sociales avec des enjeux considérables pour la vie quotidienne de nos concitoyennes et de nos concitoyens" et le spécialiste de l'économie verte se voit attribuer un "secteur clef de la solidarité internationale, pour réduire la fracture entre le Nord et le Sud".

Il s'agit d'"un fait politique majeur et d'un signal fort", estime la formation politique. EELV voit dans ces deux nominations "un formidable signal positif apportant une réponse crédible aux crises qui traversent nos sociétés [et] une alternative démocratique qui se propose (enfin!) d'articuler la question sociale à l'épuisement des ressources et à l'avenir de la planète".

Pour FNE, "la nomination de Cécile Duflot au ministère du Logement permet d'espérer que celui-ci devienne enfin un levier majeur de la transition écologique à condition d'une forte articulation entre les deux ministères". Quant à Jeudi Noir, le collectif luttant contre le mal logement, il annonce sans ambiguïté "[attendre]au tournant, avec bienveillance mais très attentivement," la nouvelle ministre.

L'Union sociale pour l'habitat "observe avec un très grand intérêt le lien que manifeste l'organisation du gouvernement (…) entre le logement et l'égalité des territoires et félicite Cécile Duflot ainsi que Nicole Bricq qui prend en charge le dossier essentiel de l'environnement et de l'énergie, enjeu également crucial dans le domaine du logement". Et de rappeler que la réhabilitation des logements sociaux constitue à ses yeux une urgence.

Réactions7 réactions à cet article

 

L'expression la "société civile" est un abus de langage. Ce que vous appelez la société civile est en vérité le microcosme de la société militante, qui ne tient son apparence de légitimité que du tam-tam dont elle joue et qui est repris par les médias à la recherche de catastrophisme et de sensations à bon compte.

Laurent Berthod | 21 mai 2012 à 20h15
 
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Monsieur Berthod doit parler de la Fnsea,je pense

lio | 22 mai 2012 à 10h54
 
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Lio,

Non, pas du tout.

1° La FNSEA n'est généralement pas désignée par le vocable "société civile" par la presse et les médias.

2° Le tam-tam de la FNSEA, bien réel, est beaucoup moins amplifié par la presse et les médias que celui des ONG éscrologistes et environnementeuses.

3° La FNSEA tient sa légitimité de ses adhérents et des résultats aux élections professionnelles. Elle ne prétend pas représenter l'intérêt général comme le prétendent pour leur compte les ONG éscrologistes et environnementeuses. Elle prétend seulement défendre les intérêts des agriculteurs.

Laurent Berthod | 22 mai 2012 à 12h32
 
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félicitation pour les points de précisions de mr Berthod.
Cela fait du bien de temps en temps d'avoir des commentaires de personne qualifié sur certain sujet . Cela change.
Pour insisté les ONG qui maîtrise la communication (et non les passions ) ne représentent dieux merci qu'une minorité. Même si avec les média on pourrai finir par pensée le contraire.

yanquirigole | 22 mai 2012 à 13h58
 
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Merci à Laurent de la précision mais je ne serais pas aussi tranché. La société civile c'est nous tous; il n'y a pas d'un côté les "bons" et de l'autre les "méchants" comme tendraient à le prêcher certains curés de l'écologie auxquels n'appartient pas ce ministère (tout comme il n'appartient pas au corps des mines). Il y a des questions vitales à gérer (énergies, ressources, climat...), une intégration à faire de la gestion écologique dans la gestion tout court (évidemment en évitant la financiarisation débile actuelle des quotas de CO2). En clair, il faut quelqu'un de solide, résistant aux pressions même aux pressions desdits curés médiatiques...
Courage à Mme Bricq, et succès!

Albatros | 22 mai 2012 à 15h45
 
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Bonjour,

En effet la société civile est l'une des nombreuses parties prenantes à prendre en compte pour mener des politiques efficaces en matière de développement durable et de RSE. Mais que cette tâche est complexe!

Boris | 23 mai 2012 à 14h21
 
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On discute comme si N.K.M n'était qu'un coup de vent qui passe et qui a vite effacé ses empreintes écologiques , ses lois et décrets! Bien sûr, tout est perfectible, mais ,en France,on adore le changement politique et confie sa mise en application à une équipe du même bord ,en remettant au minimum entre parenthèses tout ce que le précédent pensait avoir fait ,POUR LA FRANCE! même si la moitié avait voulu son bien-être. Alors, sous prétextes de référendum et consultations publiques ou pas, on gouvernera et pensera au quinquenat suivant ?
Et pour ,cerise sur le gâteau, sera, c'est nous les Décideurs Elus!

arthur | 23 mai 2012 à 21h25
 
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