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Le Gouvernement veut accélérer le déploiement de l'éolien en mer

En visite à Saint-Nazaire ce jeudi 2 mai 2024, les ministres de l'Économie et de l'Industrie ont annoncé des mesures pour appuyer le déploiement de l'éolien en mer.

Energie  |    |  M. Scharff
Le Gouvernement veut accélérer le déploiement de l'éolien en mer

« Nous avons pris du retard à l'allumage » sur l'éolien en mer, reconnaît Bruno Le Maire, en déplacement ce jeudi 2 mai à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), sur le site des Chantiers de l'Atlantique, en compagnie de Roland Lescure. Il s'agit désormais de « faire un pas de géant » pour « gagner la course énergétique du XXIe siècle », selon le ministre de l'Économie. Et pour y parvenir, l'exécutif mise notamment sur l'augmentation de la part de l'éolien en mer dans le mix électrique national. De quasi inexistante aujourd'hui, l'ambition est de la faire passer à 20 % en 2050. À l'occasion de la signature d'un contrat de 4,5 milliards d'euros entre RTE, la société Chantiers de l'Atlantique et l'entreprise japonaise Hitachi pour fournir des plateformes électriques en mer à deux futurs champs éoliens à Oléron (Charente-Maritime) et en Normandie, les deux ministres ont détaillé la politique industrielle de la France en matière d'énergie éolienne produite en mer.

Aujourd'hui, seul le parc de Saint-Nazaire est en service. Deux autres doivent suivre à Fécamp (Seine-Maritime) et Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) d'ici à juin 2024. À cela s'ajoutent les projets de Courseulles-sur-Mer (Calvados), d'Yeu-Noirmoutier (Vendée) et de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime) dont la mise en service est prévue en 2025 et en 2026, ainsi que le parc de Dunkerque (Nord) envisagé à l'horizon 2028-2029 et celui de Centre-Manche 1 en 2031. La puissance électrique produite par l'éolien en mer atteindra alors 4,6 GW, sur les 18 GW en 2035 et 45 GW en 2050 souhaités par le Gouvernement. « En 2035, l'éolien en mer produira autant d'énergie que celle qui est consommée aujourd'hui par les régions Bretagne, Normandie et Pays-de-la-Loire réunies », a précisé le ministre délégué à l'Industrie, Roland Lescure. Un engagement affirmé, salué par Michel Gioria, directeur général de France Renouvelables : « C'est un signal fort pour la filière. » En plus des parcs déjà mentionnés, Bruno Le Maire a annoncé que le lauréat de l'appel d'offres pour le parc flottant au large de Belle-Île-en-Mer avait été choisi et sera annoncé dans les prochains jours, avec un tarif d'achat « à deux chiffres » inférieur au prix plafond de 140 €/MWh. L'ambition est clairement affichée : accélérer le déploiement de parcs éoliens en mer.

Des parcs plus puissants et plus éloignés, attribués plus vite

“ En 2035, l'éolien en mer produira autant d'énergie que celle qui est consommée aujourd'hui par les régions Bretagne, Normandie et Pays-de-la-Loire réunies ” Roland Lescure, ministre délégué à l'Industrie
Pour combler le retard français et respecter ces ambitions, le calendrier global des appels d'offres (AO) a été clarifié. Celui pour l'AO de deux parcs flottants en Méditerranée, « attendu depuis des mois par la filière », selon un communiqué du Syndicat des énergies renouvelables, a été publié, pour une date limite de remise des offres en août 2024 et une attribution d'ici à fin 2024. En complément des procédures d'AO relatives aux projets de parcs éoliens posés au large d'Oléron et en zone Centre-Manche 2 déjà en cours et dont le cahier des charges devrait être publiés en août 2024, les ministres ont annoncé le lancement d'un neuvième AO commun portant sur quatre projets, sur des zones déjà identifiées par le biais de débats publics précédents, en sud-Bretagne, Méditerranée et au large d'Oléron. Enfin, un dixième AO a été mentionné, sans précision sur sa localisation, pour une mise en service à l'horizon 2035.

Les futurs parcs sont également censés être plus puissants, de 500 MW au maximum aujourd'hui à 1 GW à l'avenir, et plus éloignés des côtes, jusqu'à 60 km au lieu de 15 km actuellement. Un défi technologique qui doit permettre, selon le Gouvernement, de contenir les critiques contre l'éolien maritime. Un certain nombre d'inquiétudes ont en effet été remontées lors du débat public « La mer en débat » qui s'est achevé le 26 avril 2024 : elles concernent la pêche, la biodiversité et le tourisme. En réponse, le Gouvernement publiera en septembre 2024 une cartographie des « zones propices à l'éolien en mer » à l'horizon de dix ans et à l'horizon 2050. « Il est essentiel que la concertation soit menée de la manière la plus large et la plus ouverte possible », insiste le ministre de l'Économie.

20 %

C'est la part du mix énergétique national que vise le Gouvernement pour l'éolien marin à l'horizon 2050
Dernier ressort pour accélérer le déploiement des parcs : simplifier les procédures. Via le projet de loi Simplification, d'une part, qui permettra de déroger aux règles de la commande publique, notamment pour le raccordement des parcs par RTE. D'autre part, par la publication prochaine d'un décret qui réduira la durée de la procédure d'AO, en supprimant la phase de préqualification des candidats et en réduisant la durée de la phase de dialogue concurrentiel, afin de ramener le délai de déploiement des futurs parcs de douze à six ans. Cette dynamique permettra aussi une meilleure visibilité sur les technologies, précise Michel Gioria, « six ans est un horizon temporel avec lequel les industriels savent travailler ».

Favoriser l'industrie française et européenne

Les ministres ont aussi annoncé des mesures pour favoriser l'industrie française et européenne des éoliennes en mer, face à la concurrence étrangère, notamment chinoise. Pour Bruno Le Maire, il est non seulement indispensable de pouvoir « maîtriser toute la chaîne de valeurs en France et en Europe », mais aussi de favoriser les composants fabriqués plus localement. Dans la continuité du discours sur l'Europe d'Emmanuel Macron, ce 25 avril à la Sorbonne, le ministre a jugé que la compétition internationale ne se déroule pas sur des bases équitables, avec « des pays qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales et sociales que l'Union européenne ». Il a donc annoncé, pour l'AO 9 et les suivants, un changement des critères d'éligibilité, notamment concernant les émissions de CO2 : le transport et le mix énergétique du pays de fabrication seront pris en compte dans le bilan carbone. « Je considère d'une manière très simple, poursuit Bruno Le Maire, qu'une pâle d'éolienne qui est fabriquée à Saint-Nazaire, avec une énergie décarbonée dans des conditions environnementales très satisfaisantes et qui n'a pas fait des milliers de kilomètres avant de venir ici, a un bilan carbone meilleur qu'une pale qui a été apportée de 6 000 à 8 000 kilomètres et produite dans des conditions moins satisfaisantes. Et je considère que dans un appel d'offres, on doit tenir compte de cette réalité climatique. » L'application de ces nouveaux critères, ainsi que ceux du règlement européen Net Zero Industry Act voté en avril 2024, doit permettre aux industriels français et européens d'être mieux placés pour remporter les contrats.

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