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Actu-Environnement

Les EnR ne progressent pas assez vite au sein des réseaux de chaleur

L'enquête annuelle du SNCU présentée à l'occasion de la 4e rencontre des réseaux de chaleur témoigne d'un développement timide des énergies renouvelables dans cette filière mais les mesures du Grenelle pourraient changer la donne.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Comme son nom l'indique, un réseau de chaleur permet de distribuer de la chaleur produite par une ou plusieurs chaufferies reliées grâce à un réseau de tuyauterie à des logements ou à des bâtiments industriels et tertiaires. Selon la dernière enquête du Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine (SNCU) présentée à l'occasion de la 4e Rencontre des réseaux de chaleur, la France compte 424 réseaux alimentés par 632 installations de production reliées à 3.000 kilomètres de réseau pour une puissance installée de 18.900 MW. Chaque année, 23 TWh d'énergie sont livrés majoritairement à des bâtiments résidentiels (57%), mais également à des bâtiments tertiaires (36%) et industriels (6%).

Les sources d'énergie sont variées mais le gaz naturel reste majoritaire (50%). Toutefois, confrontés à des énergies fossiles de plus en plus chères et à des obligations en termes de réduction d'émissions de CO2 dans le cadre du Plan National d'Allocations des Quotas, les réseaux de chaleur sont de plus en plus enclins à utiliser le bois-énergie. Même si en 2007, la part des énergies renouvelables (biomasse) et de récupération (déchets, chaleur industrielle) est restée stable (26%) devant le fuel (10%) et le charbon (9%), le SNCU remarque une tendance à la hausse de l'utilisation de la biomasse. Alors qu'en 2005 seuls 27 réseaux incluaient du bois dans leurs ressources, on en compte 42 en 2007 dont 13 fonctionnant exclusivement au bois. Cependant, selon Gilles Vincent, Président de l'association Amorce, le rythme de développement actuel est inférieur au rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de développement des énergies renouvelables d'ici 2020. Rappelons que le comité opérationnel énergies renouvelables du Grenelle a estimé qu'il conviendrait d'atteindre un objectif de 7,5 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2020 dont 1 Mtep pour les réseaux de chaleur alors qu'en 2006, la chaleur renouvelable représentait 2 Mtep. Ce chiffre devra toutefois être confirmé à l'occasion de l'adoption de la prochaine programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production d'électricité et de chaleur en 2009.

Ce que va changer le Grenelle

Même si la majorité des réseaux de chaleur français reste encore alimentée à plus de 70% par des énergies fossiles, les mesures envisagées dans le cadre du Grenelle de l'environnement pourraient changer la donne. Dans le domaine de l'urbanisme, le développement des éco-quartiers est une opportunité pour les réseaux de chaleur de se développer et de passer aux EnR. Il est par exemple prévu ans le projet de loi Grenelle 1 d'imposer pour toutes nouvelles zones d'aménagement (ZAC, ZI…) la réalisation d'une étude de faisabilité pour la création d'un réseau de chaleur ou l'extension d'un réseau existant.
Il est également envisagé dans le projet de loi Grenelle 2 de simplifier la procédure de classement des réseaux pour ceux qui utilisent au minimum 50% d'énergie renouvelables ou de récupération. Ce classement donnera la possibilité à la collectivité d'imposer le raccordement au réseau pour tout bâtiment neuf ou faisant l'objet de travaux de rénovation importants.
Le projet de loi prévoit par ailleurs d'autoriser un réajustement de la puissance souscrite dans le cas des bâtiments rénovés raccordés à un réseau de chaleur. À l'heure actuelle, les économies d'énergie réalisées dans un bâtiment raccordé à un réseau n'affectent que la consommation alors que l'abonnement représente la plus grosse part de la facture. La modification proposée permettra de passer à un abonnement moins cher et d'augmenter d'autant les économies.
Le projet de loi prévoit enfin que la TVA réduite sur la fourniture de chaleur soit désormais applicable au réseau produisant de la chaleur grâce à 50% au moins d'énergie renouvelable contre 60% à l'heure actuelle.

Les professionnels du secteur et les collectivités misent également sur le nouveau fonds chaleur renouvelable. Annoncé lors du Grenelle de l'environnement ce fonds visera à soutenir la production de chaleur d'origine renouvelable. Un milliard d'euros devrait ainsi être investi au cours des trois prochaines années pour développer la production de chaleur à partir du bois, de la géothermie, du solaire… L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) a lancé le 5 décembre dernier un premier appel à projets pour la réalisation d'installations industrielles assurant une production énergétique annuelle supérieure à 1.000 tonnes d'équivalent pétrole (tep) à partir de biomasse. L'établissement public espère sélectionner, pour l'année 2009, entre 50 et 100 projets. Cet appel à projets sera reconduit annuellement sur une période d'au moins trois ans.

Réactions3 réactions à cet article

 
pas de réaction mais un questionnement!

1°)A quel quantité d'énergie fournie et combien de bâtiments peut-on dire que nous sommes en présence d'un réseau de chaleur?
2°)Peut-il être sur la même propriété et desservir un seul client qui aurait plusieurs bâtiments en gestions énergétique.
3°)A t'ont estimé à partir de quel quantité de besoin est-il intéressant de passer à un réseau de chaleur. un exemple : 10 bâtiments chauffés en chaufferie individuelle besoin totale =
313 805 KWhep (évaluation DPE)

dominique | 19 décembre 2008 à 10h28
 
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Énergies renouvelables

Il faut, en premier lieu, favoriser les économies d'énergie. Par la suite on doit passer aux énergies renouvelables. Prioritairement on doit investir sur l'éolien, le photovoltaïque et l'hydroélectricité.

lafden | 02 janvier 2009 à 17h46
 
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Re:pas de réaction mais un questionnement!

Bonjour,

Je travaille sur les réseaux de chaleur, et je ne connais pas de "seuil minimal" pour qualifier un réseau. En effet, le terme est employé dès que plus d'un bâtiment sont reliés à une seule et unique production de chaleur.
Avantages : écnonomies sur l'entretien et sur les consommations, bilan carbone plus faible, "mutualisation" des investissements.
Inconvénients : nécessités de comptages relevés et entretenus régulièrement, coût élevé du réseau enterré, contraintes réglementaires plus contraignantes à partir de 20MW.

Il existe des réseaux alimentant un site composé de trois ou quatre bâtiments, et des réseaux alimentant plusieurs quartiers de grandes villes. Seuls les "grands" réseaux sont connus et recensé, car ils nécessitent des puissances installées qui les font passer sous le contrôle des institutions publiques(installations classées).

Seule une étude peut amener les éléments de réflexion nécessaires à savoir si la mise en place d'un réseau est plus économique / rentable qu'une constellation de chaufferies.

jy | 29 avril 2009 à 08h58
 
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