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Un groupe de travail sur le bois énergie devrait être lancé en juin

Le ministère de la Transition écologique devrait lancer un groupe de travail dédié au bois énergie pour soutenir la filière. De nombreux thèmes devraient être abordés. Pour les professionnels, la relance de la taxe carbone est prioritaire.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°393 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°393
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Après ceux consacrés au solaire, à l'éolien, à la méthanisation et à la chaleur renouvelable, le ministère de la Transition écologique envisage de lancer un groupe de travail dédié au bois énergie, annonce, ce jeudi 23 mai, Olivier David. Le chef de service climat et efficacité énergétique du ministère s'exprimait à l'occasion de la première journée bois-énergie organisée par les acteurs de la filière. Le futur GT devra adopter des mesures concrètes pour permettre à la filière d'atteindre les objectifs inscrits dans la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Pour les professionnels, l'annonce constitue "une bonne nouvelle", estime Mathieu Fleury, président du Comité interprofessionnel du bois énergie (Cibe). En effet, le GT dédié à la chaleur renouvelable n'a abordé qu'à la marge les questions relatives au bois.

Régler les questions qui traînent

Sauf surprise à l'issue des élections européennes, le lancement officiel du GT bois-énergie devrait être annoncé en juin, dans la foulée de la clôture des travaux de celui dédié à la chaleur renouvelable. A priori, l'objectif est d'aboutir à des conclusions en septembre prochain. "En deux mois, nous allons accélérer sur des sujets qui traînent depuis des années", espère Mathieu Fleury.

Parmi les thèmes abordés, le ministère évoque notamment l'amélioration de la mobilisation de la biomasse, ainsi que l'acceptabilité des gros projets. Du côté du bois domestique, le renouvellement des chauffages des particuliers constitue un enjeu pour améliorer le rendement énergétique et réduire les émissions de CO2 et de polluants. Dans le même esprit, la communication autour des bonnes pratiques sera au menu des discussions. Au rayon des simplifications règlementaires, la gestion des cendres est un thème cité aussi bien par le ministère que les professionnels.

Pour leur part, les professionnels attendent surtout des mesures financières pour rétablir l'équilibre économique des projets. Ils entendent notamment discuter des modalités d'accès au fonds chaleur. En outre, le ministère travaille à la transformation en prime du crédit d'impôt pour la transition écologique (CITE) applicable aux installations de chauffage individuel au bois. Cette prime devrait bénéficier aux ménages modestes et être versée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), a expliqué le représentant du ministère. Les autres ménages devraient rester sous le régime du crédit d'impôt. La filière bois énergie sera attentive aux détails du futur dispositif, prévient Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

La taxe carbone pour concurrencer le gaz

Pour autant, les professionnels rappellent que l'enjeu principal pour le développement du bois énergie est l'abandon de la hausse programmée de la contribution climat énergie. C'est particulièrement vrai pour les chaudières biomasse qui sont en concurrence avec celles fonctionnant au gaz. Aujourd'hui, la chaleur délivrée par une installation biomasse est 5 à 10 % plus chère que celle produite à partir du gaz, fait valoir Pascal Roger, président de la Fédération des services énergie environnement (Fedene). En dix ans, la perspective a radicalement changé : le prix des énergies fossiles a baissé et personne n'envisage de hausse à moyen terme. Seul la contribution climat énergie peut donc venir rééquilibrer les données économiques en faveur du bois.

Avec la trajectoire haussière validée avant la crise des gilets jaunes, un projet difficilement compétitif le devenait au fil du temps. Dorénavant, les promoteurs du bois énergie ne peuvent plus s'appuyer sur un renchérissement progressif et programmé des énergies fossiles. En conséquence, faute de relance de la taxe carbone, ils estiment notamment qu'il faudra attendre 2021 pour que le bois retrouve la compétitivité de 2014…

Réactions2 réactions à cet article

 

Le plus simple ne serait il pas de faire profiter les usagers chaleur réseau de cette baisse du coût de la chaleur avec des chaudières gaz, (avec de plus en plus de gaz biomasse) ? Il y a déjà 3 ans M. Garnier de AMORCE voulait que l'Etat taxe le gaz, parce qu'il était plus avantageux comme combustible dans les chaufferies des réseaux chaleur. J'ajoute que les chaudières bois, à puissance identique, coûtent beaucoup plus cher que les chaudières gaz qui fonctionnent avec moins de maintenance, pas de problèmes de pollutions particules NOx... avec les problèmes de by pass .., de cendres.. AMORCE se moque bien de ces avantages GAZ, de la pollution supplémentaire due à la combustion bois car l'état verse des fonds ademe, la manne !! C'est ce qui compte pour AMORCE, et les quelques emplois, et il faut faire rouler les camions, couper les haies, les arbres de plus en plus, même s'il devient de plus en plus difficile de trouver du bois bûches pour les chaudières bois individuelles. Pourquoi cette énième tentative pour relancer le bois-énergie par ce groupe de travail, une nouvelle chance ne sert que si on a compris l'absurdité de ces réseaux chaleur avec chaudières bois.

J Cl M 44 | 24 mai 2019 à 09h41
 
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Une optimisation de la collecte de la production actuelle de déchets de bois (emballages bois à usage unique, palettes non consignées, vieilles charpentes et chutes de matériaux neufs issues d'entreprises de menuiserie et de couverture, vieux meubles qui s'entassent dans les déchetteries puis les centres de stockage de déchets ultimes, etc...) ne suffirait-elle pas à alimenter cette filière bois énergie ?
La surexploitation des haies et boisements conduit en milieu rural à de nouvelles dérives fortement préjudiciables aux équilibres naturels, à la conservation de la biodiversité sauvage et à la bonne gestion de l'eau. Ce futur GT intègre-t-il ces paramètres dans ses réflexions ? Ne pas le faire, alors que les rapports alarmants sur le déclin de la biodiversité s'accumulent et que la France se veut être le fer de lance sur le sujet, constituerait non seulement une grave erreur technique de ce GT mais également une faute politique lourde du gouvernement.

Pégase | 28 mai 2019 à 09h31
 
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