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Téléphone portable : l'OMS le classe comme "cancérogène possible"

L'OMS a relevé le risque de cancer associé aux téléphones portables et le considère maintenant comme "possible". Une décision qui conforte l'Anses et fait vivement réagir les industriels du secteur.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, à l'issue d'une réunion tenue à Lyon (Rhône) du 24 au 31 mai 2011 et réunissant 31 scientifiques issus de 14 pays, qu'il considère les champs électromagnétiques des téléphones portables comme des "cancérogènes possibles pour l'homme" classés en catégorie 2B au côté de 266 éléments.

Ce classement est le plus bas des trois catégories de l'OMS pour les agents potentiellement cancérogènes : l'échelon 2A correspond aux "cancérogènes probables" (59 agents) et la classe 1 aux "cancérogènes avérés" (107 agents).

L'usage intensif du portable pointé du doigt

Cette réévaluation du risque potentiel associé aux champs électromagnétiques concerne en particulier les gliomes, des tumeurs cérébrales cancéreuses "associées à l'usage des téléphones sans fil", précise le CIRC.

Concrètement, les chercheurs ont jugé qu'il y a des "preuves limitées" de lien entre l'usage des téléphones portables et l'occurrence de gliomes ou de neurinomes acoustiques, une tumeur nerveuse non cancéreuse. Pour l'OMS, le terme "preuves limitées" signifie qu'"une association positive a été observée entre l'exposition à l'agent et l'occurrence du cancer dont [est évaluée] la crédibilité du lien causal, mais le hasard, un biais ou une confusion ne peuvent être écartés avec une certitude raisonnable." Si le CIRC ne chiffre pas le risque, il fait néanmoins explicitement référence à "une étude, sur l'usage passé du téléphone portable jusqu'en 2004, qui montre une hausse de 40% du risque de gliomes dans la catégorie des utilisateurs fréquents (en moyenne 30 minutes par jour sur 10 ans)."

Quant au lien entre l'usage des mobiles et d'autres types de cancers, le CIRC le juge actuellement "inadéquat", ce qui signifie que les études disponibles ne permettent pas encore de trancher.

L'Anses estime que sa position est confirmée

Sans surprise, cette nouvelle évaluation suscite de nombreuses réactions alors que le précédent classement de l'OMS, critiqué par les opposants au portable, était la base de l'argumentaire des opérateurs.

Pour l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), "les conclusions et les recommandations émises par le CIRC rejoignent les avis et recommandations déjà émises par l'Agence, notamment dans son rapport de 2009." En octobre 2009, elle avait formulé des recommandations pour réduire l'exposition du public et développer la recherche. Des mesures prise en compte par la loi Grenelle 2, estime l'Anses, qui cite l'affichage du Débit d'absorption spécifique (DAS) des téléphones, l'obligation de fournir un kit oreillette lors de la vente d'un mobile et les mesures concernant les populations plus sensibles comme les enfants.

L'Anses rappelle par ailleurs qu'elle poursuit ses travaux sur le sujet et qu'elle a lancé un groupe de travail permanent sur le sujet, un appel à projets de recherche financé grâce au produit d'une taxe sur les émetteurs radiofréquences dont 2 millions d'euros lui sont directement affectés et un comité de dialogue "radiofréquences et santé" réunissant les parties prenantes afin d'éclairer l'Agence sur les attentes de la société dans ce domaine.

Les opérateurs pointent les biais possibles

Du côté des opérateurs, la première réaction est venu d'outre-atlantique et de l'Association internationale pour les communications sans fil (CTIA). La CTIA pointe le terme "preuves limités" et la définition donnée par l'OMS. Si l'Association rappelle que la définition fait état de possibles biais, elle passe sous silence le fait qu'une association positive ait été observée entre l'exposition à l'agent et l'occurrence du cancer étudié.

Par ailleurs, la CTIA indique que "le CIRC mène de nombreuses études et a classé par le passé les légumes vinaigrés et le café dans la même catégorie." Ils rappellent enfin que "la Commission fédérale américaine sur les communications (FCC) a conclu qu' 'il n'y a pas de preuves scientifiques démontrant que l'usage des téléphones sans fil puisse causer un cancer' [et que] l'Agence américaine des aliments et des médicaments (FDA) a aussi établi que 'le poids des preuves scientifiques ne relit pas les téléphones portables à un quelconque problème de santé'."

La Fédération française des télécoms (FFT), pour sa part, "prend acte que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié l'ensemble des ondes radio comme 'peut-être cancérogènes pour l'homme' (catégorie 2B) […] comme il l'a déjà fait pour 900 agents et substances présents dans des produits de consommation courante."

Comme son homologue internationale elle pointe la classification du café et des légumes vinaigrés et indique que "le lien entre cancer et ondes radio n'est pas démontré en l'état des données scientifiques acquises."

Il revient aux autorités sanitaires de faire évoluer leur position

Par ailleurs, la Fédération revient sur la situation française et précise que "le ministère de la Santé applique déjà une approche de précaution au téléphone mobile parce qu'il considère qu'aucun danger n'est établi, que des incertitudes demeurent et donc que les recherches doivent se poursuivre." Contrairement à la CTIA qui cite les conclusions des organismes américains, la FFT s'appuie sur le commentaire publié par l'Anses et souligne que l'OMS rejoint la position française.

Rappelant que les opérateurs français "appliquent, depuis plusieurs années, cette approche de précaution, par exemple en incluant un kit oreillette dans chaque coffret", la FFT estime qu'"il revient maintenant à ces autorités sanitaires d'indiquer si elles font évoluer leur position pour chaque appareil et service émettant des ondes radio, compte tenu des niveaux d'exposition constatés et au regard de la classification qui vient d'être annoncée."

Réactions5 réactions à cet article

 

C'est très grave, il faudrait envisager des mesures pour remédier à cette situation. Il est difficile après tout pour le moment de stopper l'usage des téléphones portables.

Ruyange | 03 juin 2011 à 08h04
 
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A quand finalement l'imposition des évaluations environnementales et sociales pour les activités de téléphonie dans les pays du sud? Apparemment, c'est le buisness qui prime sur la santé humaine...

Placide | 03 juin 2011 à 09h21
 
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si l'OMS vient de decouvrir ca maintemant quelles sont les mesures à prendre

Donald | 04 juin 2011 à 09h33
 
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Une lettre ouverte vient d'être envoyée à Madame la ministre de l'écologie NKM et M. Xavier Bertrand, Ministre de la santé leur demandant de mettre en place un certain nombres de mesures d'urgence : interdiction des portables pour les moins de 14 ans, encadrement des publicités et surtout celles ciblant les jeunes, interdiction de la commercialisation des babyphones, portables pour enfants et balises GPS, kit main libres intégré au terminal du portable et non démontable, et enfin révision des normes d'exposition aux champs électromagnétiques des portables et antennes-relais.
L'absence de mesures réellement protectrices rendrait notre gouvernement responsable des effets sanitaires à venir.
En attendant, téléphonez le moins possible avec votre portable qui doit rester un outils d'appel d'urgence. Faites des appels le plus courts possibles. Evitez de vous déplacer quand vous êtes en communication, ne le portez pas trop près de votre corps et privilégiez le kit mains libres. Eteignez-le quand vous vous déplacez en voiture ou en train. Et enfin, privilégiez toutes les connexions filaires au sans fil, chez vous ou sur un poste de travail informatique.
Les signaux sanitaires sont maintenant suffisamment nombreux pour agir pour notre santé.

Priartem Nord - pas-de-Calais | 06 juin 2011 à 10h14
 
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Est il possible de d'utilisé la radiofréquence à très faible puissance en multipliant les récepteurs-émetteur des opérateurs (dans chaque ruelle ) en utilisant les réseaux câblés(fibre optique) pour les relier avec les centrales.

salaam | 22 février 2012 à 19h15
 
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